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Samedi 7 novembre 2009

MICHEL SERRES : MÈDIAS


 

 





« Dans les journaux, à la radio ou à la télé, le mot le plus répété est le mot MORT et l’image la plus fréquemment reprise est celle de CADAVRES.

 

Voilà ce que nous mangeons aux Nouvelles du midi et du soir, à nos heures de repas. »

 

(Michel Serres)

 

Par ROMAIN BERNARD
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Samedi 7 novembre 2009

FIÈVRE

 

 

 




De quelle fièvre sommes-nous vraiment atteints ?

 

De la capacité de nos sociétés à se créer des peurs ?

 

De la désignation de boucs émissaires pour expliquer notre mal de vivre ?

 

De la fièvre acheteuse comme seule garante de la bonne santé de l’économie ?

 

Ou davantage de nos accès obsessionnels de communication numérique, de nos pics d’activisme, au risque de l’implosion, un peu comme ces iPhone dont on on nous a parlés il y a quelque temps…

Par ROMAIN BERNARD
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Vendredi 6 novembre 2009

AUSCHWITZ : PENSER L’IMPENSABLE

 

 










Comment comprendre l’incompréhensible, concevoir l’inconcevable, imaginer l’inimaginable.

 

Quels sont les hommes qui peuvent faire ça ?

 

Pas des hommes qui font ça.

 

Et pourtant.

 

Des hommes.

 

L’inhumanité de l’homme.

 

L’incarnation de l’inhumanité.

 

Ce sont des hommes qui ont accompli tous ces forfaits, sans avoir eu pour autant conscience de la nature criminelle de leurs actes.

 

Il eût été réconfortant de croire qu’ils étaient des monstres.

 

C’est leur normalité qui est monstrueuse.

 

Ils étaient terriblement et effroyablement normaux.

 

Leurs actes étaient monstrueux mais ils étaient tout à fait ordinaires.

 

Ils ne rencontrèrent personne, absolument personne, qui s’opposât à la Solution finale.

 

Pourquoi cet effondrement de la conscience de soi, cette perte assumée de la morale commune ?

 

Comment peut-on accomplir le mal sans penser qu’on le fait ?

 

Comment expliquer qu’il y ait eu destruction institutionnelle et industrielle d’êtres humains par millions et que des hommes aient exécutés ces actes, en étant serviles, sans honneur, obstinés, avides, lâches mais aussi passifs ?

 

Comment des hommes normaux peuvent-ils devenir en toute lucidité et sans mauvaise conscience des bourreaux ?

 

Face à la terreur, la plupart des hommes s’inclinent.

 

Ce ne sont pas ces hommes qui, par nature, étaient monstrueux, c’est le système qui les a rendus ainsi en effaçant en eux la frontière de la perception entre le bien et le mal.

 

« Auschwitz fut l’œuvre de la liberté humaine, cette liberté de faire le Bien ou le Mal.

 

Jusqu’alors ce qui arrivait était ce qu’ordonnait la loi de la nature.

 

Mais désormais il est impossible de rendre responsable de ce qui arrive une quelconque puissance supérieure ou l’aveugle nécessité. »

 

(Hans Jonas)

 

Freud, dans Totem et tabou, réactualisé en 1945 écrit :

 

« La société repose désormais sur une faute commune, sur un crime commis en commun. »

 

La banalité du mal.

 

Le mal, monstrueusement banal, s’est développé sur le terrain de la vie ordinaire.

 

Ils ont déshonoré à tout jamais l’espèce humaine et ils ont continué tout de même à habiter cette terre.






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Etty hillesum : la vie est belle



Juive décédée à Auschwitz le 30 novembre 1943 après avoir connu la vie des camps, Etty Hillesum confiait à son journal intime…
Par ROMAIN BERNARD
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Vendredi 6 novembre 2009

AUSCHWITZ : PENSER L’IMPENSABLE(2)

 

 






Une hypothèse pour tenter de comprendre cette « faute commune » semble digne d’être vérifiée.

 

Elle s’appuie sur l’engagement de Martin Heidegger avec l’Allemagne et la langue allemande, dans ce qu’il considère comme leur affinité avec l’aube de l‘être et de la parole de l’homme dans la Grèce archaïque, qui détermine tout.

 

La prééminence de l’Allemagne dans ces activités réputées les plus nobles de l’homme, à savoir la philosophie et la musique, constitue un thème permanent de la pensée et de la conscience de soi allemandes.

 

De Bach à Wagner, de Hegel à Freud, de Nietzsche à Heidegger, de Beethoven à Schubert, de Kant à Goethe, de Feuerbach à Engels, c’est dans la sphère allemande que le génie de l’homme semblerait atteindre les sommets et sonder les ultimes profondeurs.

 

Etant donnée cette « singulière destinée », il serait concevable que c’est également de l’intérieur du monde allemand que devra jaillir l’inhumanité dernière, l’expérimentation finale par l’homme de ses potentialités de destruction.

 

Il y aurait une interprétation selon laquelle la possibilité d’un Bach et d’un Beethoven, d’un Kant et d’un Goethe – et même d’un Marx -, entraînerait le risque de la catastrophe.

 

En incarnant « l’homme et le surhomme », créateur de lui-même, ou le phénomène de l’identité humaine, autonome, l’Allemagne et l’Histoire allemande porteraient en elles la ‘mittence’ (qualification) de l’autodestruction et de la négation.

 

 

 

 

Par ROMAIN BERNARD
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Mercredi 4 novembre 2009

MISTRAL

 

 






Le mistral, nul ne l’a jamais vu !

 

Mais à Marseille, tout le monde sait qu’il existe.

 

Il fait danser les feuilles des arbres.

 

Mais quel est le souffle qui fait bouger la vie de l’homme et tendre les voiles de son existence ?

Par ROMAIN BERNARD
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Relations Humaines

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les Hommes.

Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."


                                                                                                                                       Antoine de Saint Exupéry 

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