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SANS VALEURS COMMUNES

SANS VALEURS COMMUNES, LA SOCIÉTÉ SE DÉSAGRÈGE





La société dans laquelle nous vivons est sans repère, les familles sont décomposées, la drogue et la violence font chaque jour des victimes, on n’enseigne plus aux enfants ni la politesse, ni le respect de leurs aînés.


Une société qui n’a plus de règles ni de valeurs communes.

Car c’est cela, la nouveauté. Il y a toujours eu des individus au comportement déréglé mais chaque génération transmettait à la suivante des valeurs que chacun devait accepter pour s’insérer dans la société.

Ce n’est plus le cas : nulle morale commune n’est plus admise, chacun ayant la prétention de vivre heureux en suivant seulement ses humeurs.

La rupture est intervenue dans les années 1960.

En 1960, on pense que chaque individu a une dette envers la société.

En 1970, on se dit que c’est à la société d’apporter chaque chose à l’individu.

La libération des moeurs a évacué la galanterie.

La scolarisation précoce, le travail des femmes, les frateries restreintes, la dissociation des couples et la civilisation des loisirs ont amené les enfants à être socialisés hors de la famille : au club de sport, dans la rue, devant la télévision ou l’ordinateur.

Sont-ce des lieux ou des outils d’éducation ?

La politesse se veut une langue commune. Une société où triomphe l’individualisme-roi produit l’antithèse : l’affirmation de soi, sans souci des autres.

« Moi, je ».

L’invasion du téléphone portable en fournit l’exemple le plus caricatural. Cet objet abolit toutes les barrières : où que l’on soit, à quelque heure qu’il soit, il devient possible de joindre n’importe qui, en faisant profiter de sa conversation des voisins qui n’en peuvent mais.

Mille indices manifestent la dissolution de la civilité.

Disparition de l’étiquette, généralisation du tutoiement, allure décontractée en toutes circonstances.

Un seul désir  : ne pas être contraint.

« Bonjour » et « merci » deviennent des mots rares.

Se lever pour laisser sa place dans le bus est un réflexe qui n’a plus cours.

La ponctualité paraît facultative.

La régularité au travail pourrait ne plus être obligatoire.

Tous les Français, naguère, étaient élevés selon des valeurs identiques. Il existait une France de gauche et une France de droite, une France laïque et une France chrétienne, mais la morale de l’instituteur ressemblait à celle du curé.

Cette morale n’était pas forcément observée, mais elle définissait les normes du bien et du mal.

A partir des années 1970, ces normes ont volé en éclats.

Sous l’effet d’une double révolution – celle de la société et celle des idées – chacun a pris l’habitude de définir ses propres critères de comportement.

Le résultat, aujourd’hui, c’est que les règles collectives s’effacent, ouvrant la porte à une société éclatée, où le seul guide est l’intérêt personnel. Une tendance encouragée par le moralement correct qui donne le ton de l’époque.

Cette mentalité, entièrement fondée sur l’exaltation de l’individu, prêche le principe de plaisir, le droit à la différence, le devoir de tolérance, la transgression des traditions, la relativité des conventions.

Mais peut-on vivre sans valeurs partagées ?

Pour sortir de la crise qui se manifeste sur tous les plans – des banlieues à l’école, de l’Etat à la famille, du travail à la culture – il faudra bien réinventer des codes communs.

Et sans doute renouer avec les valeurs élémentaires qui ont longtemps garanti la stabilité du lien social.

Cela est vrai pour les enfants, mais d’abord pour leurs parents.

L’Entreprise ne pourra régler tous les problèmes.
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