L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
MANAGEMENT DE QUALITÉ
C’est la bonne qualité du management qui est pour une bonne part responsable du fait que les salariés se sentent « heureux au travail ».
Ce bien être a un impact social important, car le temps de travail compte dans une journée ; un salarié heureux le rayonne, quand il sort du travail, et donne à ses enfants une image positive de sa vie professionnelle.
Au contraire, un salarié peut être bien payé et donné une image négative de son entreprise, s’il s’y sent peu considéré.
Pour résumer, le management des hommes comporte trois volets essentiels :
. Le premier concerne les besoins communautaires de l’homme.
L’entreprise rassemble des personnes, qui ont été recrutées pour leur aptitude à tenir un poste, occuper une fonction, exercer l’autorité hiérarchique.
Ce rassemblement peut rester un agrégat sans âme, peut devenir le théâtre d’affrontements permanents, ou bien à l’inverse devenir une vraie communauté, une fédération d’équipes soudées entre elles et elles-mêmes solidaires en « interne ».
. Le second est relatif à la répartition des pouvoirs au sein de l’entreprise, et là on doit se laisser guider par le principe de subsidiarité, qui s’applique aussi bien au sein des macrostructures (l’Etat par exemple vis-à-vis des corps intermédiaires et des familles) qu’au sein des microstructures comme l’entreprise (ou la famille…).
En termes de management, cela s’appelle déléguer quand il s’agit d’une relation simple chef-subordonné, cela s’appelle décentraliser ou déconcentrer les pouvoirs quand il s’agit d’organiser une structure plus complexe (une usine, une entreprise).
Ne jamais confier l’exercice d’une responsabilité à un niveau hiérarchique si un échelon inférieur est capable de le faire.
. Le troisième volet concerne le développement des personnes elles-mêmes (chacune étant un « être unique ») pour que, compte tenu de leurs dons, limites, goûts, motivations, ambitions légitimes, elles puissent précisément accroitre progressivement leur capacité à exercer des responsabilités, à être investies de pouvoirs, même si leur fonction n’est pas hiérarchique.
Les possibilités de développement personnel des êtres humains sont considérables… quand ils se sentent considérés !
Il est clair, comme d’autres observations précédentes nous l’ont fait pressentir, qu’un tel type de management, sur la durée, se révèle en même temps le plus efficace. Mais il est non moins clair qu’il est efficace sur le plan économique parce qu’il ne fait pas de l’économie une fin en soi mais un moyen indispensable.
L’essentiel reste toujours l’homme car il est sujet de l’économie et non objet.
L’économisme se trompe sur l’homme et, sur la durée, détruit peu à peu l’économie.
En management, l’autoritarisme confondant autorité et pouvoirs, caricature l’autorité : on peut détenir beaucoup de pouvoirs et n’avoir aucune autorité.
Seule l’autorité, conçue comme un service, permet au management d’unités à vocation économique de prendre toute sa dimension sociale.
Pour conclure sur le rôle de l’entreprise, disons tout de suite que l’entreprise est tributaire du cadre institutionnel, juridique et politique, mis en place par l’état.
Elle est tributaire également de la qualité d’éducation donnée par la famille et l’école aux jeunes adultes qu’elle recrute.
Corps intermédiaire entre la famille et l’Etat, dans le domaine économique, elle a un rôle propre à jouer en matière de management technique, commercial, financier, pour survivre et, si possible bien vivre.
Si les fruits de son action sont abondants, elle doit faire preuve de justice et de prudence pour leur répartition.
Mais surtout il est un domaine, qui lui est souverain, où elle peut jouer un rôle social éminent, aux retombées économiques certaines, c’est celui du management des hommes.
Cela passe par la volonté du chef d’entreprise et, si celle-ci s’agrandit, par la politique mise en place par le dirigeant, de recrutement et de formation de tous ceux qui auront à exercer un rôle hiérarchique.
On constate trop souvent que ces derniers ne sont jugés que sur leurs résultats économiques : que l’on ne s’étonne pas s’il se développe une atmosphère pesante et des conflits sociaux.
Mais qu’elle mette au premier rang de ses préoccupations le management des hommes et toute la société lui en saura gré car l’économie sera prospère et les hommes heureux au travail.
Il faut que chaque salarié travaille « comme s’il était à son compte ».