L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

Publicité

CONSTRUIRE UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ

CONSTRUIRE UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ






Notre société a évolué de sorte que chacun s’y perçoit d’abord en fonction de son expérience personnelle.

Un bouleversement urgent à prendre en compte


Pour nos contemporains, il est aujourd’hui plus malaisé de vivre en société.

Nous ne vivons plus en société comme avant.

Nous sommes de plus en plus conscients de tout ce qui dépend des autres (interdépendance liée à la globalisation) et, en même temps, nous avons le sentiment, que, malgré l’explosion des nouvelles techniques de l’information, la capacité de communication avec autrui et la connaissance de nous-mêmes s’avèrent de plus en plus opaques.

Nous dépendons davantage des autres, et pourtant, nos expériences sociales sont de plus en plus singulières.

L’homme n’a jamais été aussi connecté aux autres, mais ne s’est jamais senti aussi isolé.

Longtemps, nous avons pensé l’«être-ensemble» au travers des civilisations, des sociétés, des nations, ou des classes. Nous nous interprétions nous-mêmes à partir de ces grandes notions.

Nous étions formés à partir de grandes structures sociales, politiques, spirituelles.
 
Depuis quelques décennies – et cela s’accélère – c’est l’individu qui devient l’horizon liminaire de sa propre perception sociale.

Désormais, la vie ensemble fait sens par rapport à soi, ou alors, elle n’a plus de sens.

Hier, nous avons tout fabriqué autour de la notion de « société », aujourd’hui, c’est à partir de l’expérience de chacun que nous devons la penser. Hier, l’on insérait l’individu dans la société, désormais, il faut comprendre celle-ci à partir des épreuves individuelles.

Pourquoi un tel basculement ?

Parce que l’ensemble des mécanismes structurels donne à nos expériences personnelles un poids déterminant dans notre perception de la vie sociale.

Un exemple : nous vivons dans un vaste marché pour lequel le consommateur individuel devient l’objet central. Il s’agit d’un basculement majeur qui témoigne, pas simplement de l’individualisme, mais d’une véritable singularisation des trajectoires.

Nous nous distinguons comme de plus en plus différents des autres, nous voulons - face à cette globalisation - affirmer davantage notre unicité, et nous percevons de plus en plus le monde à partir de nos expériences personnelles.
 
Cela renvoie chacun à ses difficultés, lorsqu’elles se présentent, par exemple la souffrance et la mort.

La conscience que nous pouvons échouer ou réussir est plus grande aujourd’hui. Nous savons que nous pouvons nous acquitter d’une épreuve et que le résultat n’est jamais joué d’avance. Concrètement, cela signifie que nous avons conscience de pouvoir faire autre chose que ce qui nous est arrivé jusque là dans la vie.

Nous sommes dans une société où quelles que soient les difficultés, la marge d’initiative n’a cessé d’augmenter, malgré les contraintes, réglementations diverses qui paradoxalement y sont ajoutées.

Nous sommes davantage persuadés que nous pouvons trouver des réponses individuelles à des problèmes structurels, et du coup, nous aurons moins tendance à nous engager dans une action de solidarité avec les autres.

Ensuite, nous imaginons ne pouvoir compter que sur nous mêmes. Le résultat, c’est que nous pensons valoir bien plus que la société dans laquelle nous résidons

Que vaut cette perception de nous mêmes ?

Elle est plus ou moins juste selon les deux types de profils : il y a ceux qui savent tout ce qui dans leur vie dépend des autres et des supports qui les aident, et ceux qui vivent un rétrécissement dramatique de ces supports et ne peuvent compter que sur leur énergie personnelle. Les uns et les autres naviguent entre ces deux tendances, en fonction de leur situation sociale, de leur entourage, de leurs ressources.
 
Cela pose la question de la responsabilité de chacun et de la responsabilité collective.
 
Être en responsabilité, c’est assumer ce que l’on fait. La responsabilisation, c’est lorsqu’on me rend responsable de tout ce qui m’arrive. Ce n’est pas la même chose.

Et lorsqu’on est dans un monde dans lequel l’interdépendance des phénomènes est de plus en plus complexe, la responsabilisation détruit les acteurs individuels.

Il est évident que doit se redessiner le rapport entre solidarité collective et responsabilité de l’individu. Cette équation fondatrice de la société industrielle dans laquelle nous avons vécu pendant plus d’un siècle aujourd’hui est en crise.

Ce qui revient à la solidarité collective et ce qui est de l’ordre de la responsabilité individuelle, voilà un des thèmes majeurs du débat politique de la société française aujourd’hui.

Dans ce contexte où la singularité de chacun prime sur tout le reste, il est urgent de faire de nouveau société ensemble.
 
Un des problèmes majeurs, c’est le sentiment que, proches ou lointains, les malheurs des autres ne nous frappent plus. Les éléments sur lesquels on a basé pendant longtemps la solidarité sont en train aujourd’hui de montrer leurs limites.

Il nous reste tout de même à jouer la carte de l’humain, par la conscience accrue de notre commune humanité. La seule manière, donc, de nous rejoindre, c’est d’avoir le sentiment que l’autre vit quelque part des épreuves qui sont semblables aux siennes.

Et c’est par la ressemblance de ces épreuves vécues entre cet autre et soi, même s’il est très dissemblable, que je finirai par être capable de me mettre à sa place, de comprendre ce qu’il vit… et de s’en émouvoir.
 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article