L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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ARGENT ROI

ARGENT ROI

 








A l’ère de l’argent roi, avant la crise, le héros moderne était le financier.

 

Aujourd’hui, les hommes d’argent sont l’objet de toutes les suspicions, on cherche de nouveaux hérauts.

 

Des modèles positifs, des personnes qui redonnent leur place à l’écoute de l’autre, au respect.

 

Mais, pour l’instant, ils font figure de minorité, la société est frileuse, on entend tout et son contraire.

 

Avec la crise, l’argent-roi est-il déchu ou, du moins, remis en cause ?

 

Et avec lui, toute une série de valeurs et de comportements qui semblaient intouchables ?

 

Certains sont plus pessimistes en déclarant que l’argent, qui représentait un pouvoir, est en train de devenir LE pouvoir, le roi du monde entier.

 

Nul n’est capable de dire aujourd’hui quels seront réellement les impacts de la crise actuelle dans les années qui viennent.

 

Alors, si les adultes s’y perdent, comment les jeunes peuvent-ils s’y retrouver ?

 

Quel modèle doivent-ils suivre ?

 

Matraqués d’informations superficielles, assaillis par la publicité, ils sont une cible idéale dans une société pourtant contradictoire où le profit est tantôt sacralisé, tantôt diabolisé.

 

Le message véhiculé est implicite : il est préférable d’avoir beaucoup d’argent et de plus en plus.

 

L’hyperconsommation se banalise, on crée le besoin, la richesse apparente s’étale tandis que bon nombre ont du mal à « boucler leurs fins de mois ».

 

Les enfants ressentent la contradiction entre l’image de l’argent facile et une réalité moins rose et plus complexe.

 

Dans le même temps, l’argent est de moins en moins perceptible et concret.

 

Dépenser est devenu un acte virtuel et quasi indolore.

 

L’argent qui existe physiquement à travers les pièces et les billets se dématérialise peu à peu.

 

Les enfants vont grandir dans cet environnement où, finalement, tout ne sera qu’un jeu d’écriture.

 

D’où la nécessité d’apprendre aux jeunes la valeur de l’argent qui se gagne trop durement pour être dépensé inconsidérément. 

 

Selon l’adage, il ne fait pas le bonheur…Mais il y contribue.

 

En effet, que ferait-on sans lui aujourd’hui ? Rien.

 

Le voilà le malaise d’une civilisation où il est devenu la valeur dominante.

 

Doit-on l’aimer ou le détester ?

 

« Comment n’aimerait-on pas l’argent ? Il faudrait n’aimer rien, puisque l’argent mène à tout », interpelle le philosophe André Comte-Sponville.

 

Il fait de toute façon partie de notre vie et supplante, tout puissant aujourd’hui, les idéologies religieuses et politiques.

 

La société de l’argent roi tourne le dos à la fraternité, et seul un solide système de valeurs peut lui être opposable.

 

Alors, comment sortir des injustices criantes, des disproportions irréalistes que nous impose cette société ?

 

En faisant comprendre que la vraie richesse est le capital humain.

 

Que la primauté de la personne sur le tout financier est la seule porteuse de sens pour une économie durable.

 

Que, par leurs choix, les jeunes contribueront à l’évolution de la société que l’on peut espérer plus juste, plus éthique et moins centrée sur l’argent.

 

Que l’argent s’obtient au prix d’un travail.

 

Le terme étymologique du mot travail, en grec, c’est la souffrance, l’effort.

 

Les enfants doivent comprendre que l’argent ne se trouve pas en appuyant sur le bouton d’un distributeur automatique.

 

Les jeunes sont actuellement plus résonants que raisonnables. Ils absorbent les messages publicitaires comme des éponges.

 

C’est pourquoi le rôle de la famille comme celui de l’école est primordial pour qu’ils développent leur sens critique, leurs capacités à faire des choix réfléchis, à trier l’information, pour leur inculquer qu’il n’y a pas que l’argent dans la vie.

 

L’enfant a du mal à faire la différence entre le besoin et le désir.

 

Si les parents laissent l’enfant grandir comme on laisse une plante grandir toute seule, sans limite et sans contrainte, l’enfant ne fera pas rapidement la distinction entre besoin et désir.

 

Il sera, potentiellement, une victime de la publicité et de l’argent-roi, plus vulnérable qu’un enfant qui est averti et qui a été éduqué sur cette distinction-là par exemple.

 

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