L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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ESPOIR DE CHANGEMENT

ESPOIR DE CHANGEMENT

 

 






Les grandes idéologies qui proposaient un sens collectif ont fait long feu.

 

Indépendamment d’elles, d’autres grands rêves se sont écroulés.

 

Celui d’un progrès scientifique et technique indéfini porteur de bonheur a buté, entre autres, sur la mise en question de l’avenir climatique de la planète, sur Tchernobyl…

 

Quant au libéralisme –enrichissement individualiste comme moteur du bien-être des sociétés-, il se heurte à des crises brutales, des drames sociaux et à la montée des solitudes qu’il engendre.

 

Ne resterait-il donc, quand il s’agit du sens définitif des choses et de la vie, que le « chacun-selon-soi-même ».

 

Mais ce repli sur un rêve aussi limité et finalement craintif ne se révèle guère porteur d’harmonie et d’espérance dans le monde tourmenté et si peu sûr du lendemain qui est le nôtre et où règne un brouhaha d’options à très courte vue.

 

L’homme doit être lucide : lui qui pensait détenir une voie toute lumineuse vers le sens, est obligé aujourd’hui d’être modeste.

 

Le déplacement des repères, le bouleversement de ces points de repère traditionnels sont flagrants.

 

Les figures multiples et contradictoires de l’homme, de la femme et du couple telles que les véhicule notre culture médiatique, la non-transmission de modèles sociaux un peu stables (familiaux, scolaires, monde du travail…), la désaffection des institutions porteuses de revendications donc de sens, les syndicats entre autre.

 

Ainsi des convictions fortes sur le fondement desquelles ont vécu des générations entières d’hommes et de femmes qui se voulaient de progrès se sont littéralement écroulées, dans les turbulences et les violences.

 

Jean Daniel a décrit ces grands mythes modernes qu’on présentait comme des absolus et auxquels personne ne croit plus. Il en énumère quatre :

 

Le mythe de Prométhée, mythe de l’homme capable de créer un monde digne de lui et qui s’est effondré « dans une violence parfois absolue ».

 

L’illusion du progrès qui, dominant la matière, devrait assurer le bonheur matériel de tous et qui a sombré à Hiroshima.

 

L’illusion de l’égalité qui voulait donner à chacun les moyens de se réaliser et qui en est à compter les chômeurs, les exclus et les millions de mort d’Afrique ou d’ailleurs.

 

Enfin, « les grands récits divinisés » qui mettaient le salut qui dans l’avancée de l’histoire, qui dans l’appel à la race, qui dans le soulèvement des peuples…

 

Tous ont fait faillite.

 

Qui plus est, dans le sang et les larmes.

 

Dans cette situation, l’homme est réduit à son propre jugement.

 

Il est démuni.

 

Il ne possède plus ni pratiques, ni certitudes allant de soi.

 

Il se fie de plus en plus au vécu, à l’expérience personnelle pour déterminer, ici et maintenant, ce qui vaut la peine d’être entrepris.

 

Face à cela, aucune institution, parlant à partir de sa propre autorité, ne peut se prévaloir d’offrir « un code global de sens ».

 

L’homme a perdu l’illusion de voir l’homme se délivrer lui-même.

 

L’homme moderne veut légitimement penser par soi.

 

Avait-il mesuré où cela le conduirait ?

 

Pendant deux siècles, il a très souvent cru ne suivre que sa propre pensée enfin libérée de l’irrationnel alors qu’en fait, il s’accrochait toujours plus ou moins à des mythes.

 

Quoi qu’il en soit, l’histoire l’a pris au mot : le voilà seul devant la conduite de sa vie.

 

Et nos sociétés vont ainsi.

 

Vivant à la petite semaine.

 

Fuyant les questions essentielles parce que, globalement, du moins, elles ne savent plus sur quelle perspective se fonder.

 

Ou plutôt, si l’on en croit Jacques Attali :

 

« Nos sociétés sont de plus en plus fondées sur l’éphémère, privilégiant le court terme et l’immédiat, laissant l’homme devant un vide total face à la seule question qui le concerne : qu’est-ce qui arrive après la mort ? Nos sociétés n’apportent à cette question qu’une seule réponse : la distraction. Qu’est-ce que la télévision ? C’est une distraction pour permettre aux hommes de ne pas penser à la seule question qui les concerne : l’éternité. » 

 

Peut-être sommes-nous en face d’un vide prodigieux.

 

Juste à l’endroit où se trouvaient les révolutions.

 

Où elles prétendaient se trouver : en ce grand lieu du grand espoir d’un changement de monde.

 

Pas question de rééditer la révolution d’hier.

 

Alors quoi ?

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