L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
TEMPS DE CRISES
Nous ne sommes pas seulement en récession, nous ne vivons pas seulement une période de crise : nous affrontons des temps de crises.
Leur complexité et leur imbrication constituent une donnée intégrante du défi rencontré par la communauté mondiale en ce moment de son histoire : crises du système financier mondial, du réchauffement climatique, des ressources naturelles, de la diversité culturelle, de la grande pauvreté, des migrations, et de la gouvernance mondiale…
Toutes ces crises font système, interagissent l’une sur l’autre. Elles exigent qu’une parole globale soit pensée et articulée pour affronter en vérité l’ensemble et chacune de ces crises.
Certes, des solutions techniques doivent être définies et appliquées pour chaque défi particulier.
Mais lorsque leurs interactions ne sont pas prises en considération, les problèmes que l’on croyait résolus resurgissent avec plus d’acuité encore.
La présente récession en est un excellent exemple : après l’alerte de la crise financière asiatique et de la « bulle » Internet aux alentours de l’an 2000, les économistes se flattaient de si bien comprendre le système international qu’une récession n’était plus même envisageable.
L’inattention à l’éthique (épuisement de nos « ressources culturelles ») et l’excessive dérégulation (signe d’un déficit de la gouvernance mondiale) sont venues rompre cette belle assurance.
Une parole adressée à l’ensemble de l’humanité est aussi une parole qui concerne toutes les dimensions de l’homme – l’éthique, l’économique, le culturel, le social –, une parole qui incite l’homme à mieux se comprendre lui-même, dans sa nature et son histoire, comme individu mais aussi comme membre d’une espèce qui poursuit une aventure incertaine.
De ce point de vue, l’une des dimensions des crises que nous traversons est peut-être la discrétion, voire l’absence d’une telle parole.
On dira peut-être : mais que devrait être une telle parole ?
Elle pourrait d’abord s’appuyer sur l’optimisme et l’espérance, fondés sur deux raisons : la première, c’est l’inventaire de toutes les ressources qui sont celles de l’humanité, ressources proportionnelles au gigantisme des défis – mais ressources elles aussi gigantesques, donc. Ressources humaines, scientifiques et culturelles…
Pareil inventaire est rarement dressé et devient par lui-même acte de confiance en l’homme.
La seconde raison pour fonder un paradoxal optimisme tient dans le constat de la conscience accrue que l’humanité a d’elle-même : jamais l’autoperception de notre espèce comme communauté de destin, partageant mêmes menaces et atouts, n’a été aussi aiguë, n’a fondé à ce point une volonté commune, des formes nouvelles de concertation et d’action.
Face aux crises de l’humanité, cette parole pourrait donc être d’abord d’optimisme et d’espérance.
Elle devrait être aussi un appel accru à la responsabilité individuelle : la crise financière est d’abord ancrée dans un manque de repère éthique de la part de tous ceux qui ont préféré fermer les yeux devant l’emballement des choses.
Voir également :
SORTIR DE LA CRISE