L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
HYPERTROPHIE DE L’INDIVIDU
Dans sa montée en puissance, l’individu autonome tend à déstabiliser l’ensemble des institutions (c’est très évident pour l’éducation).
Elle dévalorise toute tradition, toute reconnaissance de repères, de valeurs, la valeur des héritages, notamment culturels.
On peut pointer aussi la tendance à faire de l’égalité (hypertrophiée jusqu’à être quasi synonyme d’identité) la norme suprême exclusive.
En conséquence, toute relation où une dissymétrie est structurée dans une institution, est rejetée.
Or, il n’y a pas d’éducation possible sans cette dissymétrie où se marque le statut de l’éducateur, lié notamment à l’articulation des générations, dans leur différence.
On réfléchira aussi ce que signifie l’inflation des droits des individus fixés sans être contrebalancés, équilibrés par d’autres droits.
Toute relation, tout lien devrait être subordonné à la volonté absolue de l’individu.
Et finalement, l’humanité serait conçue comme pouvoir d’autocréation de soi-même, sans limite légitime aux pouvoirs de l’artifice.
Par railleurs, on observe une crise du rapport au temps : l’autonomie du présent, voire l’idolâtrie de l’instantanéité, la patrimonialisation d’un passé qui n’aurait plus un rôle important dans la construction du présent.
L’obscurcissement de l’idée qu’il faut la représentation d’un monde commun, au plan culturel, rend difficile la représentation de l’unité et de la cohérence de la société.
Liée à cette crise du monde commun, il y a usure du lien social (avec l’exclusion qui monte).
A la limite, une société ne serait-elle plus qu’un ensemble hétérogène de minorités bornées à leur monde particulier et avides de reconnaissance ?
Il y aurait à explorer d’autres contrecoups de l’hypertrophie de l’individu : cette société des individus demeure une vaste fabrique de crédulité.
Émergent des évidences reçues contre lesquelles les arguments ne sont pas audibles.
Qu’est-ce qui est crédible ou non ?
Comment se produit la crédibilité ?
Il y a dans l’excès de ces tendances des obstacles à la crédibilité : crise de l’éducation, affaiblissement des institutions, crise de la tradition et de la mémoire, refus du principe selon lequel l’individu est précédé par des relations, des appartenances.
Nous sommes à l’époque des décompositions sociales.
Voir également :
| INDIVIDUALISME |
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