L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL
La recherche de la maximisation du profit n'est mécaniquement pas durable : à force de se laisser griser par des taux de rendement de 10, puis 15, puis 20, et pourquoi pas 25 %, on oublie simplement qu'il y a une limite physique au-delà de laquelle le château de cartes s'écroule.
Cette limite, nous venons brutalement de l'atteindre.
Cette attitude a distendu de manière préoccupante les liens de l'entreprise avec ses autres parties prenantes : ses fournisseurs, ses salariés, ses clients, les territoires dans lesquels elle opère.
Tous participent pourtant au processus de création de richesse, et certains peuvent avoir le sentiment que leurs intérêts sont parfois ignorés.
Les évolutions de la crise actuelle nous rappellent qu'on ne peut faire l'économie d'une forme de solidarité entre acteurs.
Elles nous rappellent le bon sens : qu'aucun organisme ne se développe dans un milieu appauvri ou dans un désert.
Et qu'il est donc de l'intérêt même d'une entreprise de prendre soin de son environnement économique et social, ce qu'on pourrait appeler, par analogie, son "écosystème".
En d'autres termes, une entreprise doit créer de la valeur pour ses actionnaires car sans leur investissement il n'y a pas d'économie.
Mais au même titre qu'elle doit créer, à travers ses propres investissements, de la valeur et de la richesse pour ses autres parties prenantes. Car c'est aussi du développement et du bien-être de son environnement que dépend sa pérennité.
Et c'est de cette manière qu'elle acquiert son utilité sociale.
La question n'est donc pas de savoir s'il faut ou non faire du profit : un dirigeant qui oublierait qu'un niveau de profit satisfaisant est le premier critère de succès et de durabilité conduirait l'entreprise à sa perte.
La question est de savoir comment on construit son profit dans la durée et comment on l'investit en tenant compte des contraintes et des intérêts de ses différentes parties prenantes.
En un mot, comment on gère les équilibres complexes et les inévitables contradictions entre efficacité et protection, court terme et long terme, intérêts individuels et bien-être collectif...
Cette gestion des équilibres est à la base même du double projet économique et social qui doit animer l’entreprise.
En interne, en direction des salariés, c'est elle qui doit inspirer des pratiques pionnières en matière de formation, de dialogue social ou d'intéressement et de participation.
Elle n'empêche pas l'entreprise de constamment travailler à améliorer son efficacité.
Parfois, c'est vrai, en prenant des décisions difficiles en matière d'emploi.
Mais ce type de décision doit se prendre quand l'entreprise a le temps et les moyens d'en prévenir et d'en gérer avec responsabilité les conséquences sociales et humaines. En clair, quand elle fait des bénéfices. Pas quand elle va déjà mal et qu'elle ne peut plus faire face à ses responsabilités.
En externe, cette conception de l'équilibre entre l'économique et le social motive la manière dont une entreprise peut stimuler le développement économique et social dans son écosystème : chez ses fournisseurs, ses sous-traitants, dans son bassin d'emploi.