L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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INTÉRIORITÉ

INTÉRIORITÉ






Dans le monde actuel, nous nous contentons de vivre avec des mots, avec des catégories apprises, une discipline, un certain nombre de choses très extérieures dans lesquelles nous pouvons nous mouvoir pendant des années.. mais pas pour toujours !

Il est très important de retrouver le dedans et de reconstruire de l’intérieur.

Il nous faut retrouver ce qui fait la réalité intérieure de notre vie.


Certes, nous pouvons vivre pendant des années, lancés par ce que nous avons vécu un jour et ensuite nous laisser emporter passivement par la vie, par les choses à faire.

Il y a tant à faire dans la vie que nous oublions souvent le temps de vivre !

Nous pouvons très bien être emportés pendant des années, dans cette vie-là et le jour où, de notre fait, parce que nous n’en avons plus la force ou du fait des autres - parce que nous ne les intéressons plus - nous nous retrouvons vides, plantés là en pensant : « Tiens, j’ai vécu pendant des années, comme c’est vite passé ! Qu’est-ce que j’ai vécu ? » Nous ne savons plus trop !

C’est pourquoi il paraît si important de retrouver quelque chose du dedans.


Reconstruire la vie du dedans c’est chercher, en soi, la source.

La recherche en soi, pas dans les autres.

Creuser à travers nos carapaces d’habitude, d’indifférences, de défenses sécrétées après de trop grandes souffrances.


Redécouvrir la simplicité qui ne prend pas au sérieux nos comédies de personnages préoccupés d’eux-mêmes et de l’effet qu’ils produisent sur les autres, préoccupés de leurs intérêts ou du regard des autres.

Retrouver l’instinct de la présence et de la juste manière d’être.


Devenir libre.

Libre du souci de soi-même et libre du regard et du jugement des autres.

Nous vivons à la surface de nous-mêmes.

Nous mettons notre fierté dans notre vanité, nos vêtements, nos signes extérieurs.

Nous pensons ainsi imposer notre présence et être respectés.

Mais nos efforts sont sans cesse réduits à rien dés que nous sommes pris en défaut ou critiqués, dès que nous avons l’impression que d’autres font mieux que nous ou en font moins et sont mieux considérés.

L’opinion des autres nous importent plus que la valeur de nos actes par eux-mêmes.

Nous restons jaloux de notre influence, de notre personnage, des autres.


Nous sommes entièrement dépendants du regard des autres : s’il est sympathique, nous sortons de nous-mêmes, mais dès qu’il change, nous rentrons en nous-mêmes. Nous cherchons à plaire aux autres. Nous nous accrochons au regard et à l’opinion des autres.

Nous nous retrouvons prisonnier de nous-mêmes.


Il faut donc en finir avec ce moi encombrant et encombré qui s’interpose sans cesse entre les autres.

Apprendre à ne plus se préoccuper de nous-mêmes, y compris de notre propre perfection.

Tout devient alors secondaire.


Ne plus se regarder vivre : voilà la vraie transformation.
 
Les anciens nous disaient : « Fais ton devoir, ce que pensent les autres, ce que les autres jugent de toi, ne t’en occupe pas. Obéis ! »

Voilà l’important : quand nous commençons à sortir un peu de nous-mêmes, de notre propre avantage, tout le reste nous est donné.

Alors quelque chose commence à changer dans la vie. Nous devenons moins crispés, moins impatients, moins fébriles, moins angoissés.


Il faut absolument se vider de tout ce qui encombre son espace extérieur.

L’humilité ne consiste pas à se mépriser, à se mettre dans un trou de souris, selon l’expression de Bernanos, mais à ménager un espace où nous n’occupons pas le devant de la scène, où nous n’empêchons pas les autres d’entrer.


Pour garder le sens de l’Homme, il faut rester humble et ne pas se prendre au sérieux ; ne pas miser toute sa vie sur soi-même, ses prévisions, ses richesses, ses objets, ses prérogatives, ses désirs - l’orgueil, la jalousie, l’envie. C’est parce que nous tenons à tout cela que nous ne cessons de créer des conflits ridicules qui dégénèrent en rancunes tenaces et brisent nos meilleures intentions. 

Il faut maintenir, dans sa vie, un certain détachement.

A force de vivre à fleur de peau, en surface, les choses prennent toujours un ton dramatique et nous empêchent de retrouver la paix sans laquelle il n’y a pas de dépassement possible des conflits.

Prendre des distances, du recul.

Pourquoi les conflits naissent-ils ?

Neuf dixièmes des conflits qui nous opposent sont des conflits d’interprétation, de vrais malentendus.


Que de jugements hâtifs et superficiels empoisonnent nos équipes, et « tuent » parfois les personnes !

Un peu de politesse, un peu d’humanité pourrait changer beaucoup le climat de notre existence commune.

Seule la confiance peut bâtir la vie ensemble.

Espérer contre toute espérance.

En tout premier lieu une consigne : celle du désintéressement.

En second lieu à éviter : orgueil, recherche d’un sur-moi, qui cachent une volonté de domination.

Si nous avions une véritable intériorité, nous serions capable de prendre nos distances par rapport à beaucoup de conflits qui naissent de l’incompréhension, parce que nous n’écoutons pas vraiment, que nous ne prenons pas le temps, que nous jugeons les gens sur leurs apparences.

L’intériorité c’est la démarche qui consiste à aller au cœur des choses, ou si l’on veut, à comprendre les choses du dedans.

C’est trouver sa liberté intérieure.

C’est savoir rassembler ses facultés au moment où la pression extérieure le nécessite.

C’est enfin découvrir une compréhension et une confiance sans limites, trouver enfin ce qui donne sens à la vie : Qui est la lumière et le salut.

Alors, nous n’avons plus rien à craindre, ni personne.
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