L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
QUI EST CET HOMME ?
Les découvertes des sciences modernes ont infligé trois blessures narcissiques à l’humanité :
La première blessure vint de Cracovie, de Copernic : la terre n’est plus le centre de l’univers.
Détrônée du centre de l’Univers, la terre est reléguée sur une trajectoire autour du soleil, quelque part aux marges d’une galaxie de plus de cent milliards d’étoiles, elle-mêmes aux marges de cent milliards de galaxies.
La deuxième blessure vint de Londres, de Darwin : l’homme descend du monde animal.
Ce qui choque, c’est que l’on dise qu’il est en continuité avec la nature, qu’il n’y a pas de discontinuité d’être entre l’animal et l’homme, ni de différence métaphysique. L’homme en tant qu’être doté d’un esprit n’est pas considéré, dans le grand monde du vivant, comme une réalité radicalement nouvelle.
La troisième blessure vint de Vienne, de Sigmund Freud avec l’analyse de notre psyché.
On retire à l’âme humaine sa grandeur spirituelle, pour en faire un lieu d’instincts inconscients.
Ce n’est pas l’esprit qui anime l’homme, mais la libido.
Ainsi trois fois détrôné, l’homme roule avec sa couronne dans la poussière.
Est-il roi ou valet ?
Qu’est-ce que l’homme ?
L’homme est-il parcelle de la nature ou roi de la création ? Ou bien les deux ?
Est-il d’après ses origines, tiré du monde animal, ou bien est-ce une créature spéciale ? Ou bien est-il les deux ?
Les découvertes des sciences modernes l’ont relégué aux marges de l’Univers, en un point minuscule de notre minuscule planète.
N’est-il que cela, ou bien est-il au cœur du dessin de tout le gigantesque processus de devenir de notre monde ? Ou bien est-il les deux ?
Est-il abaissé parce qu’il a réalisé qu’il était perdu dans l’Univers, ou bien est-il grandi, parce que, tout en étant un minuscule point de l’Univers, il est le seul qui en ait conscience, et qui puisse réfléchir sur lui-même ? Ou bien, l’homme est-il les deux ?
Qui donc est cet homme ?
Est-il un « vagabond aux marges du cosmos », comme l’a appelé Jacques Monod dans son livre Le Hasard et la Nécessité ?
L’homme est-il quelqu’un ou quelque chose ?
Est-il un individu ou une personne ?
Est-il pourvu d’une dignité inaliénable, non parce que quelqu’un la lui aurait attribuée, mais parce que en tant qu’homme, il la possède depuis toujours par le fait qu’il est homme.
Ou bien l’homme est-il quelque chose, qui ne peut se reconnaître que comme étant une parcelle d’un grand tout.
De la réponse à cette question fondamentale dépend la conception que l’on se fait de la dignité humaine, de notre rapport aux autres et, in fine, de notre façon de manager.