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COMMENT CONCILIER AUTORITÉ ET RESPECT ?

COMMENT CONCILIER AUTORITÉ ET RESPECT ?

 

 

 




Qui ne conteste pas l'autorité aujourd'hui ?

 

Celui qui dirige avec un peu de fermeté - n'est-ce pas ce que l'on attend de nos managers ? - est fortement contesté et les principes mêmes d'autorité et de hiérarchie sont ébranlés à tous les niveaux de la vie sociale.

 

L'autorité est, de nos jours, bien souvent perçue comme un obstacle ou un frein à l'exercice des libertés.

 

L'autorité est aussi assimilée à de l'autoritarisme, de l'arbitraire, de l'absolutisme...

 

L'autorité semble empêcher le dialogue nécessaire à l'épanouissement de chacun ; elle paraît être un obstacle aux initiatives et humilier celui qui obéit ou qui se soumet.

 

Qui parle d'autorité implique souvent une certaine dépendance des uns vis-à-vis des autres ; ce qui semble inacceptable dans nos sociétés développées !

 

Or, l'autorité est nécessaire à la vie sociale : il faut une ou plusieurs personnes qui ordonnent tous les désirs individuels pour les harmoniser en vue d'une fin commune.

 

Toute communauté humaine a besoin d'une autorité qui la régisse. Celle-ci trouve son fondement dans la nature humaine. Elle est nécessaire à l'unité du groupe. Son rôle consiste à assurer autant que de possible le bien commun de l'ensemble.

 

On peut donc dire que l'autorité est le principe de gouvernement de tout groupe humain.

 

Mais, aucune autorité ne peut exercer son pouvoir en se référant seulement à elle-même, en se faisant son propre juge : elle deviendrait un despote et risquerait d'ériger des règles injustes, non conformes à la dignité de l'homme.

 

Essayons d'observer la réalité et d'en tirer quelques leçons.

 

Quand dit-on de quelqu'un qu'il «  fait autorité «  dans un domaine ?

 

Il est compétent, il est écouté, respecté, il inspire la confiance.

 

On obéit facilement, on suit aisément celui qui «  fait autorité ».

 

Les « autorités » sont celles qui ont le pouvoir d'agir et d'influencer les comportements.

 

Mais on constate que certaines personnes, qui ont une certaine autorité du fait de leur position dans l'entreprise, exercent mal leur pouvoir : les subordonnés ne font pas confiance à leur supérieur, ils répondent oui mais essayent en fait de détourner son pouvoir, de le déstabiliser, ils n'ont aucun goût pour leur travail, ils évitent le dialogue...

 

Par contre, celui qui exerce bien son autorité voit d'autres résultats : les subordonnés dialoguent avec leur supérieur, lui font part directement de leurs difficultés, ils ont envie de progresser et s'investissent dans leur travail...

 

il est ainsi aisé de constater que celui qui a autorité a le pouvoir de faire grandir ou, au contraire, de faire régresser.

 

D'où l'importance de chercher à bien exercer l'autorité...

 

Voici quelques pistes :

 

L'autorité doit manifester une juste hiérarchie des valeurs.

 

C'est le rôle spécifique de l'autorité que de manifester une hiérarchie de valeurs conforme à la vérité sur l'homme. Vaste programme pour nos managers !

 

L'autorité doit monter le but.

 

L'autorité elle-même n'est pas un but en soi : celui qui a autorité ne doit pas oublier qu'il ne détient pas tous les pouvoirs, il n'est pas le maître et créateur de toutes choses et il ne peut donc disposer à sa guise des personnes et des choses sans tenir compte de la finalité de la création.

 

Si l'autorité ne manifeste pas clairement le but, il s'installe un doute qui paralyse et engendre l'individualisme et le mépris de l'autorité.

 

L'autorité doit exercer la justice distributive. 

 

Etre juste, c'est aussi punir les coupables et mettre en valeur les bons, c'est à dire récompenser et encourager les bons comportements : l'honnêteté, le courage, l'initiative,, le respect des règles...

 

C'est aussi donner à chacun les moyens nécessaires pour assumer ses responsabilités : c'est à dire faire respecter le principe de subsidiarité à tous les échelons qui dépendent de soi.

 

L'autorité doit créer les conditions qui poussent à bien faire.

 

C'est à l'autorité que revient la fonction de fixer les règles de vie et de fonctionnement de la communauté qu'il gouverne, de façon à permettre à chacun de vivre heureux tout en conservant l'harmonie de l'ensemble.

 

«  Une société est aliénée quand, dans les formes de son organisation sociale, de la production et de la consommation, elle rend plus difficile la constitution de la solidarité entre les hommes. »

 

 

L'autorité doit rendre convergente les intérêts particuliers et le devoir de contribuer au bien commun.

 

L'autorité doit montrer et faire respecter le bien commun à tous les membres de l'équipe.

 

Le bien commun suppose le respect de la personne, nécessite la recherche du bien-être social et du développement du groupe lui-même.

 

«  Le bien commun est toujours orienté vers le progrès des personnes : l'ordre des choses doit être subordonné à l'ordre des personnes, et non l'inverse. » 

 

L'autorité doit faire grandir.

 

L'autorité doit être considérée comme un service et non comme le pouvoir arbitraire que l'on a sur les autres pour les soumettre.

 

L'exercice de l'autorité est une tâche exigeante et qui demande d'abord le souci des autres.

 

Cela lui confère un certain droit de commander, un certain pouvoir d'imposer l'obéissance, la direction à prendre, du fait de sa compétence et des objectifs qui lui sont fixés.

 

Mais celui qui a autorité sur autrui a le devoir de le faire grandir, d'augmenter ses capacités, ses connaissances, donc ses libertés.

 

Un bon chef doit faire progresser ceux sur qui il a autorité.

 

D'un point de vue pratique, dans le choix des chefs, en dehors de la compétence, il faut porter une attention particulière à ceux qui ont :

 

. le désir de transmettre un savoir ou un savoir-faire,

. le désir de faire grandir les autres en augmentant leur compétence, leur autonomie et leur capacité d'initiative,

. la capacité à montrer le but...

 

Celui qui a l'autorité ne doit pas oublier qu'avant tout l'autorité est un service rendu aux autres.

 

C'est ce qui permettra d'éviter que l'autorité devienne tyrannie.

 

« Autant de liberté que possible, autant d’autorité que nécessaire. »

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