L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
BONNES VACANCES : TROUVER LA SOURCE
Voici qu’arrive le mois de vacances, mois de repos et de détente.
Comment mettre à profit les quelques jours - qui passeront si vite - de vacances arrachées à une vie professionnelle souvent surchargée, pour vraiment, enfin, se reposer ?
Le mot « vacance », dérivé de « vacant », signifie « oisif » dans son sens premier.
C’est avant tout un rythme de vie plus lent, plus détendu, des occupations autres.
Les vacances ne doivent pas être un temps vide, mais un temps où on est plus disponible :
du temps pour le coeur : du temps disponible pour retrouver des personnes que l’on n’a guère le temps de voir (enfants, famille) et pour retrouver des lieux de ses racines ;
du temps pour le corps : du temps disponible pour des activités rendues difficiles par le rythme de la vie et pour s’évader du quotidien ;
du temps pour l’esprit : du temps disponible pour se recentrer sur l’essentiel de la vie, se renouveler, se ressourcer et trouver - enfin - le repos intérieur.
Mais alors, en quoi consiste-t-il ce repos si fécond pour la vie et si important ?
A l’origine de la fatigue, de l’épuisement parfois, et du découragement qui peut en découler, il y a le doute qui se glisse dans les pensées intérieures, souvent de manière fort sournoise, l’égocentrisme qui nous détruit : le « moi », le « je »!
Une vie où l’on trébuche et dont la part d’ombre nous fait désirer la lumière.
A l’inverse, l’état de repos intérieur est cet état de force tranquille qui permet d’avancer avec joie, lucidité, enthousiasme, vigueur et courage sur la route qui nous est donnée.
Pour y parvenir, il faut retrouver les conditions de la rencontre avec l’essentiel en nous libérant de ce qui nous guette, ce qui nous attaque et parfois nous atteint dans la vie quotidienne :
C’est avant tout l’activisme. Toujours bouger, toujours courir, toujours trop, trop vite, et pourtant jamais assez, jamais assez bien, rarement tout à fait juste. Tout cela pour paraître, pour essayer de tenir un rôle, parfois pour certains, le premier ! Quelle dérision, quand on y réfléchit ! Alors cesser cela pour entrer dans un autre temps, pour nous unifier.
L’action qui peut prendre une place démesurée. Il faut régulièrement s’y arracher pour en retrouver le sens, pour le réajuster à la profondeur de l’être. Nous nous laissons facilement entraîner dans la multiplicité des possibles. La dispersion nous guette. Il faut nous recentrer. Toujours prendre du recul. Sans oublier cependant une phrase de Norbert Segard ‘’Je ne conçois pas la réflexion qui ne se traduit pas par le geste et par l’action’’. Trouver le bon équilibre.
Le temps chaotique, jonché de réunions, de modifications, de retards, de délais, de reproches, rarement de remerciements. Nous vivons une époque marquée par l’accélération du temps. Le rapport au temps est un vrai problème. Nous sommes dans la culture du zapping, tout le temps dans le mouvement, avec de plus en plus de difficulté pour se focaliser sur quelque chose.
Il faut retrouver un juste rapport au temps, qui améliore l’efficacité.
L’accélération du temps tue l’intelligence de l’homme, car l’intelligence de l’homme a besoin de recul et de marquer un temps d’arrêt pour juger.
Le temps est toujours trop court.
Tout ce qui est humain est cyclique.
Le matériel, surtout poussé à ses extrêmes, dans l’excès, dans l’accumulation. Se défaire de la frénésie d’achats qui nous entoure, des publicités qui tentent de nous réduire à notre fibre consommatrice, de ce façonnage par le matériel. La standardisation des objets familiers envahit le milieu humain.
D’un bout à l’autre de la planète, les hommes tendent à s’habiller, à se nourrir, à se loger, à chercher leurs plaisirs, à vivre et à mourir de la même façon mécanique.
La civilisation moderne, qui ne sait plus ce qu’est l’homme, qui ne propose plus aux hommes de « bien faire l’homme », qui est amputé de toute finalité, est essentiellement une civilisation de moyens, une civilisation technique. Ce n’est plus la fin qui fait surgir les moyens. Ce sont les moyens qui sont eux-mêmes la fin poursuivie.
L’avoir a remplacé l’être.
Jamais les connaissances du monde et de l’homme n’ont été plus diverses et plus nombreuses, jamais la connaissance du monde et de l’homme n’a été plus falote et plus pauvre.
D’un côté, d’immenses moyens, une technique incomparable, une connaissance des détails poussés jusqu'à l’infini ; de l’autre une absence quasi radicale de finalité humaine, un silence prodigieux sur la question fondamentale : « où allons - nous »?
C’est le vertigineux développement des biens matériels qui nous somme aujourd’hui de retrouver notre finalité essentielle.
Le besoin de paraître. Quoi ! Je n’existe plus, je suis compté pour rien, mais c’est scandaleux ! Nos pères n’éprouvaient guère la hantise de chercher quelle était leur place dans le monde. Ils l’occupaient tout simplement.
Le visage sombre de l’absence aux autres, du mépris rencontré et qui nous a meurtri, de l’indifférence, des individualismes, des manques d’attention à ce que nous faisons et à ce que nous sommes.
L’arbitraire. Dans notre société où l’individu pense qu’il revient à chacun de décider ce qui est vrai et bon pour soi, le règne de l’arbitraire s’est installé dans la multiplication d’individualités.
L’individualisme est destructeur de la conception commune de l’homme.
Et tant de désespoir. Tant de colères. Tant d’impasses. Les ténèbres des vies qui trébuchent.
Notre siècle est celui des « mécontents ». Ce n’est pas seulement de son sort, économique, politique ou social, que l’homme moderne est impatient, mais de lui-même et de son sort humain. De même qu’il repousse le bonheur, il refuse sa nature d’homme. Il se révolte contre soi, contre son contenu, contre ses limites.
L’homme isolé au sein des masses anonymes d’aujourd’hui se disloque intérieurement.
Nous assistons à une crise de l’homme : les hommes ne savent plus ce qu’ils sont. Ils n’ont plus de modèles qui leur proposent d’être des hommes
complets, des hommes qui ont les pieds sur terre et qui ont la tête levée vers le ciel. Ne sachant plus ce qu’ils sont, ils ne savent plus devenir ce qu’ils sont.
Ils errent alors au hasard à la recherche de leur être.
Ils s’accrochent à n’importe quoi.
Voilà l’objectif : pendant les vacances, les forces intérieures renouvelées, l’horizon éclairci, le tumulte apaisé, l’être dynamisé, les blocages et barrages écroulés, le coeur respire, l’esprit est ressourcé, le centre est consolidé.
Profitons de ce temps de vacances, pour soigner les relations que nous allons rencontrer, la vie familiale, le ressourcement intellectuel et humain : pour discerner l’essentiel dans la vie et trouver ce qui en est la source.
Retrouver la confiance qui repousse la peur et instaure l’espérance.
Vivre c’est oser.
Et puis quand le temps des vacances approche de sa fin, reviennent peu à peu les préoccupations habituelles qui ont été comme mises à l’écart. Non qu’on n’y pense pas, surtout quand le fardeau est lourd, mais, prenant du recul, on peut mieux mesurer leur réelle importance.
Et il faudra reprendre à nouveau le chemin qu’il nous est donné de parcourir.
Alors viendra la question : « Qu’as tu fait de tes vacances »?. J’ai fait RIEN. Je me suis reposé.
Mais en réalité, nous aurons tenté d’effacer toute division, toute contradiction, pour rentrer dans l’unité première de notre être et en trouver l’origine.
Dès lors, les temps, les lieux, les travaux, les mépris qui seront rencontrés de nouveau, les événements, quels qu’ils soient, ne viendront troubler notre paix intérieure et notre sérénité.
Nous pourrons donner à chaque événement d’une vie son juste poids.
De quoi sortir de l’été.... reposé.