L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

Publicité

MOI JE

MOI JE








Le tableau que dresse Jean Sévillia dans son livre  « Moralement correct », est celui d’une société sans repère, où les familles sont décomposées, où la drogue et la violence font chaque jour des victimes, où l’on n’enseigne plus aux enfants ni la politesse, ni le respect de leurs aînés.


Une société qui n’aurait plus de règles ni de morale commune.

Car c’est cela, la nouveauté.

Il y a toujours eu des individus au comportement déréglé, mais chaque génération transmettait à la suivante (et inculquait aux étrangers), des valeurs que chacun devait accepter pour s’insérer dans la société.

Ce n’est plus le cas : nulle morale commune n’est plus admise, chacun ayant la prétention de vivre heureux en suivant seulement ses humeurs.

La rupture est intervenue dans les années 1960.

En 1960, on pense que chaque individu a une dette envers la société. En 1970, on se dit que c’est à la société d’apporter quelque chose à l’individu.

Effacement de l’autorité dans la famille, reflux de l’autorité à l’école.

Cette double carence exercent ses effets dans la vie quotidienne.

N’idéalisons rien : Socrate se plaignait déjà que les jeunes gens ne sachent pas se tenir à table.

Les règles de politesse ont toujours évolué, mais ce n’est pas seulement chez les bourgeois, naguère, qu’on apprenait à bien se tenir, à être assis droit et à ne pas parler sans y avoir été invité. Moins formalistes dans les familles populaires, les conventions poursuivaient le même objectif : marquer le rapport hiérarchique distinguant les générations.

A regarder l’évolution actuelle, ces usages semblent dater de Mathusalem.

L’idéologie a joué son rôle : une certaine critique s’est employée à démolir les bonnes manières, parce qu’elles auraient été un instrument de domination des classes supérieures.

Mais les bouleversements de la société ne sont pas innocents.

Avec leur progéniture, pères-copains et mères-copines ont instauré une relation égalitaire.

La libération des moeurs a évacué la galanterie.

La scolarisation précoce, le travail des femmes, les fratries restreintes, la dissociation des couples et la civilisation des loisirs ont amené les enfants à être socialisés hors de la famille : au club de sport, dans la rue, devant la télévision ou l’ordinateur.

La politesse se veut une langue commune.

Une société où triomphe l’individualisme-roi produit l’antithèse : l’affirmation de soi, sans souci des autres.

« Moi, je ».

L’invasion du téléphone portable en fournit l’exemple le plus caricatural.

Cet objet abolit toutes les frontières : où que l’on soit, à chaque heure qu’il soit, il devient loisible de joindre n’importe qui, en faisant profiter de sa conversation (et de sa vie professionnelle ou privée) des voisins qui n’en peuvent mais.

Mille indices manifestent la dissolution de la civilité. Généralisation du tutoiement, allure décontractée en toutes circonstances (la cravate aux orties, tous en jean-baskets). 

Un seul désir : ne pas être contraint.

« Bonjour » et « merci » deviennent des mots rares. Se lever pour céder sa place est un réflexe qui n’a plus cours. La ponctualité paraît facultative ; l’élasticité des horaires, la règle.

Bref, cette nouvelle société envahit les entreprises, qui restent le dernier rempart où règne encore l’autorité.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article