L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
LA QUALITÉ DE LA VIE DÉPEND DU SENS QU’ON LUI DÉCOUVRE
Ma vie a-t-elle un sens ?
Me suffit-il pour vivre de lui donner un sens, quitte à lui en trouver un autre si celui-ci vient à faillir ?
Ne m’est-il pas nécessaire pour vivre pleinement ma réalité humaine de lui trouver son sens, d’aller du même pas dans cette découverte et dans la prise de conscience de celui que je suis et qui, tout à la fois, est en voie de devenir ?
Telles sont les différentes étapes de la question dont l’homme, à mesure qu’il devient plus adulte, entrevoit peu à peu la dimension et la portée, celles qui le concernent en propre.
Avant même qu’il ait pu se poser explicitement cette question, déjà il a pris position vis-à-vis d’elle par la manière dont il vit. Et c’est par la manière personnelle dont, au long de sa vie, il répondra à cette question, qu’il deviendra lui-même. Il accédera à une originalité qui l’élèvera dans l’ordre de l’irremplaçable, de l’inimitable et de l’unique, du non "numérable", du non "ordinable", de ce qui demeure parce que cela a "été".
Même si cette question n’a pas encore atteint un homme d’une manière qui lui soit perceptible, elle est présente dans sa vie par tout ce qui en prépare secrètement la réponse et qui sous-tend obscurément les motifs et les raisons de ses comportements.
Même si un homme n’a été qu’effleuré par cette question et qu’il en a été vite distrait, repris par les activités professionnelles, les difficultés et les intérêts de chaque jour, la réponse, aussi furtive et tacite qu’il ait pu la donner, influe de façon grande bien que cachée sur le climat de sa vie.
La qualité de son existence en dépend plus qu’on ne saurait dire.
Comment autrement, vécu plus que vivant, conserverait-il au long des années le goût de vivre ?
Comment, passé le temps du dynamisme propre à la jeunesse, découvrirait-il la "joie d’être", tout autre par sa stabilité de fond que l’euphorie de la santé ou que la satisfaction de la réussite professionnelle ?
En fait, pour devenir lui-même l’homme a besoin de recevoir de ce qui n’est pas lui.
C’est par l’accueil et l’appropriation de ce qui n’est pas lui que l’homme fait l’approche du sens de sa vie, et s’accomplit par le respect de l’autre et l’intérêt pour l’autre.
En l’absence d’une recherche sur leur propre raison d’être - recherche qui certes n’a pas besoin d’être menée de façon explicite quand on n’en a pas les moyens - beaucoup de vies s’écoulent dans la morosité du non-sens non avoué.
C’est ainsi que nombre d’hommes se trouvent démunis à l’improviste quand sur eux fondent les événements graves et pèsent les situations difficiles que chacun a à rencontrer.
Alors, s’ils n’arrivent pas à se fuir en s’abandonnant à quelque chimère ou en s’étourdissant dans la "distraction" - souvent par activisme - ils connaissent l’effondrement dont nul ne peut les relever, ils s’enferment dans le désespoir dont nul ne peut les sortir.
Combien, soumis aux délabrements et aux dépouillements irréversibles de la vieillesse, et parce que leur passé n’a rien laissé derrière eux pour étayer le fragile goût de vivre qui subsiste, se retranchent dans le mutisme !
N’est-ce pas la seule manière qui leur reste de porter avec une suffisante dignité, eu égard à leurs proches, le tragique d’une vie désormais réduite à l’impuissance, à la charge souvent lourde d’autrui ?
D’une vie à leurs yeux vide encore plus visiblement que jadis, et sans raison !