L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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CLIMAT

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Le beau temps est l’ennemi de la Terre. L’allié objectif du réchauffement climatique. Le complice du saccage.


Les jours jaunes, les jours dorés et bleus ; quand le soleil «indien» caresse avec tendresse les visages éblouis et les yeux fermés de béatitude ; quand les feuilles des platanes résistent avec une verdeur estivale ; quand les feuilles tombées sont craquantes sous le pied ; quand l’on peut en novembre traîner aux terrasses des cafés ; quand le fond de l’horizon, au-delà des ultimes collines, prend des teintes ultramarines à l’approche du crépuscule ; quand se prolonge au-delà du raisonnable ce que nous appelons tous « un temps merveilleux », comment voulez-vous que nous ayons conscience du drame qui se noue, menaçant le futur proche ?

Les instants présents sont à saisir dans leur belle parure. Les parapluies sont au sec. Même les brumes matinales sont sympathiques, quand elles promettent des aubes lumineuses.

Trop chaude, la Terre ?

L’intelligence le sait, le corps, lui, en profite. Et, dans notre civilisation du Carpe diem – tout, tout de suite ! – où l’on nous serine que tout est à consommer qui passe à notre portée, comment croiriez-vous qu’on puisse grimacer devant un ciel pur ?

Il le faudrait pourtant.

Il faudrait lire dans la beauté des jours et la clarté des ciels nocturnes l’exact inverse de ce qu’elles font mine de montrer.

Il faudrait y lire la mort des espèces menacées, la touffeur qui va monter du sud au nord, l’épuisement des eaux, des terres, la fonte des glaciers, la banquise démantibulée.

Lire dans ce que l’on voit le contraire de ce qui apparaît, c’est cela qui doit nous distinguer de l’animal, du végétal. Les oiseaux pépient sans mauvaise conscience.

Les rescapés des espèces à l’agonie ne voient rien venir. Les arbres prennent leur temps. Les fleuves coulent avec indifférence vers leur estuaire terminal. Les glaciers restent de marbre.

Et nous ?

Nous dansons sur un volcan ! Comme ces fourmis qui ne voient pas venir le danger et continuent à s’agiter en tous sens – et que je te transporte une brindille, et que je la file à mon voisin… – alors que s’avance la machine qui va broyer leur abri sûr.

Belle journée ?

C’est un piège, une tromperie.

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