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AU NOM DE QUOI SONT-ILS MORTS ?


AU NOM DE QUOI SONT-ILS MORTS ?








En ce 11 novembre, quand on pense à ce qui s’est passé, une question vient inévitablement à l’esprit : ceux qui sont morts, au nom de quoi sont-ils morts ?


Ceux qui ont remporté la victoire, au nom de quoi l’ont-ils voulue ?

Au nom de quoi ?

Même si toute guerre est le fait de motivations obscures et s‘enracine dans ce que l’on pourrait appeler l’inconscient des peuples, la raison la plus claire et la plus grande pour laquelle des hommes ont accepté de faire le sacrifice de leur vie, c’est de voir leur peuple demeurer libre.

Vingt ans après l’armistice de 1918, c’est contre une idéologie dévoratrice de la personne humaine et de sa dignité inaliénable que se levèrent d’autres combattants d
e la liberté. (Nous avons une pensée ici pour nos lecteurs canadiens ).




Mais la réalité même de la liberté, lorsqu’on la vit et lorsqu’on en use, pose, à nouveaux frais, la même question : au nom de quoi ?


Que l’on regarde aujourd’hui n’importe quel domaine de la vie personnelle ou de la vie en société, peut-on ne pas buter sur la question : au nom de quoi faisons nous ceci ou cela ?

Au nom de quel homme, de quel sens de l’homme posons nous tel ou tel choix ?

Au nom de quoi être solidaire ? Au nom de quoi être fidèle ? Au nom de quoi ne pas se laisser avoir par l’argent ?

Au nom de quoi respecter la vie humaine ?

Une manière de gommer cette question fondamentale, « Au nom de quoi ? » : faire comme s’il n’y avait pas de réponse possible.

Le respect, en lui-même juste, des différences entraîne une mentalité collective selon laquelle une idée ne saurait prévaloir sur une autre.

Nous assistons alors à une sorte de dé-moralisation généralisée, source de beaucoup de désarroi et de souffrances.

La tolérance est une bonne chose. Il n’y a pas de vie commune sans tolérance. Mais la tolérance risque de se détruire elle-même si aucun accord n’est possible sur ce qui la fonde.

A trop penser et à trop dire que dans l’entrecroisement des idées et des valeurs, tout se vaut, et que ceci n’est pas forcément plus vrai que cela, on entre dans une insécurité mortifère.

Il faut ajouter que cette insécurité est source d’angoisse, et que l’angoisse est grosse de violence possible.

Au nom de quoi ?

Cette question est celle de la liberté, parce qu’elle est celle du sens de la liberté.

Cette question est celle de l’homme, celle du sens de l’homme.

Cette question, car il faut appeler les choses par leur nom, c’est celle de l’éthique ou de la morale.

Ian Patocka, mort dans les geôles de la police politique de Prague écrivait :

« Aucune société, aussi bien équipée soit-elle du point de vue technique, ne saurait fonctionner sans une assise morale, sans une conviction qui ne résulte pas de l’opportunité des circonstances et des avantages attendus. La morale, ce n’est pas l’homme qui la définit selon l’arbitraire de ses besoins, de ses souhaits ou désirs. C’est au contraire la morale qui définit l’homme. »

« Au nom de quoi ? », c’est la question de tous.

Vouloir répondre, c’est se mettre en quête de la Vérité, non pour la posséder, mais pour qu’elle nous libère.

Au nom de quoi ?

Au nom de quoi risquer sa vie ?

Au nom de quoi vouloir vivre ?

« La Vérité vous rendra libre. » 

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D
«La vérité vous rendra libre» encore faut-il définir la vérité. Je crois que pour que la vérité nous rende libre il faut que cette vérité vienne de l'intérieur de soi et non pas de l'autre, mais encore là, est-ce la vérité?<br /> Je suis pour la tolérance et le respect de l'opinion de l'autre, mais cela ne crée-t-il pas un nivellement des valeurs, tout se vaut et tout est rien.<br /> Mon père a fait la guerre 14-18, il est parti de l'Acadie (Canada) et est allé en Angleterre. Il m'a beaucoup parlé de cette guerre qu'il qualifiait de cruelle. Le 11 novembre était vraiment un jour de deuil pour lui, et même à 95 ans, il n'avait pas encore sèché ses larmes en ce jour du souvenir. Je déposerai un petit article sur mon blog de famille ; Le coing des Dugas.
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