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2 NOVEMBRE : FETE DES DEFUNTS

2 NOVEMBRE : FETE DES DEFUNTS








Aujourd’hui que la mort est devenue taboue, on ne porte plus le deuil après la perte d’un proche. On le vit, en silence.

Or, c’est un traumatisme, une blessure dont les répercussions se font sentir tout au long de la vie.


C’est parce que de toutes les questions qu’il se pose, la mort est celle qui demeure sans réponse et qui le renvoie à son impuissance à maîtriser la vie, que l’homme ne peut avoir de rapport à la mort sans angoisse.

Parler de la mort, c’est jeter un pavé dans la mare de notre suffisance, c’est montrer que toute notre culture de la réussite se situe dans un déni de l’échec et du trépas.

La mort donne un grand coup de pied dans la fourmilière et nous avons droit à la faiblesse et à l’échec.

Contrairement à ce qu’on pense, une « bonne » mort n’est pas nécessairement celle où l’on est stoïque et souriant.

La mort, c’est ce qui nous arrache à nos projets, ce qui rappelle notre petitesse et nous met face à ce qui nous dépasse : une altérité, une transcendance radicale.

Penser qu’il y a une recette pour vivre ou pour mourir, une recette toute faite pour être heureux, c’est déjà le désastre. L’homme n’est pas un appareil ménager. Il n’y a pas de mode d’emploi de l’existence. C’est ce qui en fait le risque et le bonheur : cette ouverture sur la rencontre, l’inespéré.

L’angoisse face à la mort n’est pas mauvaise. On a peur de tout ce qui vient nous priver de ce qu’on aime.

Soren Kierkegaard disait : « Tu es immortel, alors tremble ! » Tremble parce que tu fais ici et maintenant à une valeur pour l’éternité.

Mais on a peur de ce tremblement et la société de consommation utilise cette peur pour nous vendre sa soupe : on achète ses divertissements, ses gadgets inutiles pour s’étourdir, mais comme disait Pascal, c’est courir vers le précipice après avoir mis devant nous quelque chose pour ne pas l’apercevoir.
 
Alors, si on aime la vie, il est normal d’avoir peur de la mort.

La mort nous apprend l’humilité et la dépendance, elle nous pousse à nous tourner vers une autre voie, quand notre orgueil veut nous replier sur notre ego.

Cette angoisse existentielle n’est ni bonne ni mauvaise, mais pour qu’elle soit supportable, l’homme doit pouvoir donner un sens à sa vie.

C’est dans cette recherche infinie de sens que s’exerce la liberté humaine.

La question sur la mort est également la question sur la vie.

C’est à travers ses actes, ses choix, ses alliances, ses refus et ses renoncements que chacun répond, au quotidien à la question qui le tenaille :

Pourquoi vivre, puisque je dois mourir un jour ?

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