L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
PARADOXES DU TRAVAIL
Le travail est une des réalités humaines les mieux admises et les plus fréquemment discutées.
Il est bien admis, car il occupe une part des plus importantes de l’existence de l’homme.
Intérieur ou extérieur, matériel ou intellectuel, il sollicite l’être tout entier.
Il est, en ce sens, porteur de toute une valeur et garde même une sorte de priorité, rappelant à chacun la nécessité d’assumer son « devoir d’état ».
« On peut vivre au monde une vie magnifique lorsqu’on sait travailler et aimer, dit Tolstoï ; travailler pour ce qu’on aime et aimer ce à quoi on travaille. »
Mais, en même temps, il pose une foule de questions qui en font une des réalités les plus discutées qui soient.
D’où vient-il ?
On peut spéculer sur son origine.
Que signifie-t-il ?
On doit s’interroger sur son but.
Pourquoi revêt-il cette pénibilité qui lui donne souvent le nom de « labeur », en même temps qu’il est source d’épanouissement et de joie ?
Il y a le drame de son absence, quand on n’en a plus ; et le poids de sa présence, quand on en a trop.
Il traduit un lien d’égalité entre tous, puisqu’il est le lot commun de tous les hommes ; et la cause de tant de disparités, confinant parfois à l’injustice.
Il offre le champ aux plus belles collaborations et aux plus vifs affrontements.
On peut le dire insensé, car il peut aliéner ceux qui le subissent ; et il s’auréole de bonheur lors de résultats obtenus.
Il est important de réfléchir à son pourquoi.
De bien choisir comment il peut se vivre.
De bien le comprendre si l’on veut pouvoir donner réponse à la grande question de la fatigue, de la souffrance, des contraintes et des peines que le travail génère et véhicule avec lui.
Au-delà de tout masochisme, qui serait abject, de tout dolorisme, qui serait faux, de tout stakhanovisme, qui serait sot, il est bon que le travail coûte un peu.
Aimer son travail n’est pas l’idolâtrer.
Le travail est un devoir autant qu’un droit.
Il est vraiment une valeur en soi.
Sans être une fin en soi, il demeure un moyen parfait.
Il rend l’homme solidaire des autres et lui permet d’œuvrer à la réalisation de soi.
Que souhaiter d’autre, sinon qu’il soit bien choisi, bien assumé et bien accompli.
Mais quel travail n’a jamais coûté d’effort ?
Quelle profession ne fait pas difficulté ?
Combien de centaines de millions d’hommes et de femmes ne doivent-ils pas assumer à longueur de vie des conditions autrement difficiles et parfois même autrement pénibles que les siennes ?
Il est normal qu’il pèse puisque l’homme a à le porter et même parfois à le supporter.
Le pire du travail serait qu’il ne coûte rien à l’homme ou ne pèse pas.
Il est normal qu’il soit parfois fastidieux, souvent banal, par moments peut-être un peu rude.
Il est juste qu’il fatigue. Car alors pourquoi y aurait-il la nuit pour se reposer ?
Et rien ne serait pire qu’un homme fainéant.
Mais en retour, quelle joie de pouvoir assumer son travail !
Quelle fierté quand l’homme le voit bien accompli et quel vrai bonheur quand il est parfaitement mené à son terme !
La grande richesse du travail n’est pas dans ce qu’il permet à l’homme de gagner, mais dans ce qu’il lui permet de devenir.
Le paradoxe est bien là en effet : cet effort engendre la joie.
Le dépassement de cette peine donne la paix.
L’homme est d’autant plus fier de son travail qu’il lui a coûté ; et il n’est heureux de ses réussites que si elles lui ont beaucoup demandé.
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