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ÉLOGE DE L’OBEISSANCE

ÉLOGE DE L’OBEISSANCE







L’obéissance concerne la personne humaine, c’est à dire l’être doué de libre-arbitre.

 

L’obéissance ne peut, si elle est humainement bien comprise et bien demandée, contredire le besoin vital de liberté. D’où vient qu’elle soit ressentie parfois comme humiliante alors qu’elle apparaît vitale dans une société, que l’anarchie fait disparaître ou conduit à la tyrannie ?

 

D’évidence l’homme est social par nécessité et la société ne peut subsister sans autorité et donc sans obéissance.

 

L’obéissance bien vécue prépare à l’exercice de l’autorité.

 

L’éducation morale prépare à l’acceptation de l’obéissance à une personne investie du rôle hiérarchique.

 

Si par l’éducation, on reconnaît que son propre bonheur ainsi que la possibilité de vie sociale exigent la soumission à des règles non choisies, mais dont la raison peut reconnaître le bien fondé.

 

Sans relâche, la nature nous démontre que nous avons tout intérêt à respecter des règles.

 

Si l’on n’est pas capable de se soumettre à une loi naturelle, il est très peu probable que l’on soit capable d’obéir à des hommes, de toute évidence imparfaits.

 

C’est pourquoi l’obéissance humaine, qui est consentement libre et non servilité doit être précédée par l’éducation morale, qui habitue l’homme à ne pas considérer comme une humiliation le fait de réguler sa propre liberté.

 

Comment pourrais-je obéir à quelqu’un d’autre, si je ne peux commander à moi-même ?

 

Tant que l’on n’a pas compris qu’obéir est un acte de liberté, tant que l’on croit que le signe de la liberté c’est la révolte contre l’autorité, tant que l’on se sent humilié d’être sous les ordres de quelqu’un, peut-être moins compétent mais investi de la responsabilité, c’est que l’on n’est pas homme.

 

Etre capable d’obéir, c’est être homme.

 

Seule réserve à ce consentement donné librement donné au chef, les exigences de la conscience, évidemment.

 

Mais, aux exigences de la morale près, l’obéissance est consentement libre de la volonté, ce qui ne signifie pas consensus « béni - oui - oui ». La véritable obéissance consiste, quand on estime que le chef prend une mauvaise voie, à tout faire pour l’éclairer par une argumentation bien structurée.

 

L’obéissance ne supprime pas le droit de remontrance.

 

Si, malgré les avis du collaborateur, le chef persiste, alors il faut se soumettre, ou se démettre.

 

 

 

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