L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
ÉTHIQUE : HUMANISER LA PRATIQUE
Face à la crise, au développement technologique et à la complexité du monde, l’homme cherche à « éthiciser » le monde pour le rendre plus humain.
L’éthique est aujourd’hui une réponse réflexe, immédiate et évidente, qui vient au secours du déroulement du monde pour pondérer, corriger, donner une orientation vivable à un monde qui ne l’est pas toujours.
Nous en appelons tous à l’éthique au risque d’en faire une incantation magique, un « mantra » répété, plus qu’une réalité effective.
Les pratiques sociales (médicales, sociales, économiques, politiques) ont toutes progressivement affirmé et intégré, depuis les années 1980, la référence éthique comme un élément constitutif de leur fonctionnement pour traiter les difficultés et intégrer la nouveauté.
L’éthique est à la mode et c’est tant mieux.
Elle participe à humaniser le monde d’aujourd’hui pour tenter de faire un monde pour demain.
Cet effort normatif et correctif se colore d’un fonds commun de valeurs suffisamment large et universel pour laisser imaginer que nous travaillons tous à la même finalité.
Respect, justice, reconnaissance, solidarité sont, à n’en pas douter, au service de la promotion d’une humanité heureuse.
Cet humanisme de fond revendiqué, véritable passeport et garantie que les intentions sont honorables, disqualifie d’emblée toute critique qui viendrait dénoncer le caractère manipulateur des discours.
Que signifie le projet d’humaniser la pratique ?
S’agit-il d’ajouter un petit supplément d’âme pour donner du goût et rendre digeste un plat qui ne l’est pas toujours ?
L’éthique hésite entre une critique radicale de la condition humaine produite et un aménagement pacifique et pratique.
Elle hésite et oscille entre la violence d’une critique dénonciatrice et transformatrice et le réalisme prudent et responsable face au cours du monde qu’il faut accompagner.
Remettre en cause nos concepts, nos habitudes, nos pensées, tant de progrès réalisés incite à taire et à ne pas reprendre la question anthropologie, préférant la laisser en suspens sur la scène sociale.
Chacun joue l’accord ou fait semblant, comme si la question « Qu’est-ce qu’un homme ? » était réglée, ou plus exactement, la question, plus délicate encore, du « Qu’est-ce qui fait l’humanité de l’homme et de son monde ? »
Or, l’éthique porte sur cela et peut-être sur rien d’autre.
Voir également :
ÉTHIQUE EN ENTREPRISE