L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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MORALE

MORALE

 

 

 


Lorsqu’on parle de morale la première question qui se pose est la prise en compte de la complexité de ce qui est humain.


On ne peut pas avoir une morale tellement claire, tellement évidente, tellement impérative qu’aucune exception ne serait jamais possible, qu’il n’y aurait qu’à appliquer des décisions prises par des instances morales.


Déjà Thomas d’Aquin écrivait que « la première instance morale de l’homme est la conscience éclairée, c’est-à-dire un homme qui s’est informé ».


Ce problème est tellement grave qu’une morale qui voudrait répondre à toutes les questions deviendrait immorale, parce qu’elle empêcherait les sujets libres de prendre leurs propres décisions.


Cette question est évidemment à la source d’autres problèmes.


Des gens qui critiquent le siècle des Lumières comme étant un siècle d’éloignement de la morale, agissent exactement dans la même logique que ce siècle qu’ils contestent.

 

Ils en sont les enfants, puisque leur approche de l’homme est tellement claire, tellement rationnelle, qu’il n’y aura plus d’obscurité.


Pour eux, l’homme déploie son existence dans une clarté dont l’homme est maître à chaque moment ou est capable de le devenir.


Il y a là deux aspects.


Le premier est la hantise de la rigueur.


Rappelons-nous que sur les papyrus qu’on mettait sur la bouche du Pharaon défunt, il était écrit : « je suis pur » cinq fois.


Cette protestation était liée à la mort, pour se présenter dans l’au-delà.


Justement lorsqu’on est mort, cette complexité humaine s’est éteinte.


En attendant, on est toujours dans une sorte « d’entre-deux ».


L’autre exemple historique est très parlant.


Partout où il y a eu en France des hommes rigoristes, moralement jansénistes comme on disait à l’époque, dans ces endroits-là, l’absence de morale s’est développée.


C’est-à-dire qu’une très grande rigueur provoque l’inverse de ce qu’elle recherche.


Une très grande rigueur est de soi inapplicable.


Le premier examen est de se rendre compte que l’homme est un être ambigu.


Cela ne signifie pas qu’on renonce à la morale, mais cela signifie qu’on renonce à une morale réglementant tous les détails de la vie des hommes et ayant accès aux moindres décisions, comme si elle était un savoir portant sur tout.


Nous nous fondons sur une idée de la nature qui vient du stoïcisme, qui a été commune au Moyen-âge, mais ce que nous oublions c’est que la nature était donnée et qu’il fallait la suivre.


Aujourd’hui, pour la science, la nature est ce que l’on a à creuser, à façonner parce que cette nature-là, on ne l’obtient que par l’approche d’une culture.


Il faudrait là encore avoir une approche de l’homme qui soit autre.


Une fausse clarté finalement naît de trop d’assurances sur des bases contingentes.



Voir également :

ÉTHIQUE ET MORALE
MORALE

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