L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
SOUFFRANCE
Dans les heures difficiles, la réflexion vient spontanément aux lèvres de beaucoup d’entre nous : pourquoi toute cette souffrance, toutes ces horreurs, tout ce malheur, toute cette douleur qui nous étreint, nous submerge par moments.
Indiscutablement, le malheur est là, bien présent, trop présent.
Pendant des siècles, les hommes ont cherché à comprendre l’incompréhensible. Il n’est rien d’autre que cette question lancinante : pourquoi le mal ?
Chacun d’entre nous voudrait au moins comprendre.
La souffrance, on ne le sait que trop, est bien une réalité universelle : partout et toujours jaillissent de tant de poitrines les mêmes cris, les mêmes révoltes, sans compter la foule innombrable de ceux qui ne souffrent pas dans leur propre chair, mais pleurent devant la souffrance et la mort des autres. On la trouve dans nos hôpitaux, dans l’angoisse et la solitude des mourants, dans la détresse de nos deuils, dans la misère des lieux de la faim et de la soif, dans la violence de nos barbaries...
Depuis que le monde est monde, l’humanité a tant peiné, quand cela finira-t-il ?
Comment supporter la souffrance des innocents ?
La souffrance existe sous toutes formes possibles : douleur physique, psychologique, morale, la perspective de la mort, l’incompréhension, le manque de reconnaissance, la solitude, le mépris....
La vraie souffrance ne se laisse pas oublier, elle submerge tout au contraire ; le jour, on attend la nuit qui pourrait tout apaiser, mais l’obscurité aggrave l’angoisse et l’on s’impatiente de voir enfin le matin.
Souffrance des jours, souffrance des nuits, insomnies, cauchemars, certains connaissent bien cette ronde infernale.
Comme tous les êtres de douleur, affrontés à la grave maladie, à une grande épreuve ou à un deuil, l’homme connaît des sentiments contrastés : révolte, agressivité, dépression se culbutent dans sa tête ; certains même souffrent plus encore de se découvrir capables de tant de révolte et d’aigreur : enlaidis physiquement et moralement, en quelque sorte. Comment ne pas perdre l’estime de soi ?
Face à la souffrance, il y a les faux consolateurs.
Ceux qui vous abreuvent de leurs belles paroles : pleines de bonnes intentions et de maladresse.
Ceux qui parlent à votre place et savent mieux que vous ce que vous ressentez ; ceux qui vous prédisent la suite et ceux qui savent ce que vous devriez faire, ou comment vous devriez vous soigner ; ceux qui, pour vous rassurer vous disent si facilement que tout va s ‘arranger, ceux qui savent si bien pourquoi tout cela vous arrive et vous font la morale.
Alors qu’il faudrait commencer par se taire, être là tout simplement, prêt de la personne qui souffre.
C’est plus fort que nous : dans la douleur, nous cherchons toujours des explications.
Partout et depuis toujours, la souffrance, quelle qu’elle soit, suscite les mêmes questions, dont la première pourrait s’exprimer ainsi : d’où vient donc le malheur ?
L’origine de nos souffrances reste un mystère.
Il faut bien reconnaître que la vérité nous échappe et que la seule voie de salut pour l’homme, y compris quand il souffre, et surtout quand il souffre, consiste à mettre résolument sa confiance en la Transcendance, qui, seule, peut nous aider à affronter tous les malheurs qui nous frappent.
Devant les cataclysmes naturels, devant la mort, la maladie, l’accident comme devant la violence humaine, il nous faut tenir dans l’insoutenable et l’inexplicable en continuant à croire à une présence à nos côtés.
Ainsi le chemin est tracé : celui de la confiance, y compris dans l’épreuve et la souffrance. Il y a un chemin à parcourir.
L’espérance c’est de tenir, tenir, tenir quand même, jusqu'à être compris, soulagé, soigné, guéri, ramené à la santé, à la dignité et surtout d’être entendu et pas par n’importe qui.
L’espérance c’est également d’espérer que les bien portants, les sans problème entendent aussi les cris des malheureux.
Il n’y a pas de réponse à la question sur l’origine de la souffrance humaine.
Nous n’avons pas trouvé d’explication, mais nous avons trouvé Quelqu’un.