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CONFIANCE

CONFIANCE

 

 




La confiance, nous la connaissons depuis toujours.

 

L’étoffe de la vie est constituée de ces fils de confiance, tissant la soierie invisible du quotidien.

 

« Avoir confiance » c’est d’abord « être confiance » : l’identité personnelle se déploie dans les gestes et les paroles de chaque jour.

 

Par cercles concentriques, la confiance s’appuie sur des fondements profonds et anciens, pour diffuser sur de multiples zones de la vie relationnelle.


La confiance, c’est ce qui me permet de s’asseoir à côté de quelqu’un sans se sentir menacé, ou de lui adresser la parole, en trouvant naturelle la réponse attendue.

 

La confiance se renforce quand ladite réponse est assortie d’un sourire.

 

Elle se consolide quand un signe est donné, faisant penser que ce qui vient d’être dit dire a trouvé un agrément chez l’autre.

 

Elle est encore plus affermie si l’homme se rend compte que l’autre n’a pas coupé la relation, alors même qu’il s’est montré maladroit, désagréable, voire insupportable.


C’est là que l’enjeu de la confiance devient intéressant : quand tout va bien, l’homme n’a besoin de rien ni de personne.

 

Aucune fragilité pour appeler la confiance.

 

En revanche, quand rien ne va, l’angoisse envahit l’homme de perdre la confiance de l’autre.

 

C’est quand l’homme est « tombé », que la surprise d’être quand même relevé par une main plus ou moins sûre, inscrit un jaillissement de confiance inoubliable.

 

La « vraie » confiance ne se cristallise pas sur les attentions banales ou les paroles rapidement dites, mais surgit quand le sol s’est ouvert sous ses pas et quand il a eu peur d’être abandonné.


Parce que la méfiance est un terreau commun sur lequel s’édifie toute confiance.

 

Freud, homme pessimiste, ne voyait dans le sujet humain qui n’a pas été « dressé » par la culture, qu’un être capable de violence pour satisfaire ses pulsions.

 

L’exorcisme de ce qu’il y a d’antisocial dans l’homme ne se fait pas seulement dans le « dressage », mais aussi dans ces moments où la confiance est donnée « malgré ».

 

Alors que tout était réuni pour alimenter la défiance, quelque chose d’autre s’est passé.

 

Pourquoi ?

 

Parce que l’homme a, chevillé au corps, la foi dans l’idée que la relation est précieuse et qu’elle vaut plus que tous les jugements : elle mérite même certains sacrifices, comme le sacrifice d’une image de soi idéale, qui ne serait pas abîmée par le manque d’estime des autres.

 

Il faut oser la confiance même quand l’autre n’a pas été à la hauteur, ou s’est montré lamentable.

 

Les relations vivent et survivent « malgré » la défiance originaire, et les accrocs, les trahisons de la confiance.

 

Le tissage de la confiance se recommence constamment, et s’avère tributaire d’un acte créateur, opposé à la défiance qui délie et détruit.

L’homme vit, au jour le jour, avec cette défiance, aussi originaire que la confiance, exacerbée par l’anonymat des sociétés individualistes.

 

Et il est bien obligé « d’y aller », même dans le brouillard, de faire malgré tout confiance, sans attendre d’avoir compris pourquoi l’autre ne répond pas de la bonne manière.

 

Peut-être faut-il imaginer, comment « donner » confiance ?

 

Quel bel aiguillon que la défiance : c’est sur ce risque-là que la confiance s’édifie en vérité.

 

 

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