L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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ANTICIPER

ANTICIPER

 



L'avenir n'a plus la cote.

 

Surtout quand, dans les salles de marché, le CAC et les banques font de la brasse coulée.

 

Au creux de la vague, "préparez l'avenir", conseillent pourtant quelques revues de gestion, comme L'Expansion Management Review.

 

Faut voir.

 

Ou y croire - ce qui n'est pas dans l'air du temps.

 

Anticiper ?

 

Rien n'est moins évident, quand le siècle est au court-termisme et au désenchantement accéléré.


La crise nous renvoie à nos pâles silhouettes de spectateurs de l'inévitable, prisonniers de processus pourtant ficelés par l'homme et néanmoins incontrôlables.


Où sont les prophéties ?


Les temps messianiques ?


Certains des incertitudes à venir, nous serions voués à un futur sans espoir et l'inespoir serait notre destin.


Déjà l'abstention prend le pas sur le projet politique.


La croissance sur l'idée de progrès.


Et quand elle ralentit...


L'idée qu'un mieux est devant nous fait long feu.


La récession prend des allures de fin du monde...


L'avenir a tiré sa révérence.


Envolé, disparu.


Ou s'est peut-être mis entre parenthèses (version optimiste).


Peut-être.


Peut-on cependant se passer de l'anticiper ?


C'est que l'anticipation ne fait plus trop rêver, qu'elle est même parfois irritante, et qu'on n'agit plus tellement de nos jours par désir, mais plutôt par souci d'éviter ce qui n'est pas désiré.


Les nouvelles temporalités façonnent cette pauvreté anticipationnelle : l'immédiateté génère un temps continu peu propice à la réflexion ; l'urgence pousse à des comportements stressés, stéréotypés, présentés comme sans alternative ; la soif d'innovation, productrice d'obsolescence, porte au futur immédiat plus qu'au long terme ; la simultanéité, le zapping, comme norme à l'action, surcharge l'attention.


C'est le triomphe du présent sans profondeur.


Or, comme le souffle une autre psychosociologue, Florence Giust-Desprairies, il faut pouvoir rêver le monde pour pouvoir y entrer.

 

 

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