L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
POUVOIR ET AUTORITÉ
Dure réalité que celle du pouvoir !
Dur métier que celui d’exercer l’autorité !
Et il n’est un secret pour personne de voir comment cet art compliqué peut radicalement fourvoyer ceux qui tentent de s’y consacrer.
L’actualité récente en a largement démontré la triste réalité.
Il n’est point besoin de sortir de Polytechnique pour voir que le problème de l’autorité réside dans la manière d’exercer le pouvoir, quel qu’il soit.
L’homme contemporain peut peut-être, parfois, être tenté par l’anarchisme ou sombrer dans le scepticisme politique, grognant ou riant dès qu’un politique montre le bout de son nez.
Il peut aussi gémir sur ces financiers incompétents qui ont cru que le système économique n’était pas destiné à des êtres humains mais uniquement à leur désir de se remplir les poches et ne pas voir qu’il leur faudra un jour tout quitter.
Il peut également se lamenter sur cette sorte de politiciens qui semblent n’acquérir le pouvoir que dans l’intention de le garder, afin d’exister à tout prix.
Le souci ici est de savoir en vue de quoi l’homme a reçu ou désiré une autorité : pour s’affirmer soi-même ou pour ceux dont il a en quelque manière reçu la charge ?
Et il ne faut pas croire qu’il s’agisse d’une question concernant un petit nombre de puissants.
Elle concerne tous ceux qui ont une responsabilité hiérarchique.
Ce qui est proposé ici, c’est de sortir des pathologies de l’affirmation de soi pour entrer dans la logique du service.
Car l’autorité véritable est celle qui sait qu’elle n’est pas complète et qu’elle doit reconnaitre l’extraordinaire profondeur de l’être humain.
Certes, l’homme vit en société mais il est beaucoup plus que cela.
Et une société qui le refuse risque fort d’oublier ce pourquoi elle existe : oui, un système économique perd toute légitimité s’il oublie ou refuse que les êtres humains soient beaucoup plus que de simples rouages destinés à le faire tourner.
Il existe un domaine réservé, c’est le cœur de l’homme, son intériorité, sa conscience que rien ni personne ne peut prétendre contrôler.
C’est dans ce fond intime que l’homme prend ses décisions fondamentales, qu’il peut se poser les questions ultimes, qu’il peut surtout trouver le sens de sa vie.
C’est là, et là seulement, qu’il peut prendre la décision de respecter son semblable.
Bref, ce domaine de la conscience est un domaine admirable : c’est une dimension essentielle qui a besoin d’espace, d’infini et d’éternité pour être comblée
C’est alors que la véritable autorité devient une charge et une responsabilité : il s’agit, quelle que soit sa place, de rappeler que l’homme outrepasse infiniment l’homme.
Le priver de cet infini, de cette éternité, c’est tout simplement le condamner à mort.