L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
UNE SOCIETE OU LA CONSOMMATION PRIME
Que l’on vende ceci ou cela, peu importe. Si le marché, étudié, veut ce gadget, il s’agit d’investir assez tôt et assez largement de ce côté là.
C’est le grand jeu de la société moderne.
Pour que la vente marche, l’obligation est d’acheter.
Que demande-t-on aux Français à l’heure actuelle, et en ne cherchant que leur bien, n’en doutons pas ?
De consommer plus.
Consommer plus pour que la machine produise plus. Faire tourner le manège de la marchandise inutile plus vite et plus fort.
Le sport national actuellement est de revendre sur le net les cadeaux reçus car superflus.
Ce perpétuel besoin du toujours plus engendre une incessante lassitude, un mal-être généralisé.
La publicité, les marques sont partout.
La consommation a fait éclater les anciens repères de l’espace - temps : on consomme à toute heure dans les aéroports, les gares, sans parler du développement du cybercommerce qui permet d’acheter à tout moment de tout, toute l’année.
Il n’y plus de limite dans l’espace et dans le temps.
Une culture qui ne prône que le « toujours plus » ne peut que se heurter à des limites objectives. Cette civilisation consumériste, si elle apporte des satisfactions, comporte une face noire, à savoir l’aliénation aux objets.
Le philosophe André Comte-Sponville souligne qu’une société qui n’aurait que des supermarchés à offrir à des jeunes aurait vraisemblablement son avenir derrière elle.
Il faut parler de la misère intérieure et psychologique dont témoignent les dépressions, les anxiétés, la morosité générale, la fragilisation des personnes.
Si cette civilisation renforce l’économie - ce qui est un bien -, elle affaiblit les personnes.
Un tel modèle qui pose la quête du bonheur consumériste comme l’épicentre de la vie ne durera pas éternellement.
Un jour viendra où il y aura un retournement.
La discipline sur soi, le rapport au collectif miné par l’individualisme, la quête de sens, la construction de sa propre personne, tout cela montre bien que la consommation n’est qu’une partie de la vie.
Aujourd’hui notre société a donné à la consommation une part excessive.
Certes, il ne faut pas diaboliser la consommation parce qu’on a besoin d’un peu de légèreté, mais à condition qu’elle n’envahisse pas tout : l’être humain n’est pas uniquement un objet de consommation.
Il y a globalement moins de misère matérielle, mais davantage de misère psychologique et de frustration, parce que les valeurs de la civilisation consumériste ont été absorbées par tout le monde.
Or, le réel, lui, demeure toujours plus dur et exigeant.
Il y a une impasse à l’hédonisme. On ne peut pas construire une société avec la jouissance comme seul horizon, parce que l’homme a aussi pour vocation à se dépasser.