L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier
LE BONHEUR VÉRITABLE
Notre époque est marquée par une accumulation toujours plus grande de richesses.
L'homme contemporain aspire à avoir plus d’argent et de posséder d’avantage.
Sa valeur personnelle dépend alors de la voiture qu’il conduit ou des vêtements qu’il porte.
A l’école, les élèves se moquent de ceux qui ne portent pas de vêtements de marque.
Apparemment, les jeunes ont si peu conscience de leur propre valeur qu’ils ont besoin de suivre la mode pour s’affirmer et se sentir acceptés.
Leur manque de confiance est tel qu’ils ont besoin de se cacher derrière des signes extérieurs ou de mettre en avant leur statut social.
Aujourd’hui, on s’appuie sur des études de faisabilité et on veut tout maîtriser : sa vie, les ressources du monde et les êtres humains.
L’intelligence ne sert plus à la pure contemplation de la vérité, car elle devient un moyen de domination et de contrôle de la société.
La domination du savoir n’a plus de limites, l'homme veut tout contrôler.
La vérité ne compte pas, c’est la science qui importe avec tous les avantages matériels qu’elle peut apporter.
A la réflexion, il devient cependant évident que le pouvoir et l’argent n’ont en soi aucune valeur et qu’ils ne servent à rien si nous ne savons pas à quoi ils peuvent être utiles.
D’autre part, l’expérience a montré que les progrès techniques et scientifiques ont pu avoir également des conséquences dangereuses et destructrices.
Dans cette situation, le désir d’une sagesse véritable et désintéressée grandit, une sagesse non pas construite sur une accumulation de savoirs destinés à exercer un pouvoir sur les autres, mais une sagesse profonde, qui voit loin car elle repose sur la connaissance des fondements de l’être et parce qu’elle plonge son regard dans les profondeurs de l’être.
Elle ne veut rien atteindre en particulier, elle n’est pas dominée par la pensée utilitaire.
Elle désire voir et connaître, admirer et s’étonner, elle laisse les choses être ce qu’elles sont et respecte leur mystère.
Elle est ouverte à tout et même à l’infini.
Elle peut être critique envers elle-même, en tout cas elle ne veut pas saisir les choses et les dominer mais les comprendre.
Une telle sagesse repose sur une grande humilité.
Elle requiert un esprit aiguisé, une attention extrême et une grande sensibilité dans la perception de la réalité dans son ensemble.
Ce désir de sagesse est indissociable d’un désir de liberté qui ne repose pas sur la consommation et l’avoir.
Cette liberté par rapport aux biens et aux besoins est la condition du bonheur véritable.
Les stoïciens l’affirmaient déjà : pour eux, le bonheur correspond vraiment à la liberté intérieure.
Le sage se tient là où il est, il est désintéressé, il jouit de chaque instant et se montre reconnaissant pour ce qu’il est et ce qu'il a.
Cela suffit.
C’est le bonheur véritable.