L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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UNE OREILLE QUI OSE DIRE

UNE OREILLE QUI OSE DIRE







" L’écoute c’est le secret de tout !"


"Pendant deux ans, je n’ai fait que cela avec les joueurs de l’équipe de France. Je les ai écoutés au point de les connaître presque parfaitement et j’ai fini par savoir comment réagir, dans la seconde, vis-à-vis de l’un ou l’autre. Si vous voulez permettre à quelqu’un de donner le meilleur de lui-même, il n’y a qu’une chose à faire : se mettre totalement à son écoute. "


Voilà ce que déclarait Aimé Jacquet le 19/04/99 après la victoire de son équipe.


Ecoute et parole ont pour but une meilleure intelligence de soi et des autres. Si la qualité de l’écoute peut être évoquée dans les séminaires d’entreprise, elle ressort d’une attitude intérieure qui ne s’apprend pas en quelques leçons.


Quand une personne de l’équipe s’adresse aux autres, quand elle fait le récit de son problème ou de ses difficultés :


· Sa parole est un enseignement sur ce qu’elle me dit d’elle, mais aussi sur ce qu’elle me dit de ma façon de manager, de penser et d’agir.


· Sa parole toque à mon oreille ; elle fait résonner des mots enfouis, entendre des choses tues, parler des actes refoulés en moi. A condition qu’elle soit juste, sa parole peut être un chemin de vérité pour moi, ainsi que pour l’équipe dans son ensemble.


Ecouter vraiment c’est être appelé à répondre de mes choix et de mes décisions.


Notre oreille écoute à travers ses souvenirs, ses habitudes et ses préjugés. Elle fait passer la parole de l’autre par un labyrinthe où elle se perd dans le dédale de nos propres idées. La voix ainsi s’étouffe.


Nous écoutons le plus souvent à partir de notre cadre de référence. L’écoute plus attentive nous permet de découvrir le cadre de référence de l’autre, ses attentes, ses besoins pour accomplir une tache. Elle peut révéler une situation insoupçonnée.


Il y a des oreilles qui entendent mais qui s’absentent de l’autre par indifférence et par mépris. Aucun écho ne revient de sa parole, c’est comme s’il n’existait pas.


Il y a des oreilles qui prétendent tout savoir des autres avant même qu’ils n’aient pu parler.


Les sociologues nous disent que la misère enferme les personnes dans le « moi, ici, maintenant », c’est à dire une triple incapacité de relation à l’autre, de sortir de ses habitudes, de concevoir des projets, d’accepter le changement. L’autonomie est remplacée par le narcissisme et l’introversion. L’arrogance produit des surdités qui elles-mêmes conduisent à ne pas prendre la bonne décision au bon moment.


N’est-il pas dangereux d’avoir des certitudes trop rapides et définitives sur le bien-fondé de nos actes et de nos décisions ou sur les besoins supposés de nos collaborateurs ?


En fait, l’autre excède toujours la compréhension que nous croyons avoir de lui, notre propre capacité à le connaître.


C’est pourquoi l’écoute ne saurait être passive.


Parce qu’elle est aveu de ne pas tout savoir, parce qu’elle est rencontre altérante, l’écoute est questionnante avec respect, l’écoute est gratitude lorsqu’elle est entendue.


Elle est prévenante et oublieuse de soi.


Elle est centrée sur l’autre. Ecouter l’autre n’est pas seulement entendre ce qu’il dit, mais ce qui parle dans sa bouche : la lassitude face à un problème non résolu, la difficulté face à une situation non maîtrisée… En s’approfondissant, l’écoute traite celui qui nous parle avec une déférence qui l'étonne, elle le revêt d'une dignité qu’il ne soupçonnait pas. Nous devenons alors des êtres éthiques parce que nous sommes autres et ouvert à l’autre.


L’éthique représente l’effort de l’homme qui refuse de réduire l’autre à lui-même.


En introduisant dans l’entreprise l’écoute de l’autre, nous cultivons une mentalité, un esprit constant d’apprentissage.


Alors seulement, la parole devient efficace, terreau de la confiance. Une parole double, confuse, ambiguë, la langue de boit ne peuvent tenir une équipe ensemble et debout.


Seule une parole vraie fait naître sécurité, sens et confiance. Elle devient la ressource profonde de la motivation.

 
Comme l’écrit Hubert Landier, «Ecouter devrait être considéré comme le principe premier du management. »


 
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