L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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SOUFFRANCE

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Les souffrances du temps présent ne sont pas pires que celles d'il y a deux ou trois mille ans, mais l'être humain est devenu plus vulnérable, plus fragile.


Nous pouvons braquer le projecteur sur la part inachevée du monde.


Nous pouvons porter notre regard sur cette part du réel où l'homme sabote la création, ajoute la haine à la haine, le malheur au malheur.


Nous pouvons aligner toutes les horreurs commises sur la terre.


Notre dossier comportera des chiffres vertigineux : six millions de juifs, dix millions de soviétiques, cinq millions de chinois, trois millions de cambodgiens.....


Nous évoquerons le calvaire particulier de tel ou telle pendant sa vie entière.


Voilà la clé du mystère de nos destinées : le mal.


L'humanité, dans son ensemble, évolue vers une reconnaissance de la supériorité du respect sur le mépris, mais chacun est invité à reprendre ce choix à son compte.


L'évolution d'un seul individu peut prendre un temps considérable, une vie entière.


Le retour à la barbarie est latent à chaque instant de l'Histoire.


La liberté est l'objet d'une conquête.


L'homme est invité à apprendre à se libérer par une recherche laborieuse de la vérité :


" La vérité vous rendra libres".


Etre vrai pour être libre voilà le trajet incontournable d'une longue évolution.


Qui parle d'évolution, parle de tentatives, d'expériences et aussi de "ratés" inévitables.


L'abeille qui aspire à sortir d'une bouteille se cogne plusieurs fois aux parois.


De même, chaque être humain apprend, par ses erreurs mêmes, à avancer dans la bonne direction.


Si l'homme perd de vue sa petitesse, il est tenté d'établir un procès d'intention.


Il oublie qu'il n'a pas une vision d'ensemble.


Devant l'ampleur du mal, nombreux sont ceux qui sombrent. Ils ajoutent à une situation, déclarée totalement absurde, la révolte et le désespoir.


L'inégalité des malheurs des hommes peut nous poser question.


L'inégalité de nos réponses à ces malheurs est beaucoup plus troublante.


Pourquoi n'ai-je pas défendu celui-là qui est accusé sans preuves ?


Pourquoi ai-je gardé le silence tandis que l'on diffamait un collègue ?


C'est en chacun de nous, dans nos actes et dans nos omissions, qu'il faut chercher la clé de l'origine du malheur du monde.


L’expérience crie que le mal est d'une puissance effrayante.


Nous pouvons faire reculer l'horreur.


La fraternité peut gagner du terrain sur l'indifférence.


La tendresse peut gagner du terrain sur la cruauté, comme les terres de Hollande gagnent sur la mer.


La souffrance est un appel.


Soyons attentifs à ce qui blesse le regard, à ce qui gifle la conscience.


A cette parole qui fait mal.


Soyons très attentifs à cette part précise de souffrance dont nous sommes responsables.


C'est peut-être là que nous trouverons notre place.


Ne prétextons pas trop vite: "Cela me dépasse. Je ne peux rien faire".


Que savons-nous des possibilités d'agir qui nous sont offertes?


Le chantier est à la mesure de la détresse humaine : immense !


Nous n'avons que l'embarras du choix et l'invitation à développer tous les talents requis.


Il n'y a peut-être plus beaucoup de terres vierges à explorer mais une civilisation nouvelle est à bâtir.


Une partie de l'humanité est démunie, blessée, douloureuse, une autre est aigrie du fait de toutes ses potentialités non exploitées.


Il nous sera demandé compte  de tous les talents que nous avons enfouis. Nous les avions reçus pour les autres, qu'en avons-nous faits ?


Dans "La chute", Albert Camus évoque un homme qui n'a pas tourné la tête en entendant derrière lui le bruit d'un corps qui tombait à l'eau et se noyait peut-être.


Toute sa vie en a été gâchée.


Renaître, gagner du terrain sur la haine, sur les matérialismes qui nous menacent.


La lutte pour la vie est nécessaire pour que l'homme ne s'enfonce pas dans une molle satisfaction.


Les saumons ne demeurent vivants que dans la mesure où ils affrontent des rapides à contre-courant !


Il en va de même pour les humains.

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