L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT "Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain." (Emmanuel LEVINAS) Vous trouverez sur ce site plus de 2000 textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique. Comment concilier

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IL EST BON DE CROIRE AUJOURD'HUI

 POURQUOI IL EST BON DE CROIRE AUJOURD’HUI









LA QUESTION DE DIEU


· Ce monde qui se présente comme un grand chantier, ce monde où se mettent en application les découvertes des sciences, les progrès de la civilisation, ce monde est incapable de rendre l’homme vraiment heureux.

Autour de nous, de nombreuses personnes se plaignent de plus en plus de mal-être, d’épuisement. L’origine de ce malaise vient que nous nous reposons pour résoudre nos difficultés sur nos propres forces. Comme si on pouvait à soi seul, faire face à l’immensité de sa tâche. Il me semble qu’aujourd’hui, c’est le sentiment de n’être pas reconnus, de n’être comptés pour rien qui fait désespérer beaucoup de gens. La plus grande souffrance, la plus grande des violences faite aux autres, c’est la non-reconnaissance.

Notre Société est en manque de repères : elle cherche sa route ; une société où il est tentant de privilégier l’immédiat et le fragmentaire ; une société tentée par le prestige et la publicité, la puissance et le pouvoir ; une société où se développe un sentiment largement partagé d’une profonde impuissance à résoudre les problèmes lancinants qui l’assaille ; une société qui n’a pas la faculté de donner un bonheur absolu. Nous assistons à une sorte de dé-moralisation généralisée, source de beaucoup de désarroi et de souffrances, une crise sociale due au vide de sens, à la perte des valeurs et à la morosité générale. Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il existe un « déficit de sens ».

Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui sont sans avenir professionnel, ceux qui sont marqués par la solitude et le mal de vivre, ceux qui voient leur couple se briser, ceux qui vont se noyer dans des paradis artificiels. Il y a péril ! Comment se fait-il qu’on en soit si peu conscient ?

· Les hommes cherchent le bonheur, mais le plus grand malheur vient de ce qu’ils ne font pas reposer leurs espoirs de bonheur là où il le faudrait. Tout repose sur la possession, le plaisir et le pouvoir. Mais la vraie vie est ailleurs.

Nous vivons dans un monde moderne de plus en plus artificiel où l’homme a été transformé en machine à gagner de l’argent pour assouvir de faux besoins, pour de fausses joies. L’homme se laisse avoir par ce qu’il possède alors que son premier besoin est d’être estimé et reconnu.

· Le monde ne peut délivrer l’homme de la souffrance (maladies, épidémies, catastrophes) et encore moins de la mort. La douleur, spécialement la douleur physique, est largement répandue dans le monde des animaux. Mais seul l’homme, en souffrant, sait qu’il souffre et se demande pour quelle raison. Face à la souffrance, la raison n’apporte aucune explication satisfaisante. Le monde peut perfectionner ses techniques thérapeutiques en différents domaines, il demeure finalement impuissant à délivrer l’homme de la mort. L’homme paraît seul devant l’absurdité de la mort, qui reste déconcertante, révoltante, incompréhensible. Devant le mystère de la mort, l’homme est impuissant. Pourtant nous ne sommes pas nés pour mourir. Pour le croyant, ce qui paraissait privé de sens acquiert une signification et une valeur. Quelle révélation !

· Malgré les dernières découvertes scientifiques, il y a toujours quelque chose qui échappe aux chercheurs. L’origine de l’univers nous échappe toujours. Plus nous avançons dans les découvertes, plus nous observons une complexification croissante. La création du monde et la théorie du Big Bang en sont un exemple. Dans les sciences, il n’y a de vérité que provisoire. Avec la mondialisation, la crise profonde des systèmes d’éducation, le sida, la pollution, le sang contaminé, la vache folle, les catastrophes climatiques.... se dissipe l’illusion que les progrès scientifiques parviendraient pour l’essentiel à améliorer la condition humaine.

· Tout ce qui se meut est mu par un autre nous a dit Thomas d’Aquin. Mais quelle est l’origine de ce mouvement ?

Quel est le sens de la vie, de l’humanité ?

L’âge aidant, l’homme ne peut éluder la question du sens de son existence dans le monde. Au nom de quoi risquer sa vie, au nom de quoi vouloir vivre ? Exister vraiment ne va pas sans comprendre ce que l’on fait, ce qu’on vit, et quel sens on peut donner à tout cela. Si l’on répond que la vie n’a pas d’autre sens que celui que l’homme lui donne, pas d’autre but que celui que l’homme détermine, on aboutit à un nihilisme destructeur (Nietsche). Si l’on vient de rien et si l’on va vers rien, la vie n’a pas de sens : elle est absurde.

· L’homme ne peut par lui même décider ce qui est bien et ce qui est mal. A-t-il le pouvoir et la prétention de fixer lui-même ce qui est mal et ce qui ne l’est pas ? N’y a-t-il pas là le risque de déboucher sur les désordres politiques les plus suicidaires ?

Par exemple, la question de Dieu après Auschwitz nous interpelle : 6 millions de juifs tués par une vieille nation démocratique, de culture chrétienne et patrie des plus grands philosophes. Nous percevons le caractère inouï de ce crime contre l’humanité. Le mal a touché l’extrême. Depuis Auschwitz, nous savons de quoi l’homme est capable. Mais au cœur de cet extrême, des hommes se sont levés et ont continué de croire. Dans les camps, le témoignage d’Elie Wiesel est stupéfiant : « Oui Dieu existe, je l’ai vu dans le regard du condamné pendu à la potence. » · Voilà le sens de tout et la clé du bonheur : Dieu n’est pas une explication, c’est quelqu’un qui se donne en compagnonnage. Dieu souffre avec les siens. Celui qui croit n’est jamais seul. Il ne l’est pas dans la vie, pas même dans la mort. Etre là, avec la conscience d’être accueilli. Etre bien, dans la conscience de n’être pas seul.

Ainsi, la vie a une fin mais une fin avec sens.

LA QUESTION DE LA FOI

 Il ne faut pas comprendre pour croire, il faut croire pour comprendre ; surtout ne pas commencer par chercher des raisons scientifiques lors d’une lecture superficielle des Evangiles : Jésus marche sur les eaux, la résurrection de la chair, l’Ascension du Christ...Comment cela est-il possible ? Peut importe. On ne peut comprendre qu’en commençant à entrer dans le mystère. Et alors on regarde le monde avec une autre vision.

· Il faut commencer par croire à une première vérité historique : des hommes de Galilée ont suivi un homme, appelé Jésus. Il a vraiment existé en chair et en os. Pendant trente ans, il avait mené une vie toute simple dans la discrétion d’une famille de Galilée, une vie toute ordinaire : il était le fils d’un charpentier. Ce n’est pas un mythe, inventé par l’imagination d’esprits particulièrement fertiles et généreux, mais passablement naïfs. Des hommes ont tout abandonné pour le suivre .

Il leur a donné un enseignement de vie, source de bonheur (Les Béatitudes).

Il leur a donné la réponse la plus paradoxale qui ait été jamais donnée.

Il a fait une description déconcertante du bonheur de l’homme, et en même temps, du chemin à parcourir pour y accéder.

Il n’a pas construit de temple, il n’a conquis aucune ville, il n’avait pas d’argent.

Il a pris le parti des innocents et de ceux qui souffrent.

A Jérusalem, il a été ovationné par les foules mais condamné par les Prêtres.

Il disait des phrases étonnantes : « Je suis la Lumière du monde » (Jean 8,12), « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14,6) , « Qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14,9) ; des phrases détonnantes : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu » (Marc 10,25), « Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront premiers » (Marc 10, 31), « Aimez vos ennemis » (Matthieu 5,44).

Il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu. (Jean 5,18).

Il se disait ainsi fils de Dieu. Ce message était « folie pour les païens, scandale pour les juifs ».

Ils l’ont donc humilié, raillé et outragé. Ils l’ont fait souffrir. Ils l’ont fait mourir sur une Croix.

Mais ses disciples à plusieurs reprises l’ont revu. Ils ont témoigné qu’il était vivant et qu’il était ressuscité.

C’est un deuxième fait historique : des hommes ont dit avoir vu Jésus vivant après sa mort. Il s’agit du plus grand événement jamais survenu dans l’histoire de l’humanité. Il leur a promis : « Je suis avec vous jusqu'à la fin des temps » (Matthieu 28, 20) en leur laissant un Sacrement en mémoire de Lui : l’Eucharistie.

· Depuis 2000 ans, des milliards d’hommes ont cru au témoignage des Apôtres, transcrit dans les Evangiles.

Ils suivent l’enseignement du Christ car il leur explique le sens de l’Histoire. Leur foi s‘enracine dans celle des Apôtres. Ils ont été suivis par d’étonnantes figures d’humanité : Augustin, Irénée, Thomas d’Aquin, Charles de Foucauld, Marthin Luther King, dom Helder Camara, Frère Roger de Taizé... Des philosophes et des théologiens de très haut niveau intellectuel ont élaboré l’intelligence de la foi. Des hommes et des femmes de chaque époque ont contribué à la façonner en la marquant de leur personnalité, de leur entente ou de leurs discordes. Le XXème siècle est marqué par des géants comme Karl Barth, Rudolph Bultmann, Karl Rahner, Hans Urs von Balthasar, Annah Arendt, Pierre Teilhard de Chardin, Yves Congar, Henri de Lubac... Aujourd’hui d’autres hommes, dans la même foi, continuent à réfléchir. Il ne s’agit pas de révolution mais de lente évolution, de concertation, de recherche ininterrompue, car « Trouver Dieu, c’est le chercher sans cesse. » (Saint Grégoire de Nysse). Nombreux sont ceux qui ont donné leur vie ; très récemment, les moines de Thibérine, des « chercheurs de Dieu » (Christian de Chergé).
· « L’idée est largement répandue que le christianisme consisterait en une masse de commandements et d’interdits, de lois à observer, et que par conséquent ce serait quelque chose de pénible, de pesant. On serait plus libre sans ce fardeau. Je voudrais, au contraire, faire voire clairement que ce n’est pas un poids, mais ce sont des ailes » (Benoît XVI).

On ne méditera jamais ce mystère qui est au cœur de la foi chrétienne : Dieu ne nous a pas donné un livre, un catalogue de préceptes à respecter, une morale mais il est venu vivre avec nous l’expérience de la vie, « une simple vie humaine que rien d’extraordinaire ne distingue, une vie d’ouvrier et de prédicateur qui s’achève dans la pauvreté et l’ignominie. Rien dont la grande histoire eût pris connaissance. Un homme seulement. » (Hans Urs von Balthazar)

LA QUESTION DE LA RELIGION

 · Beaucoup avait prédit comme inéluctable la disparition des religions, ou proclamé sous une forme ou sous une autre, comme Friedrich Nietzsche, la « mort de Dieu ». Là où Karl Marx annonçait une société heureuse -« la religion est l’opium du peuple »-, il a été édifié l’oppression effective, l’accablement policier permanent et la misère économique. Là où la propagande vantait la justice, la liberté, le souci de l’homme et du travailleur, la démocratie, le citoyen constatait le mépris affiché par la nomenklatura, la corruption et l’inefficacité économique. Tout se passait comme si l’on affichait d’autant plus des valeurs que l’on bafouait dans le même temps.

· Selon certains, la religion serait désormais reconnue comme un tissu de superstitions et tomberait dans les poubelles de l’Histoire. La religion serait source de contraintes, d’oppression, d’intolérance et de haine. On annonçait le règne de l’athéisme, mais c’est la prolifération des sectes qui est venue ainsi que les groupements d’inspiration ésotérique, les pratiques orientales, ou le recours à l’astrologie.

· La religion est morte, répétait-on encore il y a quelques années en visant le christianisme. Mais qu’y a-t-il dans les vitrines, sur les affiches, dans les médias ? Des objets offerts pour que nous les achetions : image du désir et des dieux de l’homme. L’homme se laisse acheter par de l’argent, pour avoir de l’argent et pouvoir acheter d’autres choses. On divinise la voiture en la parant de forces symboliques. On justifie la volonté de puissance et de domination sous couvert de sport ou du spectacle de la violence permanent sur nos écrans. Et que dire du culte des pseudo-vedettes, ces dieux de l’éphémère ?

· Des ethnologues et sociologues de renom ont montré comment la religion était souvent la forme sacrée qui cautionnait, assurait la cohérence d’une société et régulait son fonctionnement.

LA QUESTION DE L’EGLISE

· L’Eglise ce n’est pas en premier l’Institution, c’est le Peuple de Dieu avec sa force et ses faiblesses, c’est l’assemblée. Les prêtres ne sont pas l’Eglise, seuls. L’Eglise assume donc son Histoire, celle des hommes qui la compose avec leurs manquements et leurs horreurs. « On peut beaucoup critiquer l’Eglise avec ses fautes et ses faiblesses, comme toute famille humaine. » (Benoit XVI) mais « L’Eglise est sainte, ses membres sont pêcheurs. » (Benoît Delabre)

. On ne peut être croyant seul : on a besoin d’une communauté ordonnée. Etre chrétien, c’est une expérience qui donne de l’ampleur mais qui donne surtout une communauté. Comme chrétiens, nous ne sommes jamais seuls. Certes, l’Eglise se présente comme une institution hiérarchisée, et une telle structure ne peut pas ne pas heurter les moeurs démocratiques. L’Eglise est souvent réduite à quelques clichés négatifs dans l’oubli massif de pans entiers qui ont marqué notre société : François d’Assise, Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Thérésa de Calcutta, l’Abbé Pierre....

· Comme une société a besoin de boucs émissaires (René Girard) et comme nombre d’anciens gauchistes, très présents dans le monde du pouvoir, n’ont plus le repoussoir qu’a longtemps constitué un capitalisme dont ils s’accommodent fort bien, le catholicisme fournit un substitut parfait : l’Eglise n’est-elle pas ce bouc émissaire idéal qu’on peut charger de bien des crimes passés, qui de surcroît représente la chose la plus insupportable : incarner des références morales incompatibles avec les complaisances individualistes et permissives dominantes. · « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » (Matthieu 16,18). L’Eglise est envoyée non pour exercer un pouvoir, ni pour se faire courtiser. Pas même pour construire des églises ou multiplier les prières. Pour témoigner.

· Or, l’enseignement de l’Eglise est un trésor, si l’on sait l’approfondir et ne pas rester « en surface » de la pensée unique et médiatique. Elle est « force de l’espérance », habitée par une conviction simple selon laquelle l’avenir a un visage.

Prenons un exemple : sa Doctrine Sociale avec les encycliques des Papes Léon XIII (1891 Rerum Novarum) et Jean Paul II (1991 Centesimus Annus).

Que disent les Papes depuis plus de cent ans sur les relations dans le monde du travail ?

« L'homme s'exprime et se réalise dans son activité laborieuse. Il a le droit de créer des associations professionnelles (syndicats) avec pour objectif une honnête discussion fondée sur la recherche de la justice.

L’homme doit défendre ses droits à la limitation des heures de travail, au repos légitime et à une différence de traitement pour les enfants et les femmes, à la nécessité du repos dominical, à une juste conception de la personne humaine, de sa valeur unique.

Plus que jamais aujourd'hui, travailler, c'est travailler avec les autres et travailler pour les autres : c'est faire quelque chose pour quelqu'un.

Le rôle du profit est pertinent comme indicateur du bon fonctionnement de l'entreprise, mais il peut arriver que les comptes économiques soient satisfaisants et qu'en même temps les hommes qui constituent le patrimoine le plus précieux de l'entreprise soient humiliés et offensés dans leur dignité. Non seulement cela est moralement inadmissible, mais cela ne peut pas ne pas entraîner par la suite des conséquences négatives même pour l'efficacité économique de l'entreprise.

Il n'est pas mauvais de vouloir vivre mieux, mais ce qui est mauvais, c'est le style de vie qui prétend être meilleur quand il est orienté vers l'avoir et non vers l’être, et quand on veut avoir plus, non pour être plus, mais pour consommer l'existence avec une jouissance qui est à elle-même sa fin. La production et la consommation des marchandises finissent par occuper le centre de la vie sociale et deviennent la seule valeur de la société.

Les vraies valeurs sont la solidarité, la subsidiarité, le respect de la personne humaine, le respect du bien commun ; mais aussi l’ardeur au travail, l’attention aux autres, la persévérance, le goût du travail en équipe, la bonne entente entre les générations, le souci des plus faibles.

L'homme ne peut pas être libre s'il se préoccupe seulement de l'avoir et de la jouissance, au point de n’être plus capable de dominer ses instincts et ses passions, ni de les unifier ou de les maîtriser par l'obéissance à la vérité. L'obéissance à la vérité est pour lui la condition première de la liberté et lui permet d'ordonner ses besoins, ses désirs et les manières de les satisfaire suivant une juste hiérarchie, de telle sorte que la possession des choses soit pour lui un moyen de grandir.

L'homme doit être situé au centre de la société.

Chacun est une personne unique et exceptionnelle.

Mais pour connaître l'homme, l'homme vrai, l'homme intégral, il faut connaître Dieu. »

Il convient de noter que la CGT a été fondée en 1895, soit 4 ans après la publication de « Rerum Novarum ».

· L’autorité papale est la seule capable de résister aux sirènes d’une société sans Dieu, notamment dans l’affirmation et la promotion de la valeur de la vie. Ainsi l’encyclique de Jean Paul II « Splendeur de la Vérité » remet en cause la pensée moderne.

Et si cette voix-là se taisait, qui rappellerait certaines valeurs, qui inviterait à certains dépassements, essentiels pour la survie même de l’humanité ?

LA QUESTION DES CHRETIENS

Qu’est-ce qu’un Chrétien ? Quelqu’un qui s’inspire de la vie du Christ. Etre chrétien, c’est reconnaître qu’avec la venue en notre histoire de Jésus, un événement décisif s’est produit en notre humanité.

Mais qui est le Christ ?
« Le non-conformiste le plus engagé du monde. » (Martin Luther King)

· Quelqu’un qui prie. On est frappé, quand on lit l’Evangile d’un bout à l’autre par la fréquence avec laquelle les évangélistes disent de Jésus qu’il est en prière, surtout aux moments décisifs, lorsqu’il doit faire des choix, au moment de l’appel, au moment de sa montée vers Jérusalem : Jésus est en prière. Lui, le Fils de Dieu, sur la Croix, il crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 16). Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus prie 10 fois. Vrai Dieu et vrai Homme : Dieu prie. La prière décentre vers l’espérance d’un Autre, vers Dieu et vers les autres. Elle permet une prise de distance par rapport à soi-même et à sa souffrance.

· Quelqu’un qui écoute. Une écoute attentive, active. Ecouter au point d’être plus proche de la détresse, des doutes, de la révolte, de l’indifférence, voir d’un refus de s’exprimer. Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus répond 69 fois à des questions. Parfois, il réplique, il riposte.

· Quelqu’un qui s’engage. Il a été condamné à cause des choix qu’il avait posé dans sa vie, à cause des solidarités qu’il avait tissées avec les pécheurs, les exclus. Il est mort à l’issue d’un procès, condamné tout autant par le pouvoir politique que par le pouvoir religieux. Il s’était engagé auprès des pauvres, des aveugles, des prostituées, des petits, des pêcheurs, contre les marchands du Temple. Il n’a jamais été du côté des puissants. Il était né dans une étable, faute de place. Il vivait « détaché de l’argent ». Il fut acclamé par le Peuple. Il fut condamné par les Prêtres. Roi de dérision couronné d’épines, objet d’infamies et d’insultes, il souffrit beaucoup. Il s’est engagé jusqu'à la Croix. Il meurt quasi totalement abandonné.

Le silence fait autour de l’héroïsme actuel de nombre de chrétiens est significatif. Beaucoup, aujourd’hui même, tombent victimes de leur combat pour la justice en bien des pays du monde. Ils donnent bel et bien leur vie en faveur de la justice et pour la cause des plus pauvres.

Ils défendent pied à pied la cause de la dignité de l’homme.

LA CHARTE DU BONHEUR

Le chrétien ne ferme pas les yeux devant le malheur pour se retrancher dans une vision chimérique du bonheur.

« Le bonheur que vous cherchez, le bonheur auquel vous avez droit de goûter a un nom, un visage : celui de Jésus de Nazareth. » (Benoît XVI)

Pour commencer son enseignement, Jésus utilise 9 fois le mot « Bienheureux » ! Il décrit le visage d’un homme heureux et semeur de bonheur. Il ouvre le chemin de la vérité, de la liberté et du salut. Le mot de Jésus, en hébreu, veut dire « salut ».

Mais sauvés de quoi ?

Le salut se présente comme la proposition d’un sens : sens de la vie, sens de l’existence, sens de la mort.

Là où beaucoup d’hommes cherchent à tâtons ce qui peut éclairer leur destin individuel ou collectif, là où d’autres s’exaspèrent ou désespèrent, la foi apporte une lumière et une direction, elle fait une proposition à un homme qui est libre.

Elle montre « l’étoile qui indique le chemin dans la nuit, la voix qui incite à écouter et partager, la main qui guide et aide à se relever, l’oreille à qui l’on peut se confier, le phare qui dans la tempête indique le port. » (Henri de Castries PDG d’AXA)

Dire qu’il y a un salut est dire que la vie ne va ni à l’absurde, ni au néant : voilà l’enjeu le plus élevé de la foi chrétienne. Le croyant le découvre au fur et à mesure qu’il approche du mystère.

Chaque homme décide pour lui-même, dans sa raison et son intelligence critique, de ce qui peut donner signification et orientation à son existence, et donc à son agir. « On n’existe toujours que dans ce qu’on a compris.» (Soren Kierkegaard)

La leçon est claire et logique : efforçons nous de comprendre d’avantage pour exister mieux. Exister vraiment ne va pas sans comprendre ce qu’on fait, ce qu’on vit, et quel sens on peut donner à tout cela, sachant que « la seule chose devant laquelle Dieu s’arrête, c’est la liberté de l’homme. » (Edith Stein)

Connaître l’enjeu de la vie, comment être homme, comment construire l’avenir. A la lumière de ce témoignage, qu’il est difficile d’être Chrétien ! Peut-être même impossible.

Pourtant il est bon de croire, car « Entre l’absurde et le mystère, je choisis le Mystère. » (Jean Guitton)

« Courage ! Nous allons tous vers le Christ. » (Roger Berg)

Bernard ROMAIN
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