11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 02:00

PETITE ANTHROPOLOGIE DE LA SOCIÉTÉ FRANCAISE (1)


Vous trouverez ci-dessous une synthèse des articles que j’ai déjà publiés sur notre société contemporaine, sur le monde qui nous entoure.

Ce monde qui se présente comme un grand chantier, ce monde où se mettent en application les découvertes des sciences, les progrès de la civilisation, ce monde est incapable de rendre l’homme vraiment heureux.

Autour de nous, de nombreuses personnes se plaignent de plus en plus de mal-être, de souffrance, d’épuisement.

L’origine de ce malaise vient que nous nous reposons pour résoudre nos difficultés sur nos propres forces. Comme si on pouvait à soi seul, faire face à l’immensité de sa tâche.

Il me semble également qu’aujourd’hui, c’est le sentiment de n’être pas reconnus, de n’être comptés pour rien qui fait désespérer beaucoup de gens.

Dans cette anthropologie de la société française, nous tenterons d’analyser les causes de ce malaise.

Certains articles peuvent paraître redondants, mais ils ont été rédigés sur un an, en fonction de l’actualité : le lecteur voudra bien me pardonner.


L’ORIGINE DE LA CRISE


À gauche comme à droite, on réclame un droit d’inventaire sur les conséquences de Mai 68. Même si nombre d’historiens reconnaissent que l’évolution de la société était en germe bien avant cette année-là.

En soi, il n’y a rien eu de spectaculaire, mais l’événement a provoqué une rupture de civilisation dont on n’a pas réalisé la portée exacte.

La France des valeurs a bel et bien été bouleversée depuis le début des années 1970.

Les événements de 68 ont été un moment fort pour l’affirmation de l’individualité comme principe de valeur.

Cette volonté d’autonomie s’est accompagnée d’une dimension anti-morale, anti­juridique, la morale et le droit étant considérés comme des appareils répressifs. 

De là, toutes les structures hiérarchiques, des partis politiques à l’État, de la famille à l’école, ont été contestées.

L’autorité ne devait plus s’exercer de manière absolue mais être débattue, expliquée.

Le temps où les individus avaient un destin fixé par leur appartenance a été remis en cause, que ce soit l’appartenance à une classe, à une famille, à une collectivité ou à une nation.

Les citoyens commencent alors à prendre leur distance avec les partis politiques et les syndicats.

À l’école, l’élève devient partie prenante dans la pédagogie. La dimension de la parole devient prédominante, d’où cette interrogation de nombreux pédagogues sur la possibilité d’une transmission du savoir.

Dans la famille, les relations parents - enfants sont également bouleversées. L’autorité se « négocie ».

Par ailleurs, l’individualisme et l’autonomie revendiqués facilitent le développement de phénomènes sociaux, du divorce à l’union libre, avec une libéralisation de la contraception et l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse.

Beaucoup de scénarios de liberté bien comprise se sont transformés en scénarios de laisser-faire.

Autre conséquence indirecte de l’affaiblissement des liens sociaux : la disparition progressive des rites d’initiation, indispensables pour que les individus puissent se repérer par rapport au groupe. Des rites pris comme des signes d’embrigadement.
En réalité, ils avaient comme but de signifier aux individus à quel groupe, à quelle société ils appartenaient et quelle y était leur place. Ces rites pouvaient être religieux (communions), sociaux ( scouts et autres mouvements de jeunesse), civils (distribution des prix, mariages.)

Sans ces rites, il n’y a pas de repères. Et dans les quartiers difficiles, les jeunes en difficulté expriment toujours leur sentiment d’être perdus dans un monde sans repères. 

Pour autant, 1968 est-il responsable de tous les maux ?

Pour nombre d’observateurs, il n’est qu’un moment, une « fusée éclairante », ou encore accélérateur d’une évolution bien plus longue.

En outre, la dégradation de la conjoncture économique qui se dessine à partir de 1975 va radicalement transformer les conséquences de 1968.

La crise culturelle va s’enchaîner avec la crise économique.

La fragilité existentielle, la désocialisation, tout n’aurait pas pris une telle dimension sans ce nouveau contexte.





UNE SOCIETE EN PERTE DE SENS


Il y a dans le système actuel une absence de finalité, un monde qui va imploser par absence de sens. Faut-il s’étonner de rencontrer de plus en plus de personnes angoissées, en détresse, en mal de reconnaissance et qui n’ont plus confiance en eux-mêmes et dans les autres ?

Dans quel monde, sommes nous entraînés ? Sur quelle planète dévastée, dénuée de sens ?

Ou trouver une paix, une profondeur, tout ce que n’a pas cette société dans laquelle nous vivons ?

La société dans laquelle nous vivons n’est - elle pas minée par l’indifférentisme, l’hédonisme, le matérialisme, le consumérisme et surtout le relativisme ?

Le relativisme est devenu le plus grand mal de la société. Si tout se vaut, il n’y a plus de vérité, l’individu est sa propre référence, la morale est fluctuante et la vie n’a plus de sens.

Les valeurs qui ont fait le génie de l’Europe ne sont elles pas dépréciées : le respect de l’autre, l’égalité en droit, le pluralisme culturel et politique, le pardon aux ennemis ? 

A l’opposé de ces valeurs, il ne faut jamais oublier que le nazisme et le communisme visaient à construire des sociétés sans transcendance - le « surhomme »-, et qui, en fait, ont conduit à la Shoah et au Goulag.

Dans notre société devenue agnostique et matérialiste, menacée par la drogue et le terrorisme, l’absence de valeurs ne peut-elle pas  entraîner la désintégration de l’homme lui-même ?

Nous voyons bien les limites de ce monde, du chacun pour soi, de l’ambition, de l’avoir, de la jouissance, de la peur, du pouvoir, du manque de respect.

Lorsque le nihilisme, l’indifférence aux autres, l’utilitarisme, le matérialisme et le relativisme éthique gouvernent une société, la vie elle-même n’est elle pas gravement en péril ?

Le relativisme, qui ne reconnaît rien de définitif, donne comme mesure ultime son propre ego et ses désirs.

Combien d’orgueil et d’autosuffisance autour de nous ?

Le rejet des valeurs intangibles ne peut-elle pas conduire à l’autodestruction de la conscience ?

Notre société semble avoir une étrange aversion de l’avenir. Elle s’est vidée de l’intérieur.

Une société d’infidélités croissantes, car plus personne ne supporte les liens imposés, l’autorité, l’obéissance.

Ne va-t-elle pas à sa perte ?


UNE SOCIETE EN MANQUE DE REPERES


Notre Société est en manque de repères : elle cherche sa route ; une société où il est tentant de privilégier l’immédiat et le fragmentaire ; une société tentée par le prestige et la publicité, la puissance et le pouvoir ; une société où se développe un sentiment largement partagé d’une profonde impuissance à résoudre les problèmes lancinants qui l’assaille ; une société qui n’a pas la faculté de donner un bonheur absolu.

Nous assistons à une sorte de démoralisation généralisée, source de beaucoup de désarroi et de souffrances, une crise sociale due au vide de sens, à la perte des valeurs et à la morosité générale.

Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il existe un « déficit de sens ». Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui sont sans avenir professionnel, ceux qui sont marqués par la solitude et le mal de vivre, ceux qui voient leur couple se briser, ceux qui vont se noyer dans des paradis artificiels.

Il y a péril !

Comment se fait-il qu’on en soit si peu conscient ?

Les hommes cherchent le bonheur, mais le plus grand malheur vient de ce qu’ils ne font pas reposer leurs espoirs de bonheur là où il le faudrait. Tout repose sur la possession, le plaisir et le pouvoir. Mais la vraie vie est ailleurs.

Nous vivons dans un monde moderne de plus en plus artificiel où l’homme a été transformé en machine à gagner de l’argent pour assouvir de faux besoins, pour de fausses joies. L’homme se laisse avoir par ce qu’il possède alors que son premier besoin est d’être estimé et reconnu.

Le monde ne peut délivrer l’homme de la souffrance (maladies, épidémies, catastrophes) et encore moins de la mort. La douleur, spécialement la douleur physique, est largement répandue dans le monde des animaux. Mais seul l’homme, en souffrant, sait qu’il souffre et se demande pour quelle raison.

Face à la souffrance, la raison n’apporte aucune explication satisfaisante. Le monde peut perfectionner ses techniques thérapeutiques en différents domaines, il demeure finalement impuissant à délivrer l’homme de la mort. L’homme paraît seul devant l’absurdité de la mort, qui reste déconcertante, révoltante, incompréhensible. Devant le mystère de la mort, l’homme est impuissant. Pourtant nous ne sommes pas nés pour mourir.

Malgré les dernières découvertes scientifiques, il y a toujours quelque chose qui échappe aux chercheurs. L’origine de l’univers nous échappe toujours. Plus nous avançons dans les découvertes, plus nous observons une complexification croissante. La création du monde et la théorie du Big Bang en sont un exemple.

Dans les sciences, il n’y a de vérité que provisoire.

Avec la mondialisation, la crise profonde des systèmes d’éducation, le sida, la pollution, le sang contaminé, la vache folle, les catastrophes climatiques.... se dissipe l’illusion que les progrès scientifiques parviendraient pour l’essentiel à améliorer la condition humaine.


UNE SOCIETE QUI A PEUR DE L’AVENIR


On peut, par exemple, citer la plus fameuse peinture de Gauguin qui s’intitule :

D’ou venons nous ? Qui sommes nous ? Où allons nous ?

Elle date de 1897 et c’est le testament du peintre, avant qu’il tente de se donner la mort, l’année suivante. Il avait fui l’Occident pour chercher un paradis à Tahiti, mais Tahiti était déjà abîmé. En 1891, il s’en alla plus loin encore, aux Marquises, mais l’administration coloniale l’avait précédé. Il n’y avait plus de paradis et il était au désespoir.
 
Et pourtant, plus prêt de nous, à la fin des années 1960, l’avenir semblait magnifiquement prometteur.

Comme l’écrivait Dickens, « le temps s’écoule vers sa fin et le monde, pour l’essentiel, devient meilleur, plus aimable, plus tolérant et plus encourageant ». On avait confiance en l ‘avenir.

Mais cette confiance est presque entièrement anéantie.

Après mai 68, curieusement une des étapes de cette perte de confiance a été la chute du mur de Berlin en 1989. L’histoire s’est terminée pour beaucoup. Le rêve d’une transformation radicale de l’humanité s’est dissipée.

En dépit d’un accroissement de la richesse de beaucoup de nos concitoyens, on observe une dépression collective.

Nous voyons la violence augmenter dans nos villes mais aussi dans les campagnes, l’usage de la drogue se répandre notamment chez les jeunes, et dans le monde qui nous entoure, une inégalité croissante entre riches et pauvres, une aggravation de l’épidémie du sida, la menace d’un désastre écologique et, par dessus tout, la montée du terrorisme.

Privée de promesse d’avenir, que peut notre génération du tout, tout de suite, sinon vivre dans l’immédiat ?

La croyance moderne en notre capacité à rendre le monde meilleur s’affaiblit. Le présent est notre nouvel horizon, notre port, notre refuge dans l’océan du temps.
Le seul rôle que nous, les hommes, pouvons jouer serait-il négatif, en suscitant un désastre écologique par notre avidité ?

L’espérance de nos ancêtres était confortée par l’optimisme de la société. La société se croyait sur la route d’un avenir splendide du point de vue matériel.

La société actuelle est passionnante, foisonnante des évolutions qui n’ont jamais connu une telle intensité. On ne cesse de découvrir des choses nouvelles, on peut aller toujours plus vite et plus loin. Si l’on compare la situation actuelle en France avec celle du 19ème siècle par exemple, il est évident que la qualité de la vie a atteint un niveau incomparablement plus élevé et cela est très positif. On a des possibilités immenses en matière de loisirs et de vie intellectuelle. On se sent parfois très heureux, mais il n’est pas sur que cela ouvre obligatoirement au véritable sens des choses.

Parallèlement, notre société confine souvent les uns et les autres dans un individualisme inquiétant. L’individu est roi et, de ce fait, le tissus social est éprouvé : le milieu professionnel est très dur, le réseau associatif riche mais de portée communautaire limitée et la cohérence de la famille de plus en plus perturbée. Il faut se débrouiller tout seul pour trouver sa vérité, pour s’affronter aux autres, pour être le meilleur ! !

Nos contemporains souffrent souvent, et par la force des choses, de changements rapides qui peuvent être source de profonde déstabilisation. La perception historique est très chahutée par la rapidité de ces évolutions tant au niveau des faits que des mentalités.

Au 20ème siècle, la conscience individuelle a fortement progressé. L’aspect positif de cette évolution, c’est l’émergence d’un sujet libre, mais l’aspect négatif, c’est le risque d’enfermement sur soi, d’isolement à l’intérieur d’un groupe, voire d’angoisse. Or tout homme ou toute femme n’est heureux que dans la mesure où il peut éviter le repli sur lui-même et vivre des relations ouvertes avec les autres. Toute source de repli génère toujours beaucoup d’insatisfaction. 

Nous sommes également aux prises avec la logique économique et commerciale ambiante. Nous vivons des transformations radicales. Nous sommes témoins et nous participons à des mutations profondes qui nous engagent à imaginer du nouveau. Les fondements structurels de notre société sont profondément troublés. Deux tendances majeures se dessinent : l’impérialisme de l’économique et du bien-être matériel, et la prééminence du plaisir immédiat qui enfuit le sens. Or, la puissance de l’argent et l’idéal d’une consommation toujours accrue ne sont sûrement pas des valeurs motrices.

De plus en plus de personnes sont traumatisées par la vie et par le désordre ambiant. Cela se manifeste par un énorme besoin d’être reconnu.

Dans l’avenir, nous serons confrontés à des questions de fond et il sera nécessaire de posséder des références fiables et des valeurs profondes.

Les germes de mort semblent partout présents dans notre société. Un nuage de mélancolie s’étend autour de nous. Il y a un contraste énorme entre les formidables conditions de sécurité que nous vivons - augmentation de  notre espérance de vie,  progrès foudroyants de l’efficacité de la médecine - et l’angoisse qui se répend. Nos compatriotes semblent perdus et désorientés. Pourquoi ?

Nos sommes face à une véritable entreprise de démolition de toutes les valeurs faisant appel au devoir, à l’effort collectif, au respect de soi et au respect des autres.

Aujourd’hui, rares sont ceux prêts à tout donner sans rien demander.

Le travail n’est plus considéré comme la seule et unique source d’enrichissement et d’ascension sociale, la valeur fondatrice de la société.

L’individualisme, le règne de l’argent, le chacun pour soi : une société où seuls les loisirs comptent et détournent beaucoup d’entre nous des valeurs d’effort et de réflexion ; une société qui se contente d’être matérialiste, d’où l’esprit est absent et qui donne comme but suprême l’accumulation rapide et immédiate de biens de toutes sortes ; une société où l’acte de vie le plus important est l’acte d’achat ; une société qui perd ses racines et une partie de son âme ; une société où on ne peut plus parier sur l’avenir, croire au progrès, à l’amélioration progressive du plus grand nombre.

Débarrassé de ses racines, l’homme actuel devient seul, seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation, seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais.

Désormais seul esprit de l’univers, l’homme perd donc les repères, le Repère, qui lui permettent d’établir une échelle de valeurs, des règles de conduite morale. Or, un homme se juge d’abord et avant tout par la valeur de son comportement quotidien, par sa capacité à l’effort et au dépassement de lui-même.

Nous assistons à une crise anthropologique sans précédent. C’est l’homme comme tel qui devient nouveau, tel qu’il appartient à la planète, tel qu’il se situe en rapport avec son environnement social et naturel. Est nouveau le rapport de l’homme à ces réalités fondamentales que sont le corps, la terre et bien sûr la mort.

L’homme change aujourd’hui d’une façon fondamentale, sans que cela se voie. Nous vivons aujourd’hui une coupure aussi importante que le début de la modernité. Tout se trouve en crise : l’enseignement, le religieux, nos appartenances, nos valeurs...

Il fut un temps où l’homme croyait au progrès.

Il fut un temps où l’homme croyait que la connaissance servirait son progrès personnel.

Il fut un temps où l’homme croyait que la science travaillait à sa libération.

Deux guerres mondiales plus tard, le progrès devint économique. C’était l’époque de l’expansion.

Avec la chute du mur de Berlin, le libéralisme sortit - heureusement - vainqueur mais oubliait parfois que certaines limites sont des garde-fous.

S’ouvrit alors l’ère de la déraison.

Tout ce qu’il est possible de réaliser sera réalisé ; surtout le pire, plaisir oblige.

Nul besoin de valeurs désormais pour agir, les principes entravant l’action.

Le nihilisme s’impose enfin, catalyseur de l’action, et, le devenir étant sans but, ne reste que le présent qu’il faut bien sacraliser.

C’est la victoire du matérialisme, mystique de la régression.

Victoire du postmodernisme où le sens ne semble plus nécessaire.

Dissolution de toute sagesse.

Victoire d’un semblant de liberté où la folie devient la dernière conquête de l’homme.


UNE SOCIETE OU LA CONSOMMATION PRIME
 

Que l’on vende ceci ou cela, peu importe. Si le marché, étudié, veut ce gadget, il s’agit d’investir assez tôt et assez largement de ce côté là.

C’est le grand jeu de la société moderne.

Pour que la vente marche, l’obligation est d’acheter.

Que demande-t-on aux Français à l’heure actuelle ? et en ne cherchant que leur bien, n’en doutons pas.

De consommer plus.

Consommer plus pour que la machine produise plus. Faire tourner le manège de la marchandise inutile plus vite et plus fort.

Le sport national actuellement est de revendre sur le net les cadeaux reçus car superflus.

Ce perpétuel besoin du toujours plus engendre une incessante lassitude, un mal-être généralisé.

Que l’on vende ceci ou cela, peu importe. Si le marché, étudié, veut ce gadget, il s’agit d’investir assez tôt et assez largement de ce côté là.

C’est le grand jeu de la société moderne.

Pour que la vente marche, l’obligation est d’acheter.

Que demande-t-on aux Français à l’heure actuelle ? et en ne cherchant que leur bien, n’en doutons pas.

De consommer plus.

Consommer plus pour que la machine produise plus. Faire tourner le manège de la marchandise inutile plus vite et plus fort.

La publicité, les marques sont partout.

La consommation a fait éclater les anciens repères de l’espace - temps : on consomme à toute heure dans les aéroports, les gares, sans parler du développement du cybercommerce qui permet d’acheter à tout moment de tout, toute l’année.

Il n’y plus de limite dans l’espace et dans le temps.

Une culture qui ne prône que le « toujours plus » ne peut que se heurter à des limites objectives. Cette civilisation consumériste, si elle apporte des satisfactions, comporte une face noire, à savoir l’aliénation aux objets.

Le philosophe André Comte-Sponville souligne qu’une société qui n’aurait que des supermarchés à offrir à offrir à des jeunes aurait vraisemblablement son avenir derrière elle.

Il faut parler de la misère intérieure et psychologique dont témoignent les dépressions, les anxiétés, la morosité générale, la fragilisation des personnes.

Si cette civilisation renforce l’économie - ce qui est un bien -, elle affaiblit les personnes.

Un tel modèle qui pose la quête du bonheur consumériste comme l’épicentre de la vie ne durera pas éternellement.

Un jour viendra où il y aura un retournement.

La discipline sur soi, le rapport au collectif miné par l’individualisme, la quête de sens, la construction de sa propre personne, tout cela montre bien que la consommation n’est qu’une partie de la vie.

Aujourd’hui notre société a donné à la consommation une part excessive. Certes, il ne faut pas diaboliser la consommation parce qu’on a besoin d’un peu de légèreté, mais à condition qu’elle n’envahisse pas tout : l’être humain n’est pas uniquement un objet de consommation.

Il y a globalement moins de misère matérielle, mais davantage de misère psychologique et de frustration, parce que les valeurs de la civilisation consumériste ont été absorbées par tout le monde.

Or, le réel, lui, demeure toujours plus dur et exigeant.

Il y a une impasse à l’hédonisme. On ne peut pas construire une société avec la jouissance comme seul horizon, parce que l’homme a aussi pour vocation à se dépasser.

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Relations Humaines

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les Hommes.

Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."


                                                                                                                                       Antoine de Saint- Exupéry 

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