22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 01:00
MENACE SUR LE LIEN SOCIAL









La banalisation actuelle de l’incivilité est révélatrice de l’effacement d’un consensus qui disciplinait les énergies et les soumettait au respect des règles unanimement acceptées. C’est la satisfaction des aspirations personnelles qui est aujourd’hui un impératif catégorique. Ce renversement de la hiérarchie des normes remet en question l’appartenance à une collectivité et menace le lien social.


Ce mouvement présente la libération des moeurs comme un progrès et fait de l’affranchissement des contraintes de la morale traditionnelle le test de la modernité.

Au cours des années 1960 (1968 ?), s’est produite une sorte de cassure dans la transmission de l’héritage : tout un patrimoine de souvenirs historiques, de références littéraires, de convictions, d’habitudes de vie, qui passait de génération en génération et qui tissait entre elles une continuité, est soudain devenu comme une langue étrangère ou une langue morte. 

La sacralisation de la modernité et, corrélativement, la disqualification qui frappe ipso facto tout ce qui est tradition ; le seul fait de qualifier de traditionnel, par exemple, le mariage suffit à le relativiser et à le rendre obsolète. Sans qu’on songe jamais à s’interroger sur les raisons objectives qui justifieraient la supériorité présumée de l’innovation sur la fidélité aux usages.

· LA FAMILLE

On ne mesure pas assez les évolutions qui se passent sous nos yeux : la famille de demain ressemblera de moins en moins au modèle « papa - maman - enfants ».

Voué à disparaître ce schéma sera remplacé par des foyers recomposés, parfois plusieurs fois. Le couple lui-même ne suivra plus une norme fixée par la bonne morale ou par une exigence sociale et religieuse. Chacun fera au contraire ce qui sera bon pour sa personne. On trouvera des ménages stables mais ne partageant pas le même toit, ou d’autres vivant dans le même appartement mais de manière très indépendante, avec d’avantage de sphères d’autonomie. Finis, le lit conjugal, la baignoire commune. Ils prendront même de moins en moins leurs repas ensemble, chacun ayant à cœur de s’adonner à ses activités personnelles ou professionnelles.

Cette individualisation croissante ne va pas aller sans heurts. Alors qu’ils sont de plus en plus stressés par leur avenir, les enfants trouveront moins de réconfort et de repères dans ces familles à géométrie variable, ce qui risque de les fragiliser.

La nouvelle organisation des foyers influera aussi sur l’ensemble de la vie sociale : chacun voudra se construire son propre univers, la société va se fragmenter. Les individus auront besoin de se regrouper en microcommunautés autour de leurs passions personnelles. Paradoxalement, pour éviter de vivre dans ne société totalement atomisée, nos jeunes seront de plus en plus en quête d’un bien-être personnel.  



· L’EDUCATION

Des collèges jésuites du XVIè siècle aux lycées de la IIIè République, c’est l’enseignement qui a assuré la transmission du patrimoine culturel et la pérennité des valeurs morales qui fondaient le lien social.

Or, dans les années 1960, l’enseignement a subi de plein fouet les effets de l’esprit du temps et d’un nouveau conformisme, l’impact d’une critique radicale par une école sociologique qui a détruit la confiance de la société et sapé l’estime que les enseignants avaient pour leur métier. Ils pensaient travailler à la démocratisation et pour la promotion sociale ; on les assurait qu’ils concouraient à la reproduction d’une caste. Ils s’imaginaient diffuser des valeurs universelles : on leur démontraient qu’ils entretenaient des idées qui perpétuaient la domination d’une classe ; l‘institution s’en est trouvée déligitimée.

Avec ce doute sur l’universalité, nous touchons sans doute à la racine même de la crise qui affecte les valeurs sur lesquelles se fonde la cohésion du corps social ; si ces valeurs n’étaient que celles d’une classe sociale ou d’une civilisation particulière, sur quoi édifier un socle commun ?

Un mélange de suspicion et d’esprit critique fait aujourd’hui le fond de l’esprit public et règle toutes nos relations, par exemple avec la politique. Il n’encourage guère le citoyen à sacrifier ses aises, son confort à l’intérêt général ou à des valeurs réputées supérieures.

Dans ce contexte, qui pourra encore dire « J’ai reçu une éducation humaine solide, forte des valeurs de la famille comme le respect, la simplicité, la tendresse et le pardon ? »

Qui apprendra qu’il y a dans la vie, des choses qui se font et d’autres qui ne se font pas ?

Comment sera transmise l’exigence d’honnêteté, de vérité et d’esprit d’équipe ?

Qui expliquera la distance qui convient pour faire les choses sérieusement mais ne pas finir pas se prendre trop au sérieux ?

Qui répondra à la question : « Comment vivre dans le monde actuel ? »

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Relations Humaines

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les Hommes.

Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."


                                                                                                                                       Antoine de Saint- Exupéry 

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