MÉCANISMES DE LA CONFIANCE
Sans confiance en soi, rien n’est possible.
Ce n’est qu’ensuite qu’on peut aussi s’ouvrir aux autres, construire un espace de partage, bâtir avec autrui un projet commun.
Pourtant, la confiance en soi relève aussi de la capacité à créer des liens.
Pour cela, il faut pouvoir aussi croire aux autres, leur faire confiance et accepter le risque de la dépendance.
La confiance est fondamentale car, sans confiance, il serait difficile d’envisager l’existence même des relations.
Sans confiance, on ne pourrait même pas envisager l’avenir et chercher à bâtir un projet qui se développe dans le temps.
La confiance est liée à la nature même de l’existence humaine, au fait que nous ne sommes jamais complètement indépendants des autres et autosuffisants, même lorsque nous avons la possibilité d’atteindre un certain degré d’autonomie.
Il faut bien comprendre les mécanismes de la confiance.
Elle engendre des relations fortes où la dépendance et la fragilité se mêlent toujours à la possibilité d’une transformation de soi et à la découverte d’un autre rapport au monde.
Mais elle permet aussi d’établir un autre rapport au temps, notamment à l’avenir, en donnant la possibilité de croire que l’espace des possibles est toujours ouvert : à la différence de la peur qui porte chacun à s’enfermer à l’intérieur d’un univers clos, où rien n’est plus possible, la confiance permet de sortir de la paralysie et de contourner les obstacles.
Même si elle ne met pas à l’abri de la déception ou, pire encore, de la trahison – car le seul fait d’avoir confiance en quelqu’un implique que le bénéficiaire de la confiance peut exercer un certain pouvoir sur soi –, la confiance s’oppose directement aux impasses de la peur-panique que connaissent aujourd’hui beaucoup de personnes.
Le problème, en effet, est que notre société semble aujourd’hui clivée entre, d’une part, une valorisation de la toute-puissance de la volonté et, d’autre part, une peur obsédante de tout ce qui échappe, ou semble échapper, au contrôle.
D’un côté, on pense pouvoir tout maîtriser, au point de culpabiliser ceux qui échouent, le manque de contrôle étant l’indice d’une regrettable défaillance qu’il faut, tôt ou tard, corriger.
De l’autre, on craint l’irruption de l’inattendu : on a tellement peur du futur qu’on envisage toute sorte de comportements compulsifs destinés à neutraliser ce qu’on perçoit comme dangereux.
Mais les comportements compulsifs visant à combattre la peur ne font souvent qu’engendrer une angoisse encore plus grande.
Le mécanisme n’a alors de cesse de s’autoalimenter, dans une escalade progressive de la peur.
Dans un tel contexte, la confiance peut intervenir pour casser ce cercle vicieux, en réintroduisant dans le monde la possibilité de l’espoir, en poussant chacun à parier de nouveau sur soi-même, sur les autres et, plus généralement, sur l’avenir.
Voir également :
"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les
Hommes.
Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."
Antoine de Saint- Exupéry