L’HOMME AU TRAVAIL
Quel regard poser sur l’homme au travail ?
On peut reconnaître au travail une double dimension objective et subjective.
Le travail objectif est l’ensemble des activités et des techniques utilisées pour produire.
Au sens subjectif, le travail est l’agir de l’homme lui-même.
Or, c’est en tant que personne que l’homme est sujet de travail.
La dimension subjective du travail a donc la prééminence sur la dimension objective.
Le travail a une dignité particulière et ne peut être considéré comme un élément impersonnel de l’organisation du travail.
Bien plus, indépendamment de son contenu objectif, le travail doit être orienté vers le sujet qui l’accomplit, car le but du travail, de n’importe quel travail, demeure toujours l’homme.
On dit que « l’homme est au centre de l’entreprise ».
C’est heureux, mais de quel homme s’agit-il ?
Une simple force de travail intellectuel ou manuel, mécanique brillante sortie, par exemple, des plus grandes Ecoles, mais sans visage (et dans ce cas, la dimension objective du travail reste prééminente) ?
Ou celle d’un homme faillible, qui a droit à l’échec, d’un homme appelé à se réaliser à travers son travail, d’un homme dont le visage invite à un infini respect (Emanuel Levinas) ?
Là-dessus, les réponses varient beaucoup selon les cultures d’entreprise.
Mais des expressions telles que « gérer les ressources humaines », « embaucher des talents » (et non des personnes), ou « capital humain » laissent perplexe.
L’économie donne le primat au travail objectif et déploie à partir de là un imaginaire sur l’homme.
C’est inévitable et compréhensible : l’entreprise ne survit que si elle réussit économiquement et nous devons œuvrer pour cela.
Mais entendons cet appel à œuvrer pour que le travail soit, dans l’entreprise, un lieu d’une authentique croissance humaine.
Là est la source du succès de l’entreprise qui est d’abord économique.
Voir également :
"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les
Hommes.
Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."
Antoine de Saint- Exupéry