HOMME MODERNE
Au fond, l’homme moderne n’est pas heureux.
Dans nos pays privilégiés, combien de suicides de jeunes ? Et de
drogués ?
Combien fuient la réalité par tous les moyens possibles ?
Cette société court après le plaisir, mais elle est malheureuse.
Et ceux qui réfléchissent sont plus nombreux qu’on croit.
Ils disent une angoisse, une inquiétude face à cette civilisation technique dominante, où l’homme a l’orgueil
de vouloir se faire lui-même.
Grâce à la science, la raison humaine est toujours plus puissante mais aussi aveugle, car elle ne se pose
plus la question de son origine et de son destin.
En un peu plus d’un siècle, on est passé du rationalisme, d’une raison sûre d’elle-même, à la raison
hésitante et désespérée d’aujourd’hui.
L’homme moderne ne sait plus qui il est, d’où il vient et où il
va.
Dans la société de consommation, on est ce que l’on a.
Ce temps a perdu la clé de l’être.
Il ne répond plus au besoin d’un point ferme face à l’instabilité de la condition
humaine.
Vivre heureux sans certitudes, tel serait le projet d’une certaine modernité.
Comment l’homme peut-il renoncer à la valeur de vérité qui fonde toutes les autres, comme disait
Nietzsche ?
C’est le refus de la transcendance qui provoque la frustration de nos sociétés.
Elle seule peut libérer l’homme du doute qui le ronge, de son incapacité à vivre vraiment. Elle seule peut
lui permettre de parvenir à quelque chose d’absolu, d’ultime et de fondateur.
C’est peut-être cela dont notre monde tourmenté a le plus besoin.
"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les
Hommes.
Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."
Antoine de Saint- Exupéry