POUR UN MANAGEMENT ÉTHIQUE
Et si on parlait de management éthique ?
« En réalité les comportements honteux en entreprise ne sont pas plus nombreux qu’avant. Ce qui a changé, c’est le niveau de tolérance à la souffrance de la société, qui n’a jamais été aussi
faible et c’est tant mieux. »
Début 2008, dans le magazine « Les Enjeux » paraît un numéro spécial qui propose de répondre à la question :
« Peut-on manager sans perdre son âme ? »
L’article commence par une citation de Claude Lussac : « Certains cadres ont abdiqué tout sens de l’éthique, ou semblent même n’en avoir jamais eu […]
Ils peuvent avoir des valeurs dans la vie mais aucune dans le travail. »
En fait comme le soutient Gérard Layole, il y a une normalisation des actes indignes : les employés finissent par penser que « c’est normal puisque tout le monde le fait.»
Le comportement de justification de l’argument par le « tout le monde le fait » est moralement indésirable.
De telles pratiques causent des torts aux autres personnes et permettent simplement de déculpabiliser l’individu pour son comportement et peuvent même dans certain cas le pousser à
agir.
Manager avec éthique peut apparaitre contradictoire car la dimension personnelle est parfois à mettre entre parenthèse.
Par exemple, lorsque se présente des choix moralement difficiles, le manager doit se convaincre que ce n’est pas sa personne qui est en cause, mais sa fonction qui est en jeu.
Ceci ne doit pas être généralisé pour servir de justification à toutes sortes d’actes, mais dans certain cas des choix humainement difficiles sont incontournables à la santé d’une
entreprise.
La sincérité n’est pas une simple posture éthique, c’est aussi une façon d’être très pragmatique qui est aussi une question d’efficacité et assure la crédibilité des managers.
Les éléments éthiques de transparence et de crédibilité sont essentiels.
En fait : Ethique et efficacité sont indissociables, comme l’assure Louis Schweitzer l’ancien PDG de Renault et actuel président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l’égalité.)
Aujourd’hui, la plupart des entreprises disposent d’une charte d’éthique détaillant ce que l’on peut faire ou non, ce qui est une très bonne chose à condition que cela ne serve pas uniquement à
se donner bonne conscience.
Ici encore les entreprises ont une approche éthique de responsabilité ou d’intérêt et non de conviction.
Et si on arrêtait de conjuguer l’éthique au conditionnel ?
Louis Schweitzer affirme que : « Quelle que soit l’intensité de la concurrence, efficacité et éthique se rejoignent à long terme. »
Pour lui, l’axiome de base du management est que sur le long terme, s’écarter de l’éthique revient à renoncer à l’efficacité.
Plutôt que d’en parler, plutôt que d’en écrire et de refaire le monde en quelques lignes, il faut agir chacun à son niveau, chacun à sa façon, œuvrer dans le sens de l’éthique, choisir ses actes
en pleine conscience : au quotidien faire le choix qu’impose l’éthique.
Il n’y a pas de solution miracle.
Ou si peut-être : une solution miraculeuse qui passe par une prise de conscience personnelle de chacun qui se transformerait en prise de conscience collective ou l’inverse…
Voir également :
L’ethique au service du management On dit communément que pour motiver un salarié il faut mettre en évidence le gain qu’il peut escompter. On se fait plutôt une...
"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les
Hommes.
Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."
Antoine de Saint- Exupéry