AUSCHWITZ AU CŒUR
DE L’EUROPE
Auschwitz : on frémit à la pensée qu’un pareil malheur pourrait arriver de nouveau.
Car ce qui est arrivé ne fut pas seulement un accident.
Ce qui est arrivé met à nu la condition humaine.
Nous savons maintenant ce qui peut exister au cœur des sociétés.
Le pire, ce n’est pas seulement que des crimes ont été commis, mais que des hommes aient voulu se justifier de les avoir commis.
Ce siècle a été le premier à avoir mis au service de la mort programmée la rationalité administrative et scientifique.
La Shoah ne s’est pas produite dans des temps barbares, au temps des Huns.
Elle s’est produite dans l’Europe, après le XVIIIe siècle, après les Lumières.
Ce qui s’est passé en notre siècle clôt deux millénaires.
La Shoah est la fin d’une période.
C’est un jugement sur l’ensemble des nations occidentales.
L’Europe ne pourra jamais aborder la Shoah comme un événement quelconque de son histoire.
Elle a été pensée, préparée et mise en œuvre dans un pays qui se trouve au cœur de son histoire.
L’Europe ne pourra jamais oublier ni banaliser.
Personne n’a le droit de passer avec indifférence devant la tragédie de la Shoah.
Cette tentative de destruction systématique de tout le peuple juif reste comme une ombre sur l’Europe et sur le monde entier.
C’est un crime qui marque pour toujours l’histoire de l’humanité.
On ne peut pas ne pas s’interroger simultanément sur la nature de la Shoah et sur le fait qu’elle ait eu lieu en Europe,
dans un pays d’antique civilisation occidentale, berceau des plus grands philosophes.
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"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les
Hommes.
Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.
En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."
Antoine de Saint Exupéry