14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 04:09

GRANDEUR ET FINITUDE DE L’HOMME

 

 




Dans cette crise, que se passe-t-il ?

 

Que pourrait-il se passer ?

 

Que faire pour maîtriser et infléchir les évolutions en cours ou simplement s’y préparer ?

 

De tous temps, l’interrogation sur les mutations de la société et sur l’avenir qu’elles dessinent, n’a cessé d’être au cœur de la réflexion humaine.

 

L’homme a, par intelligence, vocation et capacité à les comprendre et à essayer de les prévoir ; il a, parce qu’il se veut libre, vocation et capacité à agir sur elles pour en obtenir le meilleur.

 

Il n’est pas seulement spectateur, bénéficiaire ou victime, mais aussi acteur, transformateur et, par là, artisan de l’avenir.

 

Voici la spécificité et la grandeur de la condition humaine : non pas seulement s’adapter à des mécanismes externes dans la seule logique de survivance, mais aussi comprendre ces mécanismes, les pénétrer, les maîtriser, et ainsi, s’approprier au moins en partie son destin, se forger au moins en partie son avenir. 

 

Cette ambition est particulièrement requise mais plus difficile à assumer dans les périodes de crise telles que celles que nous connaissons aujourd’hui.

 

Lorsque se marquent des changements rapides et importants, il est plus difficile de les comprendre, de les prévoir, d’agir efficacement sur eux.

 

Les repères s’estompent.

 

La vision de l’avenir se brouille et s’obscurcit.

 

L’homme a le sentiment d’être bousculé, écrasé, contraint de subir, incapable d’agir.

 

La tentation est grande de se replier dans la passivité résignée, la protestation formelle, la défense de l’acquis, l’enfermement individualiste et corporatiste.

 

Cette société qui change si fortement et si vite paraît trop complexe, trop étrange, trop étrangère pour que l’homme puisse nourrir l’ambition de la comprendre et de la maîtriser.

 

Dans cette culture de repli, il concentre son énergie sur les existences immédiates de la survie et la jouissance maximale de l’aujourd’hui. 

 

Il renonce à l’ambition de forger lui-même son avenir. 

 

Tel est bien le contexte actuel de mutations rapides et généralisées.

 

Les changements marquent l’économie : mondialisation, délocalisations, crise de la financiarisation…

 

Ils bousculent la vie sociale : inégalités accrues, chômage, exclusion, violence…

 

Ils mettent en question le politique : son efficacité, sa représentativité, son honnêteté, sa capacité de projet et de service du bien commun…

 

Ils se situent aussi plus profondément dans l’univers culturel des valeurs.

 

Ils s’accompagnent d’un renouvellement incessant des sciences et des techniques qui concerne toutes les dimensions du vécu, y compris les données les plus fondamentales de la condition humaine.

 

Ne soyons pas étonnés : face à cette société en crise, société complexe, mouvante et bousculante, la tentation du repli se durcit et se diffuse à l’échelle individuelle et collective.

 

Pourtant – et heureusement – les hommes restent les hommes et leurs aspirations à comprendre, prévoir, agir, à se saisir de leur destin, restent présentes et vigoureuses.

 

Ils n’ont pas renoncé à vouloir comprendre et maîtriser les évolutions en cours.

 

La tâche est rude.

 

La tentation de repli est forte et généralisée, mais beaucoup y résistent parce qu’ils sont convaincus qu’à travers ces mutations, les chances d’un avenir meilleur sont réelles, que l’Histoire n’est pas écrite d’avance, qu’aujourd’hui comme hier, elle sera ce qu’en feront les hommes dans leur ambition de s’approprier leur destin.

 

L’avenir est ouvert, en positif comme en négatif, riche de promesses comme de périls et il dépend en partie des hommes, de chaque homme.

 

« On n’élève pas de montagnes sans créer des abîmes » disait Teilhard de Chardin, et c’est bien ce sentiment que l’on éprouve face aux évolutions contemporaines : la crainte des abîmes et la chance des montagnes.

 

Et dans une telle conjoncture de crise, il importe tout d’abord de ne pas baisser les bras, de ne pas céder à la tentation de la résignation et du repli, de chercher d’autant plus intensément à mieux comprendre pour mieux agir.

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Published by ROMAIN BERNARD - dans bernard-romain
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Relations Humaines

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les Hommes.

Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."


                                                                                                                                       Antoine de Saint- Exupéry 

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