Jeudi 12 avril 2012
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NOTRE JEUNESSE
Les jeunes sont confrontés à un monde anxiogène qui fait face à des crises, à des menaces, à des risques de précarité, à des exigences qui vont parfois jusqu’à la pression en termes
technologiques, médiatiques et publicitaires.
Ils sont placés dans un monde où la visibilité du futur est faible.
Ils utilisent massivement l’informatique et l’électronique portables qu’ils maîtrisent quasiment
intuitivement.
On parle volontiers d’ « e-génération ».
Leur intérêt est très marqué pour l’écologie et le développement durable, pour la création d’entreprise, de produits et
de services qui répondent aux exigences de cette dimension.
Ils vivent un fort sentiment d’appartenance à l’Europe : leurs études les ont souvent conduits à l’étranger et les
ont préparés à un monde global et aux déplacements.
Ces jeunes sont créatifs, inventifs, débrouillards.
Organisés en réseaux, dans le quotidien et à travers Internet, ils sont cependant qualifiés de « zappeurs »,
d’individualistes, d’impatients.
Allergiques aux règles et à la hiérarchie, cette génération a une autre relation à
l’autorité.
Elle sait dire aux aînés : « Respecte-moi d’abord et nous pourrons nous entendre », ou encore « Je
t’aime si tu m’aimes ».
Si le travail reste central pour ces jeunes, il n’est plus considéré comme une valeur en
soi.
Il est le lieu de reconnaissance permettant de se réaliser personnellement.
Par rapport à l’entreprise, cette génération, élevée dans les notions de performance, d’innovation, de productivité,
souvent inquiète sur un avenir plus que jamais incertain et qui évalue à très grande vitesse, va donc tout à la fois rechercher des opportunités, un salaire correct, mais aussi revendiquer une
éthique, une responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise, une autonomie dans la gestion du temps, du travail et des projets.
Ceci amène des relations très nouvelles au sein de l’entreprise qu’il convient de continuer à
analyser.
Que faut-il enseigner à ces jeunes ?
Tout d’abord, une fois acquise la nécessité d’une excellente formation disciplinaire, technique, à un ou des métiers, il
faut les former à la responsabilité et à l’engagement : pour aujourd’hui et pour demain, pour soi et pour les autres, pour ici et pour ailleurs.
Il convient aussi de leur donner confiance en eux et dans le monde.
On peut ajouter volontiers l’apport d’un certain nombre d’atouts qui, parfois, apparaissent « ringards », mais
qui font la différence : le respect de soi, de l’autre et de son environnement ; la générosité et la gratuité ; la recherche de la réflexion, de la prise de recul ; la
capacité à affronter la difficulté et l’incertitude, à travailler ardemment dans une société souvent marquée par l’éphémère, le superficiel, le zapping et les loisirs, voire
l’oisiveté.
Voilà autant de dimensions qui font partie de l’apprentissage du jeune et qui vont bien au-delà du simple contenu
technique et professionnel.
Allons jusqu’au bout de notre pensée : accepter une certaine transcendance ; réfléchir sa vie et son rapport à
l’autre, aux autres ; réussir sa vie plus que « dans la vie ».
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