FAITS ET ARGUMENTS

FAITS ET ARGUMENTS
L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT
(Emmanuel LEVINAS)
Vous trouverez sur ce site quelques textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique.
Comment concilier anthropologie, vision de l'Homme, éthique et management performant ?

Vous trouverez des interrogations sur ce qui caractérise l'Homme : la vie, la mort, la souffrance, le mal, le bonheur, la joie, l'espérance, le pouvoir, l'autorité, la confiance, l'écoute, le respect, la parole, l'altérité, la finitude, la fragilité, la liberté, l'intériorité, le travail, la reconnaissance, le bien commun, la sagesse, la vérité, la raison, la dignité, la vanité, l'humilité, la modestie, la jeunesse, le courage, l'angoisse, l'anxiété, la dépression, la performance, la réussite, bref : notre condition humaine.
ETERNITE DE L’HOMME
L'aspiration à l'éternité est aussi vieille que l'humanité nous rappelle Nicole Aubert, sociologue.
"Elle est une tentative de réponse à cette absence de sens à laquelle conduit l'angoisse du néant."
Cette quête d'éternité demeure : chacun est devenu "l'artisan de sa propre sphère de sens et forge lui-même le sens qu'il entend donner à sa vie".
Tout se passe comme si "d'une certaine façon, le dieu auquel on se
réfère, c'est soi-même".
Grâce aux progrès médicaux, l'individu a reculé les limites d'acceptation de la souffrance.
La santé est un droit.
Grâce à la libéralisation des moeurs, il a grandi en poussant les barrières (supposées) trop contraignantes à son épanouissement.
Le divorce est un droit.
Grâce aux recettes diétético-alimentaires, son corps ne connaît plus (disons presque plus) les outrages du temps.
Vieillir sans rides est un droit. Etc.
Passé les bornes de l'individualisation, et de ses nouveaux droits afférents, il n'y a plus de limites.
Comment, dans ces conditions, ne pas se sentir (espérer) immortel ?
Comment ne pas saliver sur ce désir d'éternité ?
Peut-être faut-il voir dans cette avancée permanente sans limites la source de l'aspiration des contemporains à se "dépasser" dans des activités baptisées "extrêmes" : ces sports, qui n'ont de sport que le nom, où la mort qu'on frôle et la survie électrisent.
Comme dit l'anthropologue David Le Breton, dans cette zone où les sens permettent d'"éprouver physiquement un monde qui se dérobe symboliquement".
Tout cela pour s'inquiéter d'une autre problématique : la question de la transmission aux futures générations.
Car quand l'homme en son miroir est à ce point dieu ou roi, qu'il s'adonne au culte de l'instant présent, qu'il fait si peu de cas du futur (qu'il craint), que le désir d'enfant paraît parfois si narcissique (comme la garantie d'un accomplissement de soi), qu'advient-il de la chaîne qui nous unit dans l'histoire de l'humanité ?
"L'absence de transmission est aujourd'hui tout aussi violente qu'a pu l'être autrefois l'autorité des maîtres et des pères", estime Nathalie Sarthou-Lajus.
On ne peut s'empêcher de rapprocher ces réflexions actuelles du propos, un brin pessimiste, de Jean-Pierre Dupuy, professeur de philosophie sociale et politique à l'Ecole polytechnique et à l'université Stanford, qui milite pour un "catastrophisme éclairé" (Pour un catastrophisme éclairé).
Pour Jean-Pierre Dupuy, "le temps est venu de mener une réflexion sur le destin apocalyptique de l'humanité. Il nous faut apprendre à affronter la catastrophe, à ne plus l'imaginer dans un futur improbable, mais à la penser au présent".
Cela peut-il se faire en concertation avec les futures générations ?
Pour peu qu'on suive le philosophe sur ce chemin de lucidité, nécessairement.
"Le catastrophisme éclairé, explique celui-ci, consiste à penser la continuation de l'expérience humaine comme résultant de la négation d'une autodestruction (notre mort ou celle de l'humanité). Avec l'espoir que cet avenir, bien qu'inéluctable, n'ait pas lieu."
Avançons que cela peut se faire, hors des schémas rationnels économiques ambiants, en promouvant et en transmettant avant tout des valeurs et des principes non marchands : de la dignité, par exemple, de la droiture, du respect.
Pourquoi ?
Pour donner un sens partagé à notre aventure collective, peu banale.
MESSAGE DE LA SOCIETE DE CONSOMMATION
La consommation est devenue un mode de vie, effet miroir de la prospérité.
Désormais, l’homme moderne n’achéte plus seulement pour répondre à des besoins, mais pour se distraire, pour passer le temps ou pour le simple plaisir narcissique de possèder.
Et dans une société d’abondance qui pourvoit depuis longtemps au strict nécessaire, l’homme est de plus en plus conduit à consommer du superflu, du gadget, de l’éphémère.
L’homme moderne est gourmand de confort, de paraître, de divertissement, de plaisirs égoistes, et dès qu’il s’agit de se priver, quelle douleur !
L’homme achète, jéte et gâche.
Gavé de biens, jamais satisfait, toujours avide.
Il construit autour de sa vie un château de richesses futiles, qui l’isole de toute intériorité et lui fait perdre le goût et le sens de la vie.
Cette accumulation de biens disponibles, et pourtant superflus, devient par la même dangereuse, voire immorale, dans la mesure où elle écarte l’homme de ses véritables finalités.
MESSAGE DU SAHARA
« Il s’appelait Brahim, et il avait bâti sa maison à la lisière du Grand Erg Oriental, entre El Oued et Touggourt.
Usé par le travail, dans cette rude région du Sahara, il avait élevé une famille de sept enfants, maintenant bien lancés dans la vie.
Il est décédé voici près de trois ans.
Son épouse, compagne attentive et fidèle, ne lui a pas survécu : elle l’a
suivi sur le même chemin un mois jour pour jour après son départ.
Si je parle de Brahim c’est parce que cet ami m’a dévoilé les secrets de la marche au désert, et ceci par tous les temps.
Avant de se sédentariser, il était nomade et sillonnait les grands espaces. Il m’a ouvert son grand savoir par une belle nuit d’été.
Couché sur le dos, face à la Voie Lactée, Brahim me décrivait le ciel.
Avec passion, il me dévoilait les étoiles et les constellations, tout particulièrement celles qui sont indispensables au voyageur de la nuit.
" Celui qui ne connaît pas les étoiles ne marche pas dans la nuit " me dit-il.
Les identifiant les unes après les autres, il me disait leur nom : celles qui sont immobiles, celles qui bougent, les fiables et les trompeuses.
Quel festival céleste !
La nuit avançait et je n’avais plus envie de dormir.
Brahim s’est alors mis à me raconter comment il avait appris à marcher dans le vent de sable et dans la nuit obscure.
La nature du sable palpé au creux de la main, les plantes spéciales à telle région du désert, la température du vent, lui faisaient reconnaître sa route.
Sinon, il laissait aller les chameaux et se fiait à leur flair.
Et si tout cela venait à manquer… eh bien, me dit-il, " on s’arrêtait,
et l’on prenait patience ! "
Le récit nocturne de Brahim me semble une sage invitation à plus de sérénité.
Aurions-nous perdu le chemin ?
Revenons au ras du sol !
Palpons cette terre humaine qui nous est devenue si familière et si chère.
Elle est jalonnée de signes dont la nature nous dit une amitié et une fidélité aussi vivaces que les plantes du désert.
Notre ciel non plus n’est pas sans vivantes étoiles.
Si certaines sont trompeuses, d’autres nous indiquent fidèlement le chemin.
Et si nous pensons que tout appui humain nous manque, alors, arrêtons-nous, et prenons patience.
Surtout ne quittons pas le terrain fiable de notre quotidien et de nos motivations les plus profondes. »
Claude Raoult, Evêque du Sahara. 9/5/08
SENS DU TRAVAIL POUR UN MANAGER
Dans l’entreprise, la recherche du sens est très présente.
Il est impossible aujourd’hui de susciter des énergies sans expliquer le pourquoi et le comment.
La sincérité partagée, en exprimant ce qui anime en vérité, provoque souvent un retour identique.
La parole engage voire différencie.
Le socle des valeurs de nombreuses entreprises, en référence au respect, à l’initiative responsable, à la subsidiarité n’est pas éloigné de ce à quoi il faut croire.
Pour obtenir une adhésion, beaucoup de responsables ne négligent pas l’homme dans leur stratégie et déclinent les valeurs de désintéressement et de partage.
L’entreprise est un lieu de décisions et d’adaptations permanentes.
Il y a quotidiennement des « grands écarts » entre risque et besoin de sécurité, encouragement de l’initiative individuelle et solidarité…
L’unité recherchée entre la parole, la pensée et l’acte oblige la conscience.
Les conseils de pairs, les avis extérieurs guident pour que la justice soit au rendez-vous des compromis évolutifs qu’il faut gérer en permanence.
L’entreprise peut ainsi conjuguer création de richesses et développement humain.
Le manager est simplement renvoyé à la singularité de sa vocation humaine, assumée librement. Celle-ci prend une autre dimension quand le manager sait prendre du recul, prendre conseil et…faire silence.
CHANGER LA VIE
Qu’est-ce qui peut changer la vie ?
Qu’est-ce qui peut donner de la confiance en soi, du bonheur et de la joie ?
Qu’est-ce qui peut, dans ce milieu cynique où il est de bon ton de tout dénigrer, rendre fier de son travail ?
Qu’est-ce qui permet de prendre du recul, ce qui est particulièrement difficile dans un univers professionnel où le temps tombe comme un verdict sans appel ?
Qu’est-ce qui permet, dans ce monde si propice à la dilatation des ego, d’apprendre à éteindre son narcissisme ?
Qu’est-ce qui remet tout en perspective, dans une société qui valorise la performance et la réussite et laisse peu de place à la bonté, à la compassion et à l’espoir ?
« Le Chemin, la Vérité et la Vie. »