FAITS ET ARGUMENTS

 

L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT

"Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain."
(Emmanuel LEVINAS)

Vous trouverez sur ce site quelques textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique.

Comment concilier anthropologie, vision de l'Homme, éthique et management performant ?


 

Samedi 7 novembre 2009

PERSONNE











"
Agis de telle sorte, écrit Kant dans les Fondements de la Métaphysique des Moeurs, que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen. "


La maxime est indépassable, définitive : parce qu'il est habité par la raison, l'homme est une fin en soi.


Il ne s'en suit pas qu'il ne doive jamais être utilisé comme un moyen, une ressource, mais il ne peut en aucun cas être considéré uniquement comme tel.


Là est le critère qui permet de juger de la valeur morale d'un comportement, d'une politique : le respect de toute personne.


Que j'aime ce mot de personne et qu'il exprime bien ce que nous sommes, ce que nous avons vocation à devenir, des êtres ouverts, en relation.


Pourquoi l'usage lui fait-il si souvent préférer l'horrible mot individu ?

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : Rediffusion - Communauté : Ressources Humaines
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Vendredi 6 novembre 2009

AUSCHWITZ : PENSER L’IMPENSABLE

 

 










Comment comprendre l’incompréhensible, concevoir l’inconcevable, imaginer l’inimaginable.

 

Quels sont les hommes qui peuvent faire ça ?

 

Pas des hommes qui font ça.

 

Et pourtant.

 

Des hommes.

 

L’inhumanité de l’homme.

 

L’incarnation de l’inhumanité.

 

Ce sont des hommes qui ont accompli tous ces forfaits, sans avoir eu pour autant conscience de la nature criminelle de leurs actes.

 

Il eût été réconfortant de croire qu’ils étaient des monstres.

 

C’est leur normalité qui est monstrueuse.

 

Ils étaient terriblement et effroyablement normaux.

 

Leurs actes étaient monstrueux mais ils étaient tout à fait ordinaires.

 

Ils ne rencontrèrent personne, absolument personne, qui s’opposât à la Solution finale.

 

Pourquoi cet effondrement de la conscience de soi, cette perte assumée de la morale commune ?

 

Comment peut-on accomplir le mal sans penser qu’on le fait ?

 

Comment expliquer qu’il y ait eu destruction institutionnelle et industrielle d’êtres humains par millions et que des hommes aient exécutés ces actes, en étant serviles, sans honneur, obstinés, avides, lâches mais aussi passifs ?

 

Comment des hommes normaux peuvent-ils devenir en toute lucidité et sans mauvaise conscience des bourreaux ?

 

Face à la terreur, la plupart des hommes s’inclinent.

 

Ce ne sont pas ces hommes qui, par nature, étaient monstrueux, c’est le système qui les a rendus ainsi en effaçant en eux la frontière de la perception entre le bien et le mal.

 

« Auschwitz fut l’œuvre de la liberté humaine, cette liberté de faire le Bien ou le Mal.

 

Jusqu’alors ce qui arrivait était ce qu’ordonnait la loi de la nature.

 

Mais désormais il est impossible de rendre responsable de ce qui arrive une quelconque puissance supérieure ou l’aveugle nécessité. »

 

(Hans Jonas)

 

Freud, dans Totem et tabou, réactualisé en 1945 écrit :

 

« La société repose désormais sur une faute commune, sur un crime commis en commun. »

 

La banalité du mal.

 

Le mal, monstrueusement banal, s’est développé sur le terrain de la vie ordinaire.

 

Ils ont déshonoré à tout jamais l’espèce humaine et ils ont continué tout de même à habiter cette terre.






Voir également :

Auschwitz au cœur de l’Europe



Auschwitz
: on frémit à la pensée qu’un pareil malheur pourrait arriver de nouveau. Car ce qui est arrivé ne fut pas seulement un accident. Ce qui est…

Auschwitz : force de vie



Auschwitz
: des hommes et des femmes en sont revenus, d’autres ont eu le courage de mourir dignement. Cette force pour revenir ou pour être digne n’est-elle pas le signe que, même au fond de l’enfer, il y a encore une issue ? L’humanité a connu bien…
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Etty hillesum : la vie est belle



Juive décédée à Auschwitz le 30 novembre 1943 après avoir connu la vie des camps, Etty Hillesum confiait à son journal intime…
Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : bernard-romain - Communauté : Ressources Humaines
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Vendredi 6 novembre 2009

AUSCHWITZ : PENSER L’IMPENSABLE(2)

 

 






Une hypothèse pour tenter de comprendre cette « faute commune » semble digne d’être vérifiée.

 

Elle s’appuie sur l’engagement de Martin Heidegger avec l’Allemagne et la langue allemande, dans ce qu’il considère comme leur affinité avec l’aube de l‘être et de la parole de l’homme dans la Grèce archaïque, qui détermine tout.

 

La prééminence de l’Allemagne dans ces activités réputées les plus nobles de l’homme, à savoir la philosophie et la musique, constitue un thème permanent de la pensée et de la conscience de soi allemandes.

 

De Bach à Wagner, de Hegel à Freud, de Nietzsche à Heidegger, de Beethoven à Schubert, de Kant à Goethe, de Feuerbach à Engels, c’est dans la sphère allemande que le génie de l’homme semblerait atteindre les sommets et sonder les ultimes profondeurs.

 

Etant donnée cette « singulière destinée », il serait concevable que c’est également de l’intérieur du monde allemand que devra jaillir l’inhumanité dernière, l’expérimentation finale par l’homme de ses potentialités de destruction.

 

Il y aurait une interprétation selon laquelle la possibilité d’un Bach et d’un Beethoven, d’un Kant et d’un Goethe – et même d’un Marx -, entraînerait le risque de la catastrophe.

 

En incarnant « l’homme et le surhomme », créateur de lui-même, ou le phénomène de l’identité humaine, autonome, l’Allemagne et l’Histoire allemande porteraient en elles la ‘mittence’ (qualification) de l’autodestruction et de la négation.

 

 

 

 

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : bernard-romain - Communauté : Ressources Humaines
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Vendredi 6 novembre 2009

BESOIN D'ETRE









Tout manager ne doit pas oublier qu'un des besoins les plus profonds de l'homme est le besoin d'identité.


L'homme a besoin de savoir qui il est.


Il a besoin d'exister à ses propres yeux et à ceux des autres.


Beaucoup sont en «manque d'être», manque qui est extrêmement profond.


Au plan le plus superficiel, ce besoin d'identité cherche fréquemment à s'assouvir par l'avoir, par la possession de biens matériels, par un certain style de vie extérieur : l'apparence, la voiture, les loisirs...


Il y alors une terrible confusion : on prétend assouvir son besoin d'être par de l'avoir.


Cela peut faire illusion pendant un certain temps, mais ne dure pas beaucoup, et les déboires viennent très vite...


A un niveau un peu plus élevé, le besoin d'être va chercher à se satisfaire dans le faire. C'est déjà mieux. La personne est identifiée avec l'ensemble de ses talents (sportifs, artistiques....)


Cette tendance à se constituer un «être» sur la base du «faire» a bien entendu un aspect positif dans la construction de la personne, qui se développe moyennant l'exercice de ses différentes capacités.


Mais on ne peut identifier la personne avec la somme de ses aptitudes ; elle est bien plus que cela.


On ne peut pas juger quelqu'un seulement sur ces compétences, chaque personne a une valeur et une dignité uniques, indépendantes de son «savoir-faire».


Toute personne est unique.


Si on ne le perçoit pas, le risque est grand d'avoir envers les autres une attitude de mépris quand on sera confronté à leurs limites et leurs incapacités.

 

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : Rediffusion - Communauté : Ressources Humaines
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Jeudi 5 novembre 2009

HUMILITÉ

 






Que vient faire l’humilité – du latin humus, la terre – dans l’entreprise ?

 

Spinoza, au XVIIe siècle, la considère comme un rouage essentiel de l’éducation humaine.

 

Dans le Court traité, il présente les règles de vie qui permettent à l’homme d’assurer convenablement sa recherche des « idées vraies ».

 

L’humilitas y est ce qu’on pourrait appeler la sobriété :

 

« La générosité et l’humilité manifestent clairement leur excellence : car celui qui est animé de ces passions connaît sa perfection et son imperfection. (…)

 

Dès que nous connaissons notre impuissance et nos défauts, nous voyons ce que nous devons éviter. »

 

Spinoza établit ainsi un lien original entre humilité et générosité.

 

Cette générosité, en particulier vis-à-vis du savoir, rejoint l’étonnement-émerveillement dont Aristote écrit, dans la Métaphysique, qu’il est au départ de toute connaissance.

 

Seuls les humbles savent s’étonner, consentent à s’émerveiller.

 

L’humilité, paradoxalement, se révèle par son absence.

 

On peut appeler « manque d’humilité », un faisceau d’attitudes et de dispositions mentales qui consiste en une inclination à la contestation stérile, une répugnance à respecter des consignes précises et une conception confuse des rapports avec les autres.

 

Ce manque d’humilité a un nom : l’orgueil.

 

Il empoisonne les relations humaines.




Voir également : 

Eloge de l’humilité

éloge de l’humilité


« Il ne suffit pas qu’un homme soit bon et calme ou prudent, pour qu’il ait atteint le degré de l’humilité, où est la source du bonheur. L’humble en vérité est celui qui a secrètement de quoi s’enorgueillir et ne s’enorgueillit pas, mais ne voit là rien de plus en lui-même…

Humilité

Humilité


Il faut parler de l’humilité de l’intelligence : l’homme accepte de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre, de rester à lui-même un mystère même lorsqu’il…

Humilité

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Ce n’est pas une vertu exaltée par nos médias, ce n’est pas une valeur actuellement très cotée en bourse ! Et pourtant, il est urgent d’y investir ! Nous vivons dans des civilisations qui glissent vers le « paraître…

Humilité, secret du bonheur

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L’humilité est le signe de la véritable puissance. La toute puissance, la force qui s’incline librement devant ce qui est le plus petit, le plus faible. L’humilité entraîne à « laisser être » ceux avec qui l’on vit, à se dépouiller de soi-même à leur…
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Humilité

Humilité


Humilité. Voilà une vertu fort ancienne et universelle. L’homme et la qualité dont il peut faire preuve sont issus de la même origine, cette terre (cette poussière vers…

Estime de soi et humilité : quel paradoxe !

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Imparfait mais libre et heureux L’estime de soi, c’est le mélange du regard et du jugement que nous portons sur nous-mêmes. Ce n’est pas de l’auto - admiration ni du narcissisme. C’est le sentiment…

Humilité

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Mais en fait, qu’est-ce que l’humilité ? Je ne sais quelle réponse chacun de nous donnerait de l’humilité, si la question vous était posée ? « C’est quoi ? » diraient les enfants ? D’aucuns, en vous regardant de haut,…

Humilité (2)

Humilité (2)


"Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser. La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en toi. L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du…

Orgueil et humilité

Orgueil et humilité


La jalousie, toujours plus ou moins ombrageuse, attriste et obscurcit. L’envie freine et perturbe. Le vaniteux n’est jamais satisfait. L’orgueilleux n’est jamais heureux. Non content de…

Humilité

Humilité


« L’humilité du cœur n’exige point que tu t’humilies mais que tu t’ouvres. C’est la clef des échanges. Alors seulement tu peux donner et recevoir. Et je ne sais…

Humilité

Humilité


Il faut rechercher cette égalité d’humeur, toujours teintée d’une bonne note d’humour, y compris et surtout vis-à-vis de soi-même. Là est bien…

Humilité

Humilité


« C’est quoi l’humilité ? C’est le fait d’être modeste, de ne pas croire qu’on sait tout et que personne n’a rien à nous apprendre. L’humilité c’est « avoir la petite tête », c'est-à-dire le contraire de la grosse tête ! Le sage est celui qui commence par reconnaître qu’il…

Humilité

Humilité


Le mot-clé du discours d’investiture de Barak Obama, nous a-t-il semblé, a été ce mot employé d’emblée : « humilité ». C’est un mot rare, dans l’histoire des nations, que ce mot là. Et l’on ne se souvient…

Vanité et humilité

Vanité et humilité


Les vaniteux se passionnent pour les problèmes, les humbles pour les solutions.

Humilité du scientifique

Humilité du scientifique


Il fut un temps où la science était considérée comme le lieu, par excellence, du savoir. Le savant était, de ce lieu, l’habitant naturel : il savait et, plus…

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : Management - Communauté : Ressources Humaines
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Relations Humaines

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les Hommes.

Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."


                                                                                                                                       Antoine de Saint Exupéry 

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