Vendredi 16 mars 2007
5
16
/03
/Mars
/2007
21:28
INFINIMENT PETIT ET
INFINIMENT GRAND
L’univers est vieux, selon les astrophysiciens, de presque quinze milliards d’années. Certains l’estiment un
peu plus jeune, de l’ordre de treize milliard et demi. Disons que c’est un ordre de grandeur.
Si l’immensité de la durée donne le vertige, l’immensité de l‘espace ne le donne pas moins.
On parle aujourd’hui de mille milliards de galaxies.
Et pour ne nommer que la notre, la Voie lactée, qui est en quelque sorte la banlieue du système solaire, elle contiendrait deux cent milliards d’étoiles, et son diamètre atteindrait environ trois
cent mille années-lumière.
Les théories actuelles affirment encore que cet univers immense est en expansion, avant même qu’il ne connaisse sans doute une phase repli sur lui-même au bout d’une durée sur laquelle l’unanimité
est beaucoup moins faite.
Le soleil, l’étoile de notre galaxie dont la chaleur et la lumière sont essentielles à notre vie, se consume à une vitesse impressionnante.
Il perd à chaque seconde des milliers de tonnes de sa masse et, en conséquence, de son énergie.
D’ici à quelques milliards d’années, il sera refroidi.
Lorsque cela se produira, il y aura bien longtemps que la Terre ne sera plus habitable.
En comparaison avec les chiffres que l’on vient d’évoquer pour mesure le temps et l’espace, elle est bien courte la durée d’une vie.
Les trois milliards de secondes déjà parcourus par une personne d’environ quatre-vingt-quinze ans pèsent léger dans la balance cosmique.
A quoi bon tous ces chiffres ?
Et quel rapport avec la sagesse ?
Ils n’expriment jamais que ce que l’on peut connaître « dans l’état actuel de la science », selon l’expression consacrée.
Et ils manquent terriblement de poésie pour décrire l’homme.
Oublions-les, si nous voulons, mais gardons en tête ce qu’ils signifient : ils soulignent la disproportion entre les dimensions spatio-temporelles du cosmos et celles d’une vie humaine :
l’infiniment grand d’une part, les individus appartenant à l’humanité de l’autre, qui, à l’échelle de l’univers, ne sont que des infiniment petits.
Une belle leçon d’humilité !
Petits et faibles, nous le sommes par rapport aux astres.
Et pourtant, d’autres scientifiques nous disent que chaque être humain possède cent milliards de neurones, quatre vingt dix mille milliards de cellules et huit mille gènes.
Chaque être humain est différent des milliards d’autres individus.
Chacun est unique, infiniment grand.
Le plus ignorant des hommes a des capacités mentales que le plus grand des corps célestes n’a pas.
Là réside notre noblesse, qui est en même temps l’exigence fondamentale du bien-vivre : ouvrir les yeux sur le monde, tenter de comprendre les événements, en débattre éventuellement et, chacun
prenant en compte les conditions particulières dans lesquelles il est placé, choisir ses comportements.
Infiniment libre.
Tel est également l’homme qui travaille avec nous.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Mercredi 14 mars 2007
3
14
/03
/Mars
/2007
21:13
SE CONSTRUIRE POUR ENSUITE
CONSTRUIRE DES TEMPLES
Les qualités qui étaient exigées des chefs, il y a quelques dizaines d'années encore, relevaient de la
compétence technique. Ils devaient connaître le produit et maîtriser les procédés de fonctionnement et de fabrication.
La dimension humaine de leur rôle s'inscrivait dans la tradition taylorienne, avec parfois une teinte
d'humanisme. Ils donnaient des consignes, distribuaient le travail et le contrôlaient.
Leur autorité s'inscrivait dans un ordre hiérarchique communément admis. Et ils se comportaient ainsi que le voulait l'usage dans le milieu.
Cela supposait un univers stable, dans lequel un ordre était un ordre, celui-ci s'adressant à des salariés qui étaient souvent d'un faible niveau de formation et d'information.
Le mot "contestation" n'avait pas encore été inventé.
Il y avait des chefs qui avaient bon caractère et d'autres d'humeur ombrageuse. Mais nul ne remettait en cause le fait qu'ils fussent des chefs.
Dans cet univers ordonné, le progrès passait par l'inventeur ; et l'inventeur était un personnage isolé, un peu solitaire, voire fantasque. D'où lui venaient ses idées ? C'était, pensait-on, dans
son caractère.
Ce monde appartient au passé. Il n'existe plus de référentiel universellement respecté qui permettrait de dire comment il convient de diriger une équipe.
L'entreprise a cessé d'être un milieu stable ; elle ne cesse de se réinventer. Le travailleur discipliné a laissé place à un "travailleur du savoir" auquel il est demandé non plus d'exécuter, mais
d'imaginer, de concevoir, de mener un projet.
Le succès repose de plus en plus sur la créativité, et celle-ci résulte non plus du génie individuel mais de la façon dont l'entreprise est organisée, des valeurs sur lesquelles elle se fonde, de
la façon dont les chefs savent l'animer, autrement dit, lui donner une âme.
Cela suppose, venant du chef, des qualités toutes nouvelles ; il ne suffit plus d'être techniquement compétent, de connaître son métier. Il faut désormais mettre en œuvre des qualités proprement
personnelles, qui sont liées à la façon dont il conçoit le monde, le rôle qu'il joue, à la façon aussi dont il conçoit ses rapports avec ses collaborateurs, dont il réagit face à une situation
inattendue. Il n'est plus possible de se contenter d'affirmer qu'il les a ou ne les a pas, il lui faut les développer.
"Je me suis construit en construisant des temples", fait dire Paul Valéry à Eupalinos, l'Architecte.
Il convient d'ajouter que c'est à la façon dont il se construit lui-même que l'homme concevra les temples qu'il imagine et saura les construire.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : Management
-
1
Lundi 12 mars 2007
1
12
/03
/Mars
/2007
21:21
LA CHARTE DU
MANAGER
Le manager développe la solidarité.
Le manager est évidemment solidaire de son équipe et de ses collaborateurs mais il l’est également de l’entreprise.
Il s’interdit de critiquer les politiques de l’entreprise et les décisions prises par sa hiérarchie ou par les
autres entités, ceci n’exclut pas la possibilité de faire des propositions constructives en vue d’améliorer le fonctionnement de l’entreprise.
Il adopte une attitude résolument positive qui va de pair avec réalisme et courage et favorise ainsi le développement de l’esprit d’équipe.
Le manager est le moteur du changement.
Le manager adapte son organisation et ses modes d’actions aux changements, qu’ils soient technologiques ou sociologiques.
Il est responsable de la formation et de l’innovation dans son domaine.
Il est aussi responsable de la manière dont est vécu le changement. Son rôle d’exemple dans ce domaine est primordial.
En contrepartie de l’application de ces principes, le manager attend de ses collaborateurs :
· L’adhésion aux objectifs,
· Des performances conformes aux objectifs individuels définis en commun,
· La loyauté et la franchise en toutes circonstances,
· Une participation active, ce qui veut dire attitude efficace mais aussi capacité d’initiative, de suggestion et d’innovation,
· La disponibilité,
· La volonté de progresser pour chacun et pour l’équipe à laquelle il appartient.
La connaissance de ces principes de management n’est pas suffisante. C’est leur application, par tous les niveaux de la hiérarchie, qui permettra à l’entreprise d’atteindre son ambition.
L’exemple donné par les managers permettra à tous les collaborateurs de modifier leur comportement contribuant ainsi à la fois à une meilleure performance économique, à un meilleur service au
client et à un plus grand épanouissement de chacun dans son travail.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : Management
-
0
Dimanche 11 mars 2007
7
11
/03
/Mars
/2007
15:03
NOTRE JEUNESSE
Qui sont-ils ces jeunes qui vont entrer dans nos entreprises ?
Ils ont entre 18 et 30 ans. Ils sont 10 millions. Un sixième de la population. Un quart de
l'électorat.
Quel genre de citoyens sont-ils ?
Quelle idée se font-ils du monde du travail ? Quels rapports entretiennent-ils avec leurs aînés, eux qui poussent les baby-boomers vers la sortie ?
Un noir pessimisme les habite.
Le sentiment d'être une génération mal partie.
C'est ce que disent les docteurs Tant-pis qui se sont penchés à leur chevet, courbes, références et statistiques à l'appui.
Lisez leurs diagnostics. Ils sont démoralisants : "Comment nous avons ruiné nos enfants" (Patrick Artus et Marie-Paule Virard, La Découverte) ; "La France prépare mal l'avenir de sa jeunesse"
(Académie des sciences morales et politiques, Seuil) ; "Nos enfants nous haïront "(Denis Jeambar et Jacqueline Rémy, Seuil) ; "Génération 69. Les trentenaires ne vous disent pas merci" (Laurent
Guimier et Nicolas Charbonneau, Michalon)...
Cette floraison d'ouvrages, qui mêle remords et défaitisme, accrédite l'idée que les 18-30 ans sont une génération sacrifiée.
Et qu'ils doivent leur infortune à l'égoïsme de leurs aînés.
Cet égoïsme confine à l'insouciance.
Depuis une dizaine d'années, la génération qui tient les leviers de commande a dépensé sans compter les deniers de la France.
Elle a accumulé une dette publique (64,6 % du PIB) dont les intérêts sont astronomiques : 50 milliards d'euros annuels.
Cinq fois le budget de l'enseignement supérieur.
Cette comparaison avec le budget "étudiants" est accusatrice.
Elle signifie que les aînés préfèrent vivre à crédit plutôt que d'investir dans la formation des plus jeunes.
Ardoise de la dette, déficit des comptes sociaux. Les baby-loosers devront aussi financer les retraites des baby-boomers.
De 4 retraités pour 10 actifs aujourd'hui, la population française passera à 7 inactifs pour 10 cotisants en 2040.
Tout le monde le sait.
Mais les décideurs - gouvernants, parlementaires, patronat, syndicats - ont une fâcheuse tendance à se voiler la face.
Ils ont beau juger la situation alarmante, ils ont objectivement intérêt au statu quo, eux qui sont proches de la retraite et n'ont aucune envie de cotiser plus longtemps pour un revenu
moindre.
Cet égoïsme alimente un discrédit qui n'épargne ni les politiques, ni le monde du travail, ni les médias.
C'est ce qu'a constaté la Fondation de France, qui a récemment sondé les reins et les coeurs des 15-35 ans.
A la question : "Faites-vous confiance aux politiques pour que la société évolue dans un sens que vous souhaitez ?", 42 % ont répondu "peu" et 42 % "pas du tout". Ils ne sont que 3 % à avoir dit
"tout à fait".
Cette étude montre à quel point cette génération se sent déclassée.
Interrogés sur leurs conditions de vie futures, 48 % de 15-35 ans répondent qu'elles seront moins bonnes que celles de leurs parents, 27 % seulement estimant qu'elles seront meilleures.
L'ascenseur social est en panne, ils le constatent tous les jours.
Théorisée par une poignée de chercheurs (Louis Chauvel, François Dubet...) auxquels les médias font sans cesse référence, cette vulgate ajoute à la déprime des intéressés.
Certes, le niveau d'études des 18-30 ans s'est sensiblement élevé ces dernières années, mais cela ne leur garantit pas toujours un emploi qualifié. Dans le privé, un tiers des "bac + 4" deviennent
employés tandis que dans la fonction publique deux tiers des recrutés occupent des postes pour lesquels ils sont surqualifiés. Intellos précaires, postiers titulaires d'une licence, vendeurs
diplômés d'un troisième cycle...
Combien de ces déclassés se sentent dupés, humiliés, dévalués ?
L'INDIFFÉRENCE DES AÎNÉS
Sans la solidarité des parents, qui joue un rôle d'amortisseur social, il y a longtemps que le système aurait volé en éclats.
Heureusement nombre de "Tanguy" sont encore aidés par papa-maman.
Ce pacte implicite entre générations, qui régit l'entrée des jeunes dans la vie active, ne vaut évidemment que pour les plus chanceux.
Gare à ceux qui ne peuvent pas compter sur leurs parents et qui sont sans diplômes. Inutile pour eux d'allonger la file d'attente. Ils feront du surplace.
Cette fracture générationnelle explique les poussées de fièvre qui ont émaillé ces dernières années : la crise des banlieues, le rejet du contrat première embauche, le "non" à la Constitution
européenne et l'émergence d'un mouvement de stagiaires en colère, Génération précaire.
Un même fil rouge relie ces événements malgré leur hétérogénéité : leur apolitisme relatif au-delà du clivage traditionnel droite/gauche.
Moins idéologiques que générationnels, ces coups de sang dessinent les contours d'une nouvelle lutte de classes qui oppose à intervalles réguliers les jeunes à leurs aînés.
Ainsi pour le contrat première embauche (CPE).
Tous ses opposants n'étaient pas des déclassés, loin de là.
Mais cette mesure positive pour l’emploi avait cependant une forte valeur symbolique. Réservée aux moins de 26 ans et assortie de deux ans d'essai, elle officialisait une précarité que cette
génération vit comme une injustice.
Cette solidarité générationnelle peut aller très loin.
L'étude de la Fondation de France montre ainsi que les 15-35 ans ont tendance à légitimer les émeutes dans les banlieues.
Qu'y a-t-il de commun pourtant entre une "caillera" d'Argenteuil et un lycéen rive gauche défilant contre le CPE ?
Ceci : cette génération partage la conviction que son avenir n'est pas rose.
Qu'il est plombé par l'indifférence de ses aînés.
Que son sort dépend de décisions prises en dehors d'elle par des élites "bruxellisées".
Qu'elle n'a guère d'influence sur les événements.
Sinon la possibilité de dire "non".
Cette distance avec la politique, avec la démocratie est l'héritage le moins reluisant des années écoulées.
Ce sont ces jeunes qui vont entrer dans nos Entreprises.
Paradoxalement, ils attendent beaucoup de nous.
Sachons les accueillir et ne pas les décevoir.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : Management
-
0
Samedi 10 mars 2007
6
10
/03
/Mars
/2007
21:41
UN PROJET ET
DES VALEURS
Une bonne politique de Ressources Humaines repose sur une conviction : ce sont ses collaborateurs qui
font la richesse d'une entreprise.
Leur motivation, leur professionnalisme et leur compréhension de la stratégie conditionnent la réalisation de
l’ambition de l’entreprise.
Cette ambition recouvre une double finalité :
Economique : dans un environnement concurrentiel et en évolution permanente, l'entreprise ne peut rester indépendante qu'à 2
conditions :
· si elle fait des profits,
· si l'objectif partagé par tous est de fournir le meilleur service à ses clients.
Humaine : professionnalisme, motivation et esprit d'équipe doivent permettre l'accomplissement de chacun dans son travail et
accroître l'avantage concurrentiel de l’entreprise.
Pour y parvenir, des règles de fonctionnement et valeurs – doivent être définies, largement diffusées et connues de tous les collaborateurs :
REGLES DE FONCTIONNEMENT
· Etre professionnel dans son métier,
· Etre à l'écoute de ses clients sans lesquels l'entreprise n'existe pas,
· Réaliser les profits nécessaires à la satisfaction de ses actionnaires, au développement de l'entreprise et à la motivation financière de ses collaborateurs,
· Motiver et impliquer ses collaborateurs. C'est sur eux que repose le succès de l’entreprise.
L’ensemble des salariés doit être associé à la marche de l’entreprise. Il faut donc informer, expliquer, dialoguer en respectant le rôle de chacun : managers, salariés, représentants du personnel,
sur tous les sujets concernant l’entreprise et le personnel.
La possibilité doit être donnée aux salariés de s’exprimer individuellement ou en groupe sur leur travail, cela permet à chacun de comprendre, de suggérer et d’innover dans le cadre de son
activité. Ce dialogue doit être organisé par le manager dont le rôle est d’informer, d’expliquer, d’écouter et d’apporter les réponses appropriées.
En aucun cas, l’autorité ne doit reposer sur la rétention d’information. Le manager donne à ses collaborateurs la possibilité de s’exprimer dans le cadre de leur travail, afin de recueillir leurs
avis, critiques et suggestions. A toute question posée, le manager doit apporter une réponse dans un délai raisonnable. Le manager favorise les contacts latéraux de ses collaborateurs avec des
collègues ne relevant pas de son domaine et permet les échanges qui ne passent pas par la voie hiérarchique. Ce dialogue et ces concertations n’empiètent en rien sur son autorité.
Le manager évalue la performance de ses collaborateurs dans les postes qu’ils ont ensemble définis par rapport aux objectifs qu’il leur a fixés. Si le poste n’est pas correctement rempli, le
manager en discute avec son collaborateur et si nécessaire en tire les conclusions.
Grâce à l’entretien annuel d’évaluation, il décide en concertation avec eux, de la formation dont ils peuvent avoir besoin pour progresser, le manager jouant lui-même un rôle important dans la
formation de ses collaborateurs. La formation est indispensable pour que chacun puisse s’adapter à l’évolution de son poste, progresser dans l’entreprise et se réaliser dans son travail. C’est un
véritable droit autant qu’un devoir.
L'entretien de fixation des objectifs permet à chacun de connaître précisément les résultats attendus et les moyens de leur mise en œuvre.
L'entretien d'appréciation des performances permet de s'assurer que les objectifs prioritaires ont été atteints, de prendre en compte la performance dans l'évolution de la rémunération, de
formaliser de axes de progrès et éventuellement de mettre en place des formations.
Le manager influence l’évolution de carrière de ses collaborateurs. Compte tenu de l’évaluation du travail de ses collaborateurs, le manager joue un rôle important dans leur évolution de carrière.
Il exerce en particulier sa responsabilité dans le domaine de la rémunération, de la promotion, de la mobilité ou de la sanction qui peut aller jusqu’au départ du collaborateur.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : Management
-
0
Samedi 10 mars 2007
6
10
/03
/Mars
/2007
10:15
RECHERCHE DE LA VÉRITÉ
Dans les quatre derniers siècles, nous avons construit un ordre rationnel, voué à l’expérimentation et à la
vérification.
Nous nous sommes organisés pour être libres, le plus libres possible.
Aucune tradition, aucune proposition, aucune expérience héritée ne saurait limiter notre pouvoir de recomposer le monde humain à notre guise, de donner des noms nouveaux aux choses anciennes, ou
des noms anciens aux choses nouvelles, et par exemple d’appeler mariage tout ce qu’il nous plaira d’appeler ainsi.
Nous avons construit ce que Jean-Jacques Rousseau appelait d’" énormes machines de bonheur et de plaisir " où nous soyons sûrs de ne rencontrer que notre propre volonté.
Cet ordre libéral et démocratique est abondant en bienfaits de toute sorte, et il mérite pour cela d’être aimé et défendu.
Il n’a au fond qu’un seul défaut. Il tend à être indifférent à la vérité. Non par accident, ou par une faiblesse inséparable de tout ordre humain, mais par sa loi de construction même.
Il abandonne à la science le soin de rejoindre la vérité dans un avenir indéfini – y compris de trouver la cause véritable de la spiritualité dans telle localisation cérébrale –, et pour le reste,
il se satisfait d’appeler "valeurs" ses préjugés les moins examinés.
Qui s’inquiète de la vérité lui paraît inquiétant. Qui se soucie d’elle lui paraît intolérant.
Mais si l’espèce humaine ne s’inquiète pas de la vérité, si elle ne s’en soucie pas, elle perd sa dignité, et c’est alors abus de langage que de lui reconnaître des droits.
Quels droits pour une espèce errante qui ne se soucierait pas de chercher sa destination ?
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
1
Vendredi 9 mars 2007
5
09
/03
/Mars
/2007
19:26
UN TRÉSOR A
REDÉCOUVRIR
Nous sommes invités à fouiller, à mettre au jour le trésor sur lequel les démocraties occidentales dorment, inconscientes ou volontairement amnésiques.
Notre modernité en effet s’est construite sur des valeurs héritées de la Tradition, sans renier la part de la
philosophie grecque et celle des Lumières qui les ont en quelque sorte laïcisées.
Il faut explorer certaines de ces valeurs dont la généalogie peut ainsi être retracée : l’autonomie de la personne, l’aspiration à l’équité, l’universalité, l’espérance (l’avenir nous est confié,
c’est aux hommes de le construire) et aussi le rapport à la science…
Il s’agit de les réinscrire dans leur filiation.
Ne revendique-t-on pas de toute part le droit de connaître ses origines ?
Alors que certaines de ces valeurs sont menacées, relativisées, il serait opportun de leur redonner leur pleine signification, de les rafraîchir à leur propre source.
La source qui donne sens à la vie.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Mercredi 7 mars 2007
3
07
/03
/Mars
/2007
21:10
SILENCE
Quel est ce silence que l’on peut considérer comme un aspect de la sagesse ?
Il est d’abord le résultat de savoir se taire.
« Le sot dit ce qu’il sait, le sage sait ce qu’il dit. », proclame un proverbe oriental.
« Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler », écrit Qohélet (Qo3,7).
Comme on ne peut pas toujours dire quelque chose d’intelligent, mieux vaut souvent ne rien dire.
Le silence est un relais de la mémoire et de la pensée. Il faut du calme pour vivre les souvenirs ; il faut aussi du calme pour réfléchir.
Le silence ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit.
Silence et bien ont en effet partie liée.
Et comme le bien a quelque rapport avec la sagesse, il n’est guère de sagesse possible sans silence.
L’absence de bruit est nécessaire pour s’abstraire, prendre du recul, se trouver seul avec soi.
Goûter le silence peut être un chemin pour retrouver le goût des autres.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Lundi 5 mars 2007
1
05
/03
/Mars
/2007
21:21
SAINT EXUPÉRY : RACINES
« Le petit prince traversa le désert et ne rencontra qu’une fleur. Une fleur à trois pétales, une fleur de rien
du tout...
- Bonjour, dit le prince.
- Bonjour, dit la fleur.
- Où sont les hommes ? demanda poliment le petit prince.
La fleur, un jour avait vu passer une caravane :
- Les hommes ? Il en existe, je crois, six ou sept. Je les ai aperçus il y a des années. Mais on ne sait jamais où les trouver. Le vent les promène. Ils manquent de racines, ça les gêne
beaucoup.
- Adieu, fit le petit prince.
- Adieu, dit la fleur. »
(Le Petit Prince. Antoine de Saint Exupéry)
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Dimanche 4 mars 2007
7
04
/03
/Mars
/2007
18:13
DÉSERT
Le « vrai » désert, celui qui est cause d’errance, de besoin affectif, de solitude, d’anonymat, d’égarement, de souffrance et de mal-être, n’est pas celui du Sahara.
Les témoignages de ceux qui y ont passé plusieurs années nous enseignent que vivre là bas n’est pas si
difficile.
On manque de tout, mais pas de l’essentiel.
Ici, c’est plus souvent le contraire : on a tout - ou plus exactement on a l’illusion de tout avoir - mais peut-être manque-t-on du plus vital.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Samedi 3 mars 2007
6
03
/03
/Mars
/2007
11:35
DÉPRESSION
La dépression est devenue une maladie émergente qui concernerait 340 millions de personnes dans le monde.
Selon les études de l’OMS, en Europe 10% des hommes et 20% des femmes sont
confrontés à un moment de leur vie à la dépression. Toujours selon cet organisme, la dépression concerne 12% de la population mondiale.
Elle se développe partout dans le monde, et les régions économiques faibles et rurales ne sont plus épargnées :
en s’identifiant aux modes de vie des pays riches et de la vie urbaine, elles finissent par vivre les mêmes troubles psychiques.
D’ici 2020, cette affection sera, après les maladies cardiovasculaires, la première cause de morbidité chez la femme et la seconde chez les hommes.
En France,la dépression est l’un des troubles psychologiques les plus fréquents. Le taux de dépressifs représente près de 15% de la population, touchant inégalement les deux sexes. Les femmes
seraient plus atteintes que les hommes. Quant au nombre annuel des suicides liés à la dépression, il est, toujours pour la France, deux fois plus élevé que celui des accidents de la route. Ainsi la
dépression demeure un réel problème de santé publique.
Le développement de la vie urbaine, les phénomènes de rupture, le stress provoqué par la vie contemporaine et la multiplication des informations semblent développer un sentiment d’impuissance et de
dépossession de soi favorable aux états dépressifs.
Parfois, il devient même difficile de distinguer la dépression, au sens médical du terme, du mal-être lié à des causes objectives et de la crise existentielle qui résulte de difficultés et de
moments de passage dans une vie.
Un mal-être et une crise existentielle qui manifestent aussi que la culture ne joue plus son rôle thérapeutique du fait des confusions intellectuelles et légales dans lesquelles la société tente de
s’organiser.
Le cadre social devient de moins en moins porteur et accentue les fragilités personnelles.
Quant à l’origine du phénomène, les origines de la dépression relèvent de divers facteurs. Elle est une affection psychique qui a toujours existé comme le montre l’histoire de l’humanité.
Le dépressif, est une personne qui se sent seule, impuissante et dévalorisée.
La souffrance, l’angoisse et la mort semblent l’emporter.
Le sujet a l’impression de ne pas être accepté et que tout se ligue contre lui
Le déprimé, surtout le mélancolique, n’aime pas sa condition humaine.
La dépression pourrait être due à un déséquilibre de la chimie du cerveau, en particulier à une baisse de la fabrication de certains neurotransmetteurs tels que la sérotonine et la dopamine.
Leur déficience provoque une diminution de l’appétit, la perte du sommeil, de l’énergie et du plaisir.
Mais dans la conjoncture actuelle les facteurs psychologiques et sociaux ont aussi leur importance.
La vie devient de plus en plus anxiogène et de plus en plus compliquée à assumer.
Trop d’expériences négatives sont intériorisées.
Les relations deviennent de plus en plus agressives.
Un sentiment d’impuissance envahit les personnalités contemporaines.
Leur psychologie est moins étayée, à fleur de peau et manque d’intériorité. Il est vrai aussi que les différentes agressions que nous subissons et qui sont répercutées par les médias déstabilisent
et fragilisent les personnalités.
Nous risquons tous d’être soumis à des phénomènes dépressifs selon les conditions de vie dans lesquelles nous nous trouvons.
La dépression est révélatrice et l’expression de nos modes de vie.
N’oublions pas que c’est ce mal-être que nous retrouvons dans nos entreprises et dont nous devons tenir compte dans le management de nos équipes.
Nous ne pouvons en faire l’impasse.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Vendredi 2 mars 2007
5
02
/03
/Mars
/2007
21:43
PARDONNER
Quelques citations sur le pardon
« S’il n’était que de moi, je pardonnerais à tout le monde. » (Robert Bresson)
« Le plus tendre en ce monde domine le plus dur. Le dur et le rigide conduisent à la mort ; le souple et le
faible conduisent à la vie. Qui se dresse sur la pointe des pieds ne tiendra pas longtemps debout. Garder la douceur, voilà la force de l’âme. » (Lao Tseu)
« Le piège de la haine, c’est qu’elle nous enlace trop étroitement à l’adversaire. » (Milan Kundera)
« Lorsque notre haine est trop vive, elle nous met au-dessous de ceux que nous haïssons. » ( La Rochefoucauld)
« Mérite le pardon qu’il cherche à te donner. » (Corneille)
« Le pardon consiste à dire : « Tu vaux mieux que tes actes »,
c’est à dire :
« Tu as une capacité , tu pouvais faire autre chose que ce que tu as fait, tu n’as pas épuisé tes ressources. » C’est ce que j’appelle « l’homme capable », qui est de plus en plus le fond de ma
philosophie, cette espèce de crédit de bonté de l’homme. Je crois qu’il y a un fond de bonté qu’il faut aller chercher. » (Paul Ricoeur)
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Jeudi 1 mars 2007
4
01
/03
/Mars
/2007
21:15
UNE NOUVELLE FAMILLE ?
Aujourd’hui, plus de 40% des naissances sont extra-conjugales.
En vingt ans, le nombre de mariages a baissé de 45% alors que celui des enfants vivant dans un foyer
monoparental a augmenté de 63%.
Le divorce, concerne aujourd’hui près d’un mariage sur deux.
La première conséquence de cet état de fait est l’affaiblissement du rôle du père, pourtant indispensable à la construction de la personne, avec tous les dangers que comportent l’indifférenciation
des statuts et la perte des repères identitaires, notamment l’autorité et l’obéissance.
L’enfant est devenu l’objet de toutes les sollicitudes au point que cette surprotection le prive du sens du réel et de l’épreuve qui l’incitera à prendre sa vie en mains.
Et, paradoxalement, à l’opposé du désir affiché par le législateur de ne pas s’immiscer dans la vie du couple, du désir de l’individu de vivre libre et sans contrainte, on assiste en réalité à une
véritable judiciarisation des relations familiales. Chaque année, en cas de séparation des parents, le sort de près de 20% des enfants dépendent des juges !
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0
Mercredi 28 février 2007
3
28
/02
/Fév
/2007
21:19
LA RAISON
CRÉATRICE
Nous vivons aujourd’hui un moment extraordinaire de développement de la capacité humaine à déchiffrer les
règles et les structures de la matière, et de dominer la nature.
Mais cette méthode, qui permet de connaître toujours plus à fond les structures rationnelles de la matière,
nous rend toujours moins capables de voir le fondement de cette rationalité, la raison créatrice.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
1
Lundi 26 février 2007
1
26
/02
/Fév
/2007
22:22
UNE SOCIÉTÉ
INDIVIDUALISTE
Dans une société individualiste, la construction du réel « accepté comme tel » est l'inverse de ce à quoi le
passé nous avait habitués.
C'est par cercles progressivement éloignés de la personne qu'elle s'établit.
Dans les sociétés collectives - ou dans nos pays jusqu'à il y a encore deux ou trois décennies - on acceptait le raisonnement suivant : ce qui mesure la situation collective est pris en compte pour
ensuite s'interroger sur l'articulation avec le vécu individuel. Et si le général est meilleur que le particulier, c'est une nouvelle qui encourage à espérer que d'ici peu cela s'améliorera aussi
pour chacun.
Dans une société individualiste, comme celle que nous vivons actuellement, le raisonnement s’est inversé : il y a d'abord ce que je ressens pour moi, puis pour ma famille ou mes collègues, c'est là
que se situe la vérité. Ensuite dans mon quartier, ma ville, parfois ma région et enfin - parfois très loin - l'entité nationale.
Cette inversion de la construction du réel est lourde de sens sur l’équilibre des personnes.
Par ROMAIN BERNARD
-
Publié dans : bernard-romain
-
0