FAITS ET ARGUMENTS

 

L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT

"Le sens éthique est l'ultime intelligibilité de l'humain."
(Emmanuel LEVINAS)

Vous trouverez sur ce site quelques textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique.

Comment concilier anthropologie, vision de l'Homme, éthique et management performant ?


 

Dimanche 9 décembre 2007

RELATION HIÉRARCHIQUE

 

 







Etrange relation que la relation hiérarchique, dissymétrique, où l’un est en droit de demander du travail à un autre, parfois de le sanctionner.

 

En faire une relation d’authentique reconnaissance mutuelle n’est pas évident d’autant plus que chacun vit cette relation avec son tempérament.

 

Dans l’exercice du pouvoir, la manière de faire est-elle au service du bien commun ou vise-t-elle à rassurer un ego de manager ?

 

Pas facile de faire grandir des relations hiérarchiques.

 

Cela demande une croissance de notre maturité.

 

Il faut aussi tenir compte de la fragilité de l’autre.

 

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : Management - Communauté : Ressources Humaines
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Samedi 8 décembre 2007

« Ici, nous vivons comme des morts » (2)



Contraste incroyable entre le visage de cendre et d’hébétude que nous montrent les images et, dans la lettre, la profusion d’amour, la richesse de l’espoir, la force de la reconnaissance pour ceux qui la soutiennent depuis bientôt six ans.


 

Un sommet d'humanité.


C’est une lave brûlante qui a coulé de sa pauvre plume, d’un volcan non éteint.


Et lorsqu’elle écrit « nous vivons comme des morts» on aurait envie de la prendre par les épaules et de lui dire : non, Ingrid, vous n’êtes pas au pays des morts, en train de sombrer, votre plume tressaille de vie.


Elle terrasse les dragons qui vous détiennent.


Et, quand ils vous privent de tout livre - sauf la Bible - ils croient vous punir, vous amoindrir, mais c’est de leur part un hommage indirect à la force des mots, à la valeur des textes.


C’est un hommage de la stupidité à l’intelligence et à la culture.


Quoi qu’il advienne de ce siècle démarrant mal, la lettre d’Ingrid Betancourt demeurera comme un exemple de résistance à la permanence de la bêtise au front de taureau.


Ses mots auront durablement terrassé ses bourreaux.

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : bernard-romain - Communauté : Ressources Humaines
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Samedi 8 décembre 2007

PAROLE DE VÉRITÉ

 

 







La parole humaine est notre trésor, et sans elle nous ne pouvons vivre.

 

En entreprise, on parle de communication, mais n’oublions pas d’échanger une parole qui fasse vivre.

 

Au fond, pour faire « fonctionner » l’entreprise, il suffit d’un langage d’exactitude technique, et de parler d’objectifs, délais, qualité, efficacité, couts.

 

Le risque est d’être réduit à cette langue technique.

 

Peut-on parler en homme simple, de chair et de sang, faillible ?

 

Cela n’empêche pas de travailler.

 

Retrouver une parole humaine humble et pauvre.

 

C’est aussi un combat, tant cette parole est frêle mais libre.

 

Cela transforme bien des choses autour de soi.

 

Le premier fruit est tout simple : une plus grande joie entre nous.

 

 

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : bernard-romain - Communauté : Ressources Humaines
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Vendredi 7 décembre 2007

RENCONTRE EN VÉRITÉ

 

 






Rencontrer un collaborateur en vérité ?

 

Rencontrer l’autre, surtout lorsque celui-ci est très différent par sa culture, son histoire, sa philosophie, sa situation sociale, etc. suppose une détermination, une volonté, un choix, une audace, un risque.

 

Il faut oser quitter son terrain, ses habitudes, ses repères traditionnels en tous domaines pour s’aventurer sur une autre terre, rejoindre l’autre sur son chemin et non pas l’attirer sur le nôtre imperceptiblement ou explicitement.

 

Le besoin le plus profond de l’autre, c’est bien de pouvoir s’exprimer dans un face à face bienveillant.

 

Ecouter l’autre, c’est « lâcher prise ».

 

Cela demande la patience d’accueillir avec respect son point de vue.



Au minimum, écouter demande de ne pas savoir ce qu’il faut répondre avant que l’autre ait fini de parler.

 

 

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : Management - Communauté : Ressources Humaines
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Jeudi 6 décembre 2007

Lettre d’Ingrid Betancourt à sa famille (extraits des douze pages totales)

 


 

 

 

Paris, le lundi 3 décembre 2007
Source : www.ingridbetancourt-idf.com

 

***

« Ici, nous vivons comme des morts »

 

« C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent des preuves de vie brusquement et je t’écris mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités


Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir vive la curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.


Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.


Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une tente au dessus, qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.


J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courrant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme n’importe quel animal (…). Mes mains suent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, cela a été une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n’ai eu rien de plus pour me couvrir.


Avant, je profitais de chaque bain dans le fleuve. Comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans le fleuve mais maintenant je n’ai même plus le souffle pour. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai pas eu l’intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais un peu d’étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.


Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous chérissons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, un programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao.


Tout est dur.


Il est important que je dédie ces lignes à ces êtres qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits garçons, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].


Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau.


Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de mon papa accaparait toute la capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser ni même penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de mon papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, a été de pensé qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouvera pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’il me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).


J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’ils me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque de riz et de haricot, ce qui est habituel, je me figure que c’est un gâteau et je leur célèbre dans mon cœur, leur anniversaire.

 

(…) La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut. Etudier est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle sur soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à su plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).


(…) En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant  qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.


(…) Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont faire pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).


Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre.

Pour toujours et à jamais. »

Par ROMAIN BERNARD - Publié dans : bernard-romain - Communauté : Ressources Humaines
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Relations Humaines

"La grandeur d'un métier est peut-être avant tout, d'unir les Hommes.

Il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des Relations Humaines.

En travaillant pour les seuls biens matériels, nous batissons nous-mêmes notre prison, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre."


                                                                                                                                       Antoine de Saint Exupéry 

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