FAITS ET ARGUMENTS

FAITS ET ARGUMENTS
L'ESSENTIEL AU COEUR DE L'IMPORTANT
(Emmanuel LEVINAS)
Vous trouverez sur ce site quelques textes de réflexion sur le Management des Ressources Humaines et l'Ethique.
Comment concilier anthropologie, vision de l'Homme, éthique et management performant ?

Vous trouverez des interrogations sur ce qui caractérise l'Homme : la vie, la mort, la souffrance, le mal, le bonheur, la joie, l'espérance, le pouvoir, l'autorité, la confiance, l'écoute, le respect, la parole, l'altérité, la finitude, la fragilité, la liberté, l'intériorité, le travail, la reconnaissance, le bien commun, la sagesse, la vérité, la raison, la dignité, la vanité, l'humilité, la modestie, la jeunesse, le courage, l'angoisse, l'anxiété, la dépression, la performance, la réussite, bref : notre condition humaine.
ABSURDE DANS LA VIE
On se heurte à l’absurde, c’est inévitable, en toute vie, même la plus privilégiée, la mieux protégée.
Quand l’espérance est rognée par la répétition sans fin des jours qui se suivent et n’en peuvent plus de se ressembler.
Quand l’homme marche dans le désert de la solitude, de la maladie, de la désespérance, du deuil et des larmes.
Y a-t-il un sens à toutes ses errances ?
Y a-t-il un chemin pour ses pas ?
DESERT DANS LES VILLES
Au cœur des villes, un nouveau désert surgit.
Anonymat.
Indifférence.
Solitude.
Un prieur de chartreux écrit :
« Les vrais déserts sont aujourd’hui dans les grandes villes. »
Charles de Foucauld écrivait, depuis Tamanrasset, au début du siècle déjà :
« Jamais je ne me suis trouvé aussi en solitude qu’à Paris. »
ETHIQUE DANS L’ENTREPRISE
Ethique, éthique, éthique.
Le mot revient à tous les étages.
Sur tous les sujets.
Comme le signe d'une quête de valeurs et de repères, trop changeants.
Comme le risque aussi, à n'y prendre garde, d'une notion globalisante et fourre-tout.
Paul Ricoeur, lorsqu'il parlait d'éthique, évoquait d'ailleurs plutôt "l'intention éthique", quelque chose sur le chemin de la loi morale, mais toujours bien en amont, qui peut éventuellement s'inscrire un jour dans la loi tout court, mais toujours très en aval.
Interrogé par la revue Etudes, le sociologue Jean-Pierre Le Goff
invite précisément à se méfier des bonnes intentions et "à sortir des discours généraux et généreux sur l'amour et la fraternité, pour considérer les pratiques et leurs effets, que l'on ne
maîtrise pas avec (celles-ci)".
Le propos du sociologue s'inscrit dans la poursuite de l'analyse critique qu'il avait faite au début des années 1990 de l'entrée en force du discours éthique dans l'entreprise (Le Mythe de l'entreprise).
Il convient volontiers que l'éthique "a sa place dans l'entreprise", mais que, "si l'éthique oublie les finalités bien spécifiques de celle-ci (la production de biens et de services destinés à la vente sur le marché), elle se trompe de registre".
SENS DU TRAVAIL
LE VRAI SENS DU TRAVAIL, C’EST LA PERSONNE.
Il faut garder le sens de la personne, de l’unique, de l’irrépétable.
Quand on perd le sens de la personne, l’absurde s’accroît.
C’est le sens qui devient difficile à vivre.
CRISE DE CIVILISATION
C’est en ethnologue qu’il faut observer notre civilisation en crise.
Le siècle de la décolonisation l’a obligée à prendre conscience d’elle-même, de sa petitesse et donc de sa relativité.
On serait arrivé à « la fin d’un monde » :
Celui dont Renan confiait l’avenir à la science, et qu’Auschwitz a ruiné ;
Celui d’une histoire sur laquelle l’homme régnait, parce que, après Hitler et Marx, on l’aurait détrôné de sa position souveraine.
Faut-il ressasser encore et encore les misères de ce temps ?
Commençons par les dommages collatéraux de l’individualisme, l’un des mots d’ordre du progrès, qui laisse la personne en déshérence, et quantité de familles non pas seulement recomposées, mais surtout décomposées.
L’homme contemporain se sent menacé, précaire, fragile.
Il ne sait pas quoi attendre des autres.
Il a donc appris à se méfier et à se protéger de ses semblables.
Une petite voix lui susurre qu’autrui est toujours un danger potentiel, éventuellement un moyen, mais non pas uniquement un bienfait.
De la bienveillance, on est passé à la défiance.
On est loin de la discipline bénédictine qui faisait accueillir tout inconnu.
Dans certains immeubles, il y a maintenant deux digicodes au rez-de-chaussée et un troisième dans l’ascenceur : bonjour l’accueil !
Mais c’est aussi le futur, et tout ce qui peut arriver en général, qui inspire la crainte.
« No future », c’était un slogan hier, un cri de révolte pour une jeunesse perdue.
Aujourd’hui, il semble que ce soit une conviction molle et généralisée, inspirée par la lassitude.
Désormais nous vivons en permanence dans le « principe de précaution », multipliant les sécurités, les avertissements, les surveillances, les assurances, les réglements.
On cherche à prévoir, à anticiper, à maîtriser, à planifier,- ce qui est bien - mais surtout pour ne pas prendre de risque!
On deteste l’imprévu et l’inconnu.
On parle de « bunkerisation », de « cocooning » et de communautarisme.
On préfère désormais la fragmentation sociale et le clanisme, par logique identitaire, mais on ne connait plus son voisin.
Dans le travail, son voisin ? On lui envoie des mails.
Effrayé par le réél, convaincu d’y être désarmé, l’homme se construit des univers de substitution, d’autant plus riches et factices que la puissance de la technique est mise à contribution.
Pour sortir du stress, de l’angoisse, du vide existentiel, il s’investit dans les divertissements et séries télé, sports télévisés…
La vie virtuelle prend désormais le pas sur la vie réelle, celle qui fait rencontrer des êtres de chair.
La violence s’est accumulée sur les écrans, qui finit par la faire accepter comme normale.
Quand l’arbitre siffle, on le tabasse. Quand l’examinateur refuse le permis on le menace. Quand le professeur sanctionne, on porte plainte.
Vivre seul et autonome est désormais un standard.
Combien d’orgueil et d’autosuffisance !
Combien sont blessés, jugés, repoussés, déçus ?
Tout cela se règle à force de tranquilisants et de somnifères.
L’homme préfère critiquer que s’impliquer, démolir au lieu de construire.
Toujours râleur, jamais content.
L’homme s’est retrouvé libre, mais perdu.
Autonome, mais sans prise.
Maître de son destin, mais désenchanté.
Ayant perdu son enthousiasme.
Décentré et ne trouvant pas le sens de sa propre finalité.
Loin de s’épanouir car coupé de sa source.
Incapable d’entrevoir la voie du bonheur.
Destin tragique de la modernité ?
Et pourtant, la solution est à sa portée !